Les hommes suspicieux

Les hommes suspicieux

Il est vrai que l’homme doit prendre soin de sa femme, mais pas au point de le mener jusqu’au doute et jusqu’à la méfiance vis-à-vis d’elle. Certains hommes sont malgré tout paranoïaques et suspicieux. D’humeur pessimiste, ils demeurent persuadés de l’infidélité de leurs épouses. Et malheureusement l’homme qui souffre de cette maladie verra à cause de celle-ci, les assises de son couple s’effriter et son foyer s’effondrer. 

Il suspectera constamment son épouse et la suivra comme son  ombre. Il trouvera des preuves en tous lieux et en toutes choses, pour soutenir sa cause. Par exemple si elle reçoit une lettre écrite par un homme, ou si un homme lui adresse des salutations et la complimente, si un jeune voisin l’appelle du toit de sa maison, ou si elle cache les lettres qu’elle reçoit, tous ceci fera diminuer son affection vis-à-vis d’elle et suffira à le convaincre de son infidélité.

Si sa fille ne lui ressemble pas, il pourrait même douter de sa paternité. Le pire de tout, c’est lorsque pour se venger de son épouse une mère ou bien une sœur, ou l’un de ses voisins le conforte dans ses doutes et le soutien contre elle.  Ce qui ne fera qu’accentuer leur tristesse et rendra leur vie encore plus inconfortable.

L’homme agit à lui tout seul comme un détective, espionnant son épouse à tout va. Cette attitude provoquera des souffrances permanentes chez la pauvre femme et malgré cette torture et l’agonie mentale quelle occasionnera, elle continuera bon gré mal gré à essayer de vivre, sous les restrictions de son mari. Fonder une famille dans ces conditions s’avèrera alors impossible et très risqué. Cela pourrait les mener inévitablement au divorce, au meurtre et à la criminalité. Il existe de nombreux cas où des hommes suspicieux ont assassiné leurs épouses malheureuses et se sont ensuite suicidés. L’homme et la femme devront abandonner l’entêtement qui les caractérise et lors de la survenue d’évènements indésirables, faire preuve de sagesse et de clairvoyance pour éviter les conflits. S’ils prennent un soin particulier à résoudre leurs différends, ils s’accorderont et triompherons des difficultés.

L’homme doit faire très attention à ne plus commettre d’erreurs envers son épouse et à ne plus tirer de conclusions trop hâtives à son sujet. Il doit être pleinement conscient de ses actes et savoir raison garder. Il doit se responsabiliser, en sachant qu’il devra soumettre à un contrôle rigoureux, toute accusation formulée par ses soins contre son épouse.

Allah Tout-Puissant dit dans le Saint Coran : « Croyants, évitez de trop conjecturer (sur autrui), certaines conjectures sont péchés. N’espionnez pas. Ne médisez pas les uns des autres. Qui de vous aimerait manger la chair de son frère mort ? Vous l’abhorreriez. Craigniez (pieusement) DIEU ».[185]

Le Prophète (PBDLF) a dit : « Chaque homme qui accusera injustement son épouse d’adultère se verra retirer ses bonnes actions, comme le serpent se retire de sa peau et pour chaque poil présent sur son
corps, se verra inscrit mille actions pècheresses ».[186]

Le Prophète (PBDLF) a dit en d’autres termes : « Tout humain homme ou femme, qui émet de fausses accusations sur une personne
croyante, DIEU le Jour du Jugement le placera sur un amas de
braises, jusqu’à ce que ses actions soient dévoilées ».[187]

Tant que vous n’avez pas de preuves incontestables pour prouver son infidélité et donc en l’absence d’arguments juridiques, vous n’avez pas le droit de l’accuser, ni de la condamner. En Islam, les accusations émises contre une femme innocente, sont punies de quatre-vingts coups de fouet.

Si par exemple dans sa jeunesse elle a envoyé une lettre ou une
photo, ce n’est pas une preuve de sa trahison. Cela peut se traduire simplement par des erreurs de jeunesse et les femmes chastes et vertueuses ont pu commettre ce genre de maladresse. Si un homme lui eut adressé une lettre qu’elle accepta par ignorance ou peut-être par peur, vous ne devrez pas l’accuser de partager avec lui un secret et encore moins de vous avoir trahi.

Si elle échange des salutations avec un homme et qu’elle parle avec
lui, bien que ce ne soit pas une bonne chose, cela ne peut pas faire d’elle une épouse infidèle. Peut-être s’agissait- il là du frère ou d’un ami de son père et qu’elle agit ainsi pour préserver à son égard, les bonnes manières.

L’homme doit définir pourquoi son cœur reste fermé et trouver des solutions adaptées.

Bien sûr qu’il n’est pas bien qu’une femme passe son temps à décrive un homme qu’elle connait à son mari. Mais c’est peut-être à mettre sur le compte de la naïveté et du manque d’attention. Par conséquent, ce ne devra pas être considéré comme une preuve d’infidélité de sa part.

Si une femme décrit l’amour qu’il y avait entre elle et son ancien
mari, cela ne veut pas dire qu’elle est toujours attachée à lui. Elle s’ennuie peut-être de son mari actuel ou son cœur est triste et en colère, ou alors peut-être est-elle malade. C’est peut-être aussi parce qu’il a un cœur froid avec elle et qu’il la néglige.

De ce fait, en matière de plaintes liées à l’infidélité d’une femme et des preuves indéniables qui doivent y être associées, on découvrira qu’il existe des dizaines de possibilités pour expliquer et contredire toutes les allégations inappropriées et irrationnelles.

Mon cher Monsieur ! Par amour pour DIEU, faites des efforts pour combattre votre méfiance et votre suspicion envers votre épouse. Considérez les faits de façon objective, à la manière d’un juge équitable. Étudiez-les avec précision et n’émettez pas d’accusations inopportunes.

Il ne s’agira pas non plus d’être négligent ou indifférent mais plutôt d’agir ici, en conformité avec  l’esprit et la raison. Pourquoi vous entêtez à accuser votre épouse et mettre ainsi en péril la stabilité de votre famille, alors que vous ne disposez d’aucune preuve raisonnable ? Et si quelqu’un muni de preuves imaginaires vous accusait à votre
tour, accepteriez-vous cela ? N’êtes-vous ni consciencieux ni équitable? Pourquoi prenez-vous le risque de salir l’honneur de votre épouse ? Pourquoi l’accusez-vous constamment ? Vous vous devez de savoir qu’une femme chaste et sincère face à l’attitude inquisitrice de son mari, pourrait perdre confiance en elle et par la suite glisser dans les affres de la corruption.

L’Imam Ali (as) a dit à son fils l’Imam Hassan (as) : « Veillez à ne pas être jaloux, car la jalousie pousse les bonnes personnes vers la corruption et les gens vertueux vers la luxure ».[188]

Si vous doutez de votre épouse, ne mêlez pas n’importe qui à vos problèmes, parce que ces personnes pourraient prendre fait et cause pour vous par ignorance ou par hostilité et manque de compassion vis-à-vis d’elle, puis sortir d’on ne sait où de nouvelles preuves inconsistantes, pour conduire tout le monde à la ruine. Surtout ne parlez pas de cela avec votre mère et votre sœur, parce que la plupart d’entre elles ne s’entendent pas avec leurs belles-filles. Une situation comme celle-ci pourrait les encourager à se venger d’elle, exacerber leur jalousie et décupler leur cynisme. Si vous souhaitez un avis extérieur, consultez plutôt un ami sage, expérimenté, bienveillant et prévoyant.

Ecoutez avec attention les explications de votre épouse, sans cynisme mais en toute objectivité, en émettant des avis équilibrés et en posant des questions constructives. En premier lieu, émettez toujours la possibilité qu’elle puisse avoir raison. A supposé que le mari de votre sœur vienne vous trouver et qu’il vous cite des preuves de son
infidélité, comment jugerez-vous ? Vous chercheriez certainement à tout vérifier dans les moindres détails, pour ne pas émettre de faux jugements sur votre sœur. Alors pourquoi ne jugez-vous pas ainsi pour votre épouse ? Pourquoi ses arguments et ses pleurs ne fonctionnent-ils pas dans votre cœur de pierre ? Et pourquoi la traitez-vous comme une criminelle ?

Soyez patient et prudent, de peur que votre histoire ne se finisse par un divorce. Si vous survivez à un divorce, êtes-vous assuré de réussir votre prochain mariage ? Sans soins adaptés, vous resterez toujours suspicieux. Ne comprenez-vous donc pas que les enfants en souffriront ? Voulez-vous sacrifier leur existence à cause de votre paranoïa ? Avant toute chose, essayez de résoudre vos propres problèmes de santé.

Surtout, ne recourez ni au suicide, ni au meurtre de votre épouse. Et sachez qu’en désobéissant à cela, vous commettriez l’un des pires péchés sur terre et DIEU promet l’Enfer pour cela.

Si vous doutez encore de cela, vous pourrez consulter dans les pages de magazines et de journaux, certains de ces crimes liés à la jalousie des hommes à l’égard de leurs épouses.

Les épouses de ces hommes ont un très grand poids de responsabilités sur les épaules. Pour sauver leurs maris et leurs enfants, elles devront faire des sacrifices. C’est dans ces moments difficiles que leur compétence, leur sagesse, leur perspicacité et leur mérite apparaissent.

Ma chère Dame ! Tout d’abord, cela signifie que votre mari a une maladie psychologique grave. Vous devrez l’aider à surmonter ses crises de jalousie. Vous devez être tolérante tout en étant résolue. Vous devrez également lui exprimer votre amour de la meilleure des façons. Montrez-lui qu’il est le seul à remplir votre cœur. Soyez tolérante et ne lui criez pas dessus. Ne vous mettez pas en colère et ne vous querellez pas avec lui. Ne refusez pas obstinément ses propositions. Si vous pensez qu’il contrôle votre courrier et vous surveille, parlez-lui-en sans protester, mais plutôt pour l’apaiser et le rassurer. Ne lui cachez rien et dites-lui toujours la vérité. Si vous lui mentez, même sur une chose insignifiante et qu’il le découvre, votre infidélité deviendra plus qu’évidente à ses yeux et il pourrait peut-être commettre vis-à-vis de vous l’irréparable. S’il vous demande de ne plus voir certaines personnes, ne refusez pas, car cela ne servirait à rien d’avoir la tête dure. Il pourrait penser que la violence est plus efficace que la conciliation. Si vous agissez de la sorte, vous éloignerez de votre environnement familial la suspicion et la calomnie.

L’Imam Ali (as) a dit : « Chaque âme doit se mettre dans une position telle, que ceux qui pensent qu’elle est mauvaise ne pourraient l’accuser d’une chose ni la blâmer ».[189]

Si votre époux est allergique à une personne, vous devez très vite couper court avec cette personne. Il vaut mieux garder votre mari et préserver votre famille, que d’entretenir une amitié. Ne dites pas : « A moins d’être captive et esclave de mon mari, comment pourrais-je tolérer toutes ces exigences venant de lui? » Bien-sûr que vous n’êtes esclave de personne, mais vous êtes la femme d’un homme malade. Lorsque tous les deux vous vous êtes mariés, vous aviez pris l’engagement de vous aimer et de vous soutenir dans les problèmes et les difficultés. Votre époux étant malade, ne devriez-vous pas prendre soin de lui ? Soyez intelligente, évitez les émotions brutes et agissez avec sagesse. Pour l’amour de DIEU, faites preuve de patience et de dévouement à son égard et protégez votre famille. C’est dans ces moments difficiles, face à la maladie de leurs époux que l’on reconnait les femmes méritantes.

L’Imam Jafar a-Sâdiq (as) a dit: « Le Djihad d’une femme réside dans sa patience, face à la jalousie et au zèle de son mari ».[190]

Evitez tout ce qui pourrait rendre votre mari pessimiste ou plus inquiet encore. S’il n’apprécie pas certaines de vos connaissances alors encore une fois, éloignez-vous d’elles. Ne vous retournez pas non plus, pour regarder les hommes étrangers.

Le Prophète (PBDLF) a dit à cet égard : « Allah Le Bienfaisant, est en colère contre la femme mariée qui remplit ses yeux du regard des passants ».[191]

Eviter de parler et de vous associer à des hommes étrangers. Ne quittez pas la maison sans sa permission. Votre chasteté seule ne suffira
pas, pour l’aider à guérir. Vous devrez éviter toutes les choses qui pourraient provoquer ou augmenter sa suspicion. Evitez la négligence et la désinvolture dans tout ce que vous faites.

S’il vous plaît, notez l’histoire suivante : Une jeune fille de 27ans a déclaré devant la Cour du Tribunal : « C’était un jour enneigé de l’hiver 1342. Deux mois avant l’évènement, je me suis mariée. A ce moment-là, j’étais encore étudiante en classe de sixième, pour devenir institutrice. Ce jour-là, je suis partie chez une amie pour réviser les cours avec elle. Au moment de partir, nous nous sommes aperçues que la neige avait envahi l’espace environnant. Mon amie a donc insisté pour que son oncle me reconduise chez moi. Lorsque nous sommes arrivés chez
moi, mon mari se tenait debout sur le coin de la rue. J’ai paniqué et j’ai dit au conducteur de fuir. Il a alors fui, comme un criminel. Ce qui accentua les soupçons de mon mari. Et lorsque plus tard il me questionna, je niais tout en bloc. Il ne vit plus avec moi et n’a toujours pas divorcé. Depuis huit ans, je ne sais plus quoi faire ».[192]

Chers lecteurs, qui est à blâmer dans cette histoire ? A mon avis, le principal blâme est à mettre à l’actif de la femme. Tout d’abord, elle a été négligente et imprudente. Elle n’aurait jamais dû monter dans la voiture d’un étranger. Et même en supposant que son mari ne l’ai pas vue, monter dans la voiture d’un étranger est un acte laid et qui aurait pu s’avérer être très dangereux pour elle.

Ensuite, elle n’aurait pas dû agir ainsi en voyant son mari au coin de la rue. Elle devait faire arrêter le véhicule, descendre et tout lui expliquer.

Puis sa grosse erreur aura été d’ordonner au conducteur de fuir.

Et enfin lorsqu’il l’interrogea, elle pouvait encore tout lui expliquer. Cependant, elle prit le parti de tout nier.

Quant à l’homme, lui aussi est à blâmer. Il ne devait pas porter de jugements aussi hâtifs et définitifs sur son épouse mais plutôt se demander si elle n’avait pas agi ainsi simplement par ignorance ou par manque d’expérience et pourquoi pas avoir commis toute ces erreurs, par crainte des répercussions.

Cet homme doit avec la plus grande équité et la plus grande impartialité, examiner rigoureusement les faits tels qu’ils se sont déroulés, et lorsqu’il retrouvera enfin sa confiance vis-à-vis de son   épouse, il devra éviter d’être trop strict envers elle.

 


[185] ALHUJRAT (Les Chambres) : Verset 12.

[186] Biharou-Anwar 103/248.

[187] Masdar sâbiq 75/194.

[188] Masdar sâbiq 103/252.

[189] Masdar sâbiq 74/187.

[190] Wasā'il al-Shīʿa 14/111.

[191] Biharou-Anwar 104/39.

[192] Journal Etilaat 23 Esfand 1350.