Dixième Imam - Imam Hâdi (p)

Dixième Imam - Imam Hâdi (p)
La naissance et le martyr

Imam Ali Naqi (p) naquit au milieu du mois de Dhi Hajjah de l’an 212 de l’hégire à Saria (près de la Médine).

Son père était Imam Muhammad Taqi (p) et sa mère s’appelait Samaneh.

Son titre est Abalhassan et ses appellations sont Taqi, Hâdi, Alim, Faqih, Amin, Motamin, Tayyib, Mutawakkil, Askari et Nadjib. Imam Hâdi (p) s’appelait aussi        Abalhassan Thalith.

D’après certaines narrations, il fit son passage le trois du mois de Radjab de l’an 254 de l’hégire dans la ville de Samarra où il fut enterré. A l’époque, il avait 42 ans dont huit ans passés en compagnie de son père et la période de son Imamat fut 33 ans.[540]
Les preuves de son Imamat

Il a précédemment été dit que pour prouver l’authenticité de chaque imam, on peut utiliser des preuves et des raisonnements divers dont les uns sont ceux qu’un Imam exprime pour son successeur. Ici, on s’en tient à énumérer ces preuves :

Ismaïl bin Mehran a dit d’avoir adressé cette parole à Son Eminence Abu Jafar (p) dans son premier voyage à Bagdad : Que je sois un sacrifice pour vous ! J’ai peur qu’il vous une chose dans ce voyage. Qui sera l’imam d’après vous ? Son Eminence se tourna vers moi et dit : Ce dont tu as peur n’arrivera pas cette année.

Je me suis rendu chez lui à l’époque où Al-Mutassam le convoqua à Bagdad pour lui dire : On vous emmène à Bagdad, qui sera donc l’imam d’après vous ? Son Eminence pleura tellement que sa barbe fut mouillée et il dit : Maintenant, il y a le péril. L’imam passera après moi à mon enfant Ali.[541]

Kheirani a transmis cette parole de son père : Pour accomplir une mission, je tenais compagnie de Son Eminence Abu Jafar (p). Ahmad bin Issa Ashâri venait chaque nuit, à l’approche du bon matin, pour prendre des nouvelles de l’état de santé de Son Eminence Abu Jafar. On avait plané que si l’envoyé de Son Eminence Abu Jafar venait voir mon père, Ahmad bin Issa se levait pour qu’ils puissent parler en privée.

Kheirani a dit : Dans une de ces nuits où l’envoyé de Son Eminence Abu Jafar (p) entra chez mon père, moi et Ahmad bin Muhammad sommes sortis pour qu’ils puissent parler en privée. Ahmad marchait en écoutant leurs paroles. L’envoyé de Son Eminence s’adressa à mon père : Ton Seigneur te salua et dit : Ma mort s’approche. L’Imamat passera à mon enfant Ali. Vous aurez les mêmes devoirs à son égard que jusqu’ici envers moi.

L’envoyé d’Imam sortit. Ahmad bin Issa retourna et dit à mon père : Quel était le message de l’envoyé d’Imam ? Il dit que c’était bénéfique. Ahmad dit : J’ai tout entendu. Et puis, il a raconté tout ce qu’il avait entendu. Mon père dit : Tu as commis une chose interdite ! Ne sais-tu pas que le Coran a dit : N’espionnez jamais ? Maintenant que tu as entendu la parole, tiens-la dans ta mémoire car on en peut-être aura un jour besoin, mais n’en parle à personne.

Kheirani dit : Le matin du même jour, mon père copia le message de Son Eminence Abu Jafar (p) dans dix versions, confiant chacune chez l’un des compagnons. Il dit : Si ma mort survient, ouvrez les lettres et agissez d’après les commandes contenues.

Mon père a dit : Quand Son Eminence Abu Jafar (p) fit son passage, je n’ai pas sorti de chez moi jusqu’à ce que j’aie appris que les séniors de la famille sont réunis chez Muhammad ibn Faradj pour parler la question de l’Imamat. Muhammad ibn Faradj me transmit ces savoirs et sollicita que j’aille aussitôt à sa rencontre. J’ai monté à mon cheval pour me rendre chez Muhammad ibn Faradj. Il y avait chez lui, un groupe des séniors discutant les moyens de faire le contact avec l’Imam. La plupart d’entre eux, doutaient sur la question. Je me suis adressé à ceux chez qui j’avais confié une copie du message d’Imam pour dire : Apportez les lettres. Ils apportèrent. Je me tourné vers la foule présente : C’est un message que Son Eminence Abu Jafar (p) m’a commandé de vous transmettre. Certains ont dit : Si seulement il y avait un autre pour authentifier vos paroles. J’ai dit : Par hasard, le Dieu Eminent en a préparé les moyens. Abu Jafar Ashâri a aussi entendu ce message et il peut attester. Demandez-le-lui. Les présents ont demandé cette chose à lui, mais Abu Jafar refusa d’apporter son témoignage. Je l’ai invité à un Mubahala (maudire mutuellement pour que le fautif perde) mais il eut peur de Mubahala et dit : Oui, j’ai aussi entendu ce message, mais je voulais le garder pour moi car ce serait un honneur pour moi en tant qu’un homme arabe et que vu le Mubahala, j’ai décidé de ne plus le cacher. Après la fin de ces choses, tout le monde fut d’accord avec Son Eminence Abalhassan.

Cheikh Mofide (Que Dieu Bénisse)  a écrit, après avoir raconté l’histoire ci-dessus : Il existe abondamment de choses à dire sur cette question. Il sera long à écrire s’il faut tout raconter. L’accord parmi les compagnons sur l’Imamat d’Abalhassan (p) et l’absence d’autres prétendants nous enlève le besoin d’apporter d’avantage de témoignages.[542]

Saqr ibn Abidalf a dit d’avoir entendu de Son Eminence Abu Jafar Muhammad bin Ali (p) : L’Imam d’après moi sera mon fils Ali. Sa commande sera comme la mienne et sa parole ma parole et il faut se soumettre à lui comme vous aviez l’habitude de m’entendre. Après lui, l’Imamat arrivera à son fils Hassan.[543]

Muhammad bin Uthman Koufi a dit d’avoir adressé cette parole à Son Eminence Abu Jafar (p) : S’il vous arrive (à Dieu ne plaise) un accident, à qui devrons-nous nous référer ? Il dit : A mon fils Abalhassan. Puis, il dit : Il arrivera bientôt un temps dur. J’ai demandé : Où est-ce qu’il faut aller pendant ce temps ? Il me dit : En Médine. J’ai demandé : En quelle ville de Médine ? Il répondit : En la Médine du Prophète.[544]

Umayya bin Ali Qeïssi a dit d’avoir adressé cette parole Abu Jafar le second (p) : Qui sera votre successeur ? Il dit : Mon fils Ali. Puis, il ajouta : Il y aura bientôt un temps de difficultés surprenantes.[545]

Muhammad bin Ismaïl bin Yazâ a transmis cette parole de Son Eminence Abu Jafar (p) : L’Imamat passera à mon enfant Abalhassan, bien qu’il ait sept ans. Puis, il ajouta : Oui, de sept ans et encore moins comme il était tel pour Jésus.[546]

Haroun bin Fazl a dit : J’ai rencontré Abalhassan (p) au jour de la mort de son père. Il m’a dit : A Dieu nous sommes et à lui nous retournons. Mon père Abu Jafar (p) a fait son passage. J’ai demandé : Comment savez-vous qu’il a fait son passage ? Il dit : J’ai senti une certaine modestie sans précédente envers Dieu Eminent.[547]

Un groupe d’habitants d’Ispahan comme Abulabbas, Ahmad bin Nazr et Abu Jafar Muhammad bin Alavieh, ils ont dit qu’il y avait un homme chiite en Ispahan nommé Abdalrahman à qui on a demandé : Pourquoi as-tu accepté l’Imamat d’Ali Naqî parmi tous les prétendants ? Il dit d’avoir constaté une chose chez lui qui fut une preuve consolidant sa foi : J’étais un homme pauvre mais téméraire au moment de parler. Les habitants d’Ispahan m’ont confié en compagnie d’un groupe, la mission de porter plainte chez Mutawakil le calife. Un jour quand j’étais chez le calife, celui-ci ordonna qu’un certain Ali bin Muhammad-Ridha se présente. J’ai demandé à quelqu’un qui était cet homme qu’on a convoqué, ayant l’impression qu’on avait l’intention de le tuer. Il dit : Cet homme est un Alawite dont les apostats croient à l’imamat. Je me suis dit : Je reste ici-même pour connaître cet homme.

Entre temps, Ali bin Naqî arriva, monté sur un cheval. La foule lui a ouvert un passage, le regardant. Dès que je l’ai vu, j’ai senti dans mon cœur une certaine affection pour lui, priant Dieu de le débarrasser du mal qui allait lui arriver de Mutawakil. Quand il passait près de moi, il me regarda et me dit : Dieu accepta ta prière ; ta vie sera longue et tu auras abondamment de biens et d’enfants.

De ces mots, j’ai eu un frisson mais je n’ai rien déclaré à mes compagnons.

Puis, j’ai retourné à Ispahan. J’ai eu des biens foisons. Seulement dans ma maison, je possède des biens équivalents d’un millions drachmes, à part ma richesse en dehors de la maison. Dieu m’a accordé dix enfants. Maintenant, j’ai soixante-dix ans et quelques. Je crois à l’Imamat d’un homme qui savait ce qu’il y avait dans mon cœur et dont Dieu a accepté la prière à mon encontre.[548]
La vertu et la magnanimité

Cheikh Mofide a écrit : Après Son Eminence Abu Jafar (p), son enfant Abalhassan Ali ibn Muhammad (p) fut accordé d’Imamat, car il contenait toutes les qualités nécessaires à l’Imamat et ses vertus transcendaient celles de tout le monde. Il n’y avait personne d’autre lui égalant à accepter le statut d’Imamat. Il fut choisi par son père comme l’Imam suivant.[549]

Ainsi les qualités de Son Eminence ont été décrites par Ibn Shahr Ashoub : Son visage était le plus attirant et sa parole la plus sincère que tout le monde. Il était le plus charmant et le plus parfait que tous les autres. Il avait une gravité croissante aux moments du silence et quand il parlait, sa lumière montait. Il était de la famille des prophètes et seul digne d’apporter des consignes et d’exercer le califat. C’était une branche de l’arbre colossal de la prophétie qui ne fut à la disposition des gens que pendant un court moment.

C’était un fruit de la prophétie qu’il fallait cueillir à temps.[550]

Abou Moussa a dit d’avoir adressé ces mots à Imam Hâdi (p) : Apprenez-moi une prière pour mes difficultés. Il me présenta la prière suivante, ajoutant qu’il dit souvent cette prière et qu’il a demandé à Dieu de ne pas décevoir ceux qui le disent :

Saïd Hajib a raconté : Suivant l’ordre de Mutawakil, nous nous sommes attaqués pendant la nuit à la maison d’Abalhassan, entrant à travers le mur. Son Eminence portait un chapeau et une chemise en laine et il priait, n’ayant aucune peur de notre entrée.[551]

Ibn Hajar a dit qu’Abalhassan (p) était l’héritier de son père dans la science et dans la générosité.[552]

Ibn Sabbaq Maliki a transmis de certains savants : Les vertus d’Abalhassan Ali bin Muhammad Hâdi (p) sont comme une tente érigée vers les étoiles du ciel ; il est l’ornement de toute vertu et le déploiement de tout honneur et la suite de toute gloire. Ses mérites proviennent de la grandeur et la magnanimité contenues dans son âme, le préservant de tout défaut comme un caravanier mettant le petit d’un chameau à l’abri des dangers. Son esprit est pur, sa conduite est agréable et il collectionne les qualités morales.[553]

Sulaiman bin Ibrahim Qandouzi Hanafi a passé ces mots contenus dans le livre Fasl al-Khitab, écrit par Muhammad Khajah Parsaï : Abalhassan Ali Hâdi était un homme serviteur, un savant de la jurisprudence et un Imam.

Mutawakil a été dit : Il a caché des armes dans sa maison et il a l’intention de s’emparer du califat. Lui, il a confié la mission à quelques-uns de s’attaquer pendant la nuit à sa maison. Ils l’ont trouvé dans un état où, portant une chemise et un chapeau en laine, il était assis en direction de la Mecque. Il n’y avait aucun tapis autre que les graviers de sable et il s’occupait de la récitation du Coran et de murmurer les versets contenants les annonces et les menaces. Les agents l’ont emmené dans ce même état vers Mutawakil, lequel le vénéra dès son arrivée et le fit assoir près de soi. Imam lui parla. Mutawakil pleura, ayant entendu ses paroles et dit : O Abalhassan ! Est-ce que tu dois quelque chose à payer ? Imam répondit : Oui ! Je dois quatre mille dinars. Mutawakil ordonna qu’on paie quatre mille dinars à lui et le respecta au moment de son départ.[554]

Muhammad bin Ahmad a transmis cette parole de l’oncle de son père : Un jour, j’étais en compagnie d’Imam Hâdi et je lui dis : Mutawakil a coupé mon salaire car il a trouvé que je suis un de vos compagnons. Je vous demande d’en parler avec lui. Il me répondit : Ça s’arrangera bien, s’il plaît à Dieu.

La nuit, l’envoyé de Mutawakil frappa à ma porte et me dit : Mutawakil t’a convoqué. Je suis allé chez lui et il m’a dit : O Abu Moussa ! Mes besognes ont été une raison pour que je t’oublie. Combien est-ce que je te dois ? J’ai répondu : Ce que tu as toujours eu l’habitude de me donner ; j’ai décrit ce qu’il fallait me payer. Il commanda qu’on m’en paie le double.

J’ai demandé à Fath bin Khaqân : Est-ce qu’Ali bin Muhammad est venu ici ou écrit une lettre à Mutawakil ? Il dit que non. Puis je me rendis chez Imam (p) qui me dit : O Abu Moussa ! Est-ce que la somme a été suffisante ? J’ai dit : Par la bénédiction qu’apporte votre présence, Mon Seigneur ! Mais ils ont dit que vous n’étiez pas allé chez Mutawakil pour demander quelque chose.

Il répondit : Dieu Eminent sait que dans les difficultés, nous ne nous tournons que vers lui. Dieu nous a habitués à ce que nos prières soient acceptées. J’ai peur que si je change cette habitude, Dieu refuse désormais sa grâce.[555]
La science d’Imam

Comme nous avons précédemment dit, la maitrise des sciences de la religion et l’expertise dans la jurisprudence font partie des conditions nécessaires de l’Imamat. La raison d’être la plus importante d’un Imam et sa responsabilité la plus grande est la sauvegarde des savoirs de la religion et sa distribution. Il n’y a aucune différence à cet égard entre les Imams. Les ressources des savoirs de la religion ont été à la disposition de chacun d’entre eux qui était assidu pour accomplir cette tâche. Si certains ont été moins proliférant sur la question de la diffusion des hadiths, c’était plutôt pour les conditions du temps et les obstacles créés par les gouverneurs oppressants et les ennemis d’Ahl al-Bayt.

Tout comme ses ancêtres vénérables, Imam Hâdi (p) était un homme parfait qui, collectionnant toutes les vertus humaines et ayant les savoirs de la religion à sa disposition, il s’efforçait de diffuser ces connaissances. Malheureusement ; il était dans une situation difficile et confronté à des obstacles abondants qui le rendaient incapable d’accomplir ses devoirs selon son vœu.

Cet Imam vénérable vécut environ 42 ans, étant confié de l’Imamat à huit ans. La durée de son Imamat fut environ 33 ans, au début de laquelle il habita à la Médine pour 22 ans presque. L’Histoire se rappelle que les agents recrutés par les gouverneurs de Bagdad le surveillaient en permanence. Des chiites et des étudiants avaient naturellement des difficultés et des obstacles à connaître. Mutawakil, le calife abbaside ne s’en tint pas à seulement le surveiller à distance et appuyé par la persévérance des agents en Médine, le convoqua à Bagdad pour le replacer à Samara et dans la région « Askar » qui servait de demeure pour les militaires. Depuis ce temps (l’an 243 de l’hégire), il fut sous la surveillance intensifiée des agents secrets et des militaires et ses contacts avec les chiites furent interrompus ou réduits au minimum. Sous ces conditions, qui avait donc la témérité, de lui livrer des sommes ou profiter de ses savoirs ? Pour cette raison même, les hadiths narrés de Son Eminence ne sont pas abondants. Pourtant, un nombre d’hadiths de lui nous est arrivé concernant les principes de la religion et l’idéologie, la morale et les oraisons, les écoles différentes de la jurisprudence, ont été narré de Son Eminence et enregistrés dans les livres d’hadith. L’étude de ces livres nous mène à connaître le niveau de la maîtrise de Son Eminence.

Son Eminence a élevé un grand nombre d’étudiants dont les noms ont été enregistrés dans les livres d’hadith, les livres d’histoire et les livres des célébrités. L’auteur du livre Manaqîb a énuméré les compagnons de Son Eminence comme tel : Davoud bin Zaïd Abu Salim Zankân, Hussein bin Muhammad Madaêni, Ahmad bin Ismaïl bin Yaqtin, Bashr bin Bachar Neyshabouri Shadhani, Sulaiman bin Jafar Marwzi, Fat’h bin Zaïd Jurjani, Muhammad bin Saïd bin Kulthum (un orateur), Muawiya bin Hakim Koufi, Ali bin Muhammad bin Muhammad Bagdadi, Abu Al-Hassan bin Rajâ Ibratâ’ï.[556]

 

[540] Behar al-Anwar, V50, P102.

[541] Kafi, V1, P497. Al-Irshad, V2, P297. Behar al-Anwar, V50, P113. Al-Fusul al-Muhimmah, P259. Matalib al-Suul, V2, P144.

[542] Al-Irshad, V2, P298.

[543] Kafi, V1, P324. Al-Irshad, V2, P300.

[544] Behar al-Anwar, V50, P118.

[545] Ithbat al-Wathiah, P193.

[546] Ithbat al-Alhida, V6, P209.

[547] Idem, P211.

[548] Behar al-Anwar, V50, P138.

[549] Idem, P141.

[550] Al-Irshad, V2, P297.

[551] Manaqib Al Abi Talib, V4, P432.

[552] Al-Fusul al-Muhimmah, P264.

[553] Al-Thawa’ïq al-Muharraqah, V1, 207.

[554] Al-Fusul al-Muhimmah, P264.

[555] Yanabi al-Muwaddah, P264.

[556] Manaqib Al Abi Talib, V4, P442.