Introduction de l’auteur

Tous les garçons et toutes les filles qui atteignent l’âge de la maturité, prennent conscience des bienfaits d’une vie à deux. L’homme et la femme unis dans le cadre du mariage gagneront leur indépendance et leur liberté, puis deviendront l’un et l’autre les coffres des secrets les plus intimes. La célébration réussie de leur union, leur offrira alors l’opportunité de débuter leur vie conjugale dans la satisfaction et l’allégresse.

Le désir de se marier fait partie de la sainte nature primordiale de l’être humain et ce besoin naturel est une grande grâce d’Allah glorifié soit-Il. En dehors du foyer familial, existerait-il un havre de paix meilleur que le foyer conjugal ? Le mariage prémunit l’être humain des tourments intérieurs, des ruminations mentales et des troubles psychologiques. C’est dans le cadre précis du mariage que l’individu reconnaîtra son âme sœur, son compagnon dévoué, son ami sincère, celui dont on partage les contrariétés, le véritable soutient dans les orages de la vie. Seuls les liens sacrés du mariage unissent les cœurs et confèrent la quiétude et la paix aux âmes. Le foyer conjugal étant le centre de l’amour pur et de la bonté profonde, l’oasis ombragé dans le désert de la vie. Allah, Glorifié soit-Il nous dit : « Parmi Ses signes est d’avoir créé de vous, pour vous, des femmes, afin que près d’elles vous trouviez l’apaisement ; Il a établi entre (elles et) vous l’affection et la bonté. En cela, il y a des signes (à faire connaitre Dieu) pour ceux qui réfléchissent »[1].

Le Prophète Muhammad (PBDLF)[2] a dit : « Est un pauvre, un
pauvre, un pauvre, l’homme qui n’a pas une épouse, même s’il possède beaucoup de richesses et est une pauvre, une pauvre,  une pauvre, la femme qui n’a pas un époux, même si elle possède beaucoup de richesses ».[3]

Il a dit aussi (PBDLF) : « De ceux qui édifient quelque chose dans l’Islam, celui qui aide les autres à se marier est le plus aimé d’Allah exalté soit-Il ».[4]

Et l’Imam Jafar a-Sâdiq (as)[5] a dit : « Un homme est venu chez mon père qui lui a demandé : « As-tu une épouse ? ». Il répondit : « non ! ». L’Imam  Al Bâǭir (as) lui dit alors : « Passer une nuit avec mon épouse, m’est bien meilleur que ce bas monde et tout ce qu’il contient ».[6]

Allah glorifié soit-Il a donc offert à l’être humain un cadeau extraordinaire, le mariage islamique. Seulement celui-ci  n’en connait  pas assez l’immense valeur. Et ils seront nombreux ceux qui transformeront ce paradis ombragé en enfer obscur et insupportable. Ce sera alors la destruction assurée des liens sacrés du mariage et la dislocation de la cellule familiale, comme conséquences logiques de leurs mauvaises actions.                                              

Mais lorsque les mariés connaitront leurs obligations l’un envers l’autre, leurs responsabilités et leurs devoirs, le cercle familial se transformera en un éden rempli de clarté, d’amour et de bonté.

De nombreux éléments se trouvent à l’origine des conflits familiaux. Parmi eux nous trouvons les facteurs économiques, éducatifs, environnementaux et humains. Dans notre dogme, la principale cause de désharmonie du couple vient de l’ignorance des devoirs conjugaux et du manque de préparation nécessaire pour fonder une vie à deux.

Prendre conscience de l’importance du mariage et de son mécanisme de réussite, dépend d’une condition essentielle : l’association entre la connaissance suffisante des responsabilités des époux et l’instruction de cette connaissance. D’où l’importance des conférences de savants et des réunions organisées, avec des exercices de mise à l’épreuve. 

La vie conjugale nécessite des acquis particuliers, à consolider. L’homme doit bien connaitre la personnalité de son épouse et ses priorités dans la vie, de manière à mieux dénouer les nœuds des conflits. Il faut que son comportement vis-à-vis d’elle soit juste et exemplaire. L’homme doit être conscient qu’il ne se marie pas pour satisfaire ses envies, ni pour disposer d’une esclave. Au contraire, il faut obligatoirement entre lui et sa future épouse un pacte de
fidélité, une promesse d’amitié partagée, un contrat d’amour, de solidarité et un réel désir de parcourir la vie en commun.

Et à la femme de bien déchiffrer la personnalité de son époux, d’être attentive à ses désirs et d’accepter ses ambitions. A elle d’être consciente qu’il ne sera pas l’esclave de ses rêves, celui qui répond oui à tous ses caprices sans sourciller.

Bien au contraire prendre conscience des qualités sublimes du mariage, nécessite de leur part la promesse d’une vie de partage, de dévouement, de complicité, de fidélité et d’entraide. 

Nonobstant le rôle décisif du mariage dans la vie de l’être humain et les qualités éminentes tant spirituelles que comportementales qu’il exige de lui, nous constaterons que la société dans son ensemble minimise sa véritable valeur. Elle accordera en général plus d’importance à la dot, au trousseau et à la beauté physique du conjoint, puis délaissera de manière systématique l’importance de son aspect psychologique et spirituel, celui-ci étant à la base même de ses besoins spécifiques.

La jeune mariée arrive pour la première fois dans son domicile conjugal, sans savoir réellement quel sera son rôle auprès de son mari et le jeune époux débute sa vie conjugale, sans aucune notion des responsabilités à venir. On remarque alors ici que les jeunes époux amorcent leur nouvelle vie sous le signe de l’errance et de l’insouciance. Se succèdent alors polémiques et querelles. Plus tard, l’intervention des parents accentuera et compliquera les
problèmes, jusqu’à les enraciner au plus profond de la vie du couple. Et ce sera alors la grande catastrophe. 

Le début du mariage est une phase délicate et préoccupante. Pendant cette période très sensible beaucoup de couples baissent les bras et finissent par divorcer. D’autres préfèrent passer leur vie entière dans des conflits récurrents et simuler aux yeux de la société une vie de couple exemplaire. Dans ce cas précis, le foyer de l’épouse se transformera en ring de boxe. A contrario chez d’autres couples, on remarque une grande sérénité entre les époux, résultat d’une entente mutuelle dans tous les domaines de la vie.

Il serait donc souhaitable de voir apparaitre un peu partout des conférences, afin d’enseigner aux jeunes qui désirent se marier les fonctions principales de la vie conjugale. D’où la nécessité pour moi d’écrire ce livre. Le lecteur y découvrira les sciences de la vie conjugale en conformité avec le Saint Coran, les Hadiths du Prophète (PBDLF) et des Imams (pse)[7]. Il y trouvera aussi des statistiques et des expériences personnelles.

Je ne prétends pas régler tous les problèmes de la vie conjugale mais j’émets cependant l’espoir que ce livre procure les moyens nécessaires à la bonne marche de cette grande institution. Je demande aussi aux savants et aux bienfaiteurs de s’intéresser d’avantage à ce sujet, pour la sauvegarde de nos familles.

 

[1] ARROUM (Les Byzantins) : Verset 21.

[2] Paix et Bénédiction de Dieu sur lui et sa Famille.

[3] Majma al Zavâèd 3/202.

[4] Biharou-Anwar 103/222.

[5] Aleyhi salam (Paix sur lui).

[6] Masdar sâbiq  217.

[7] paix sur eux