Chapitre II Les Gens de la Demeure prophétique (Ahlulbayt)

Chapitre II
Les Gens de la Demeure prophétique (Ahlulbayt)
dans le Coran et les hadiths

 

L’infaillibilité des Gens de la Demeure prophétique dans le Coran

Nous citons le fameux Verset de la Purification (ayat-ut-tat’hîr) pour établir l’infaillibilité des Gens de la Demeure prophétique :

Dieu Très-Haut dit dans le noble Coran :

إِنَّما يُرِيدُ اللَّهُ لِيُذْهِبَ عَنْكُمُ الرِّجْسَ أَهْلَ البَيْتِ وَيُطَهِّرَكُمْ تَطْهِيراً

«Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement.»[71]

Nous faisons allusion à quelques points pour commenter ce verset et expliquer cette preuve :
Les raisons de la Révélation du verset

Sans aucun doute, ce verset a été révélé à propos de l’Envoyé de Dieu (P), l'Imam ‘Ali (p), Fatima (bénit soit-elle), l'Imam Hassan (p), et l'Imam Hussayn (p). Il y a de nombreux hadiths à cet égard dans les livres de hadiths chiites et sunnites. Par exemple, ‘Aïcha dit: «Un matin, l’Envoyé de Dieu (P) est sorti portant un manteau de laine noir. Puis Hassan, Hussayn, Fatima et ‘Ali sont arrivés. Alors le Prophète Muhammad (P) les a pris sous son manteau et dit: «Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement.»[72]

Ummi Salamah dit: «Le verset, ‘Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement’ a été révélé chez moi. Puis, la Dame Fatima (b) a apporté du repas et l’a offert au Prophète (P). Celui-ci lui a dit: ‘Invite aussi ton mari ‘Ali et tes fils Hassan et Hussayn. Quand tous sont venus et ont commencé à prendre le repas, le verset ci-dessus a été révélé. Alors, l’Envoyé de Dieu (P) les a pris tous sous son manteau et dit trois fois: «Ô Seigneur! Ce sont les membres de ma famille; Enlève d’eux toute souillure de péchés et rends-les purs. »[73]

‘Umar ibn Abi Salamah dit: «Le verset, ‘‘Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement’ a été révélé chez Ummi Salamah. Puis l’Envoyé de Dieu (P) a appelé Fatima, Hassan, et Hussayn et étendu son manteau sur eux, et dit: ‘Ô Seigneur! Ils sont ma famille. Ote d'eux la souillure et purifie-les’. Ummi Salamah a dit : 'Ô Messager de Dieu! Suis-je aussi avec eux?’ Il a répondu : ‘Tu as ta propre place. Tu es aussi une bonne personne.’ »[74]

Ziynab dit: «Quand l’Envoyé de Dieu (P) a vu que les bénédictions descendent du ciel, il a dit: ‘Qui va inviter ‘Ali (p), Fatima (b), Hassan (p), et Hussayn (p)?’ J’ai dit : ‘Je le ferai.’ Quand ils sont réunis, l’Envoyé de Dieu (P) a étendu son manteau sur eux et les a rejoint en dessous. Puis, l’ange Gabriel est descendu par ce verset.’ »[75]

Abû Sa'id Khodrî dit: «Ce verset (Tat'hîr) a été révélé à propos de cinq personnes; Prophète (P), ‘Ali (p), Fatima (b), Hassan (p), et Hussayn (p). »[76]

L’Imam Hassan (p) a dit dans son sermon: « Nous les Gens de la Demeure prophétique sommes les personnes au sujet desquelles le verset: ‘Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement’ a été révélé. »[77]

Le rassemblement des Gens du Manteau (ashâbul kisâ) et la révélation du verset de la Purification est l'un des principaux événements de la mission du prophète Muhammad (P).
Les Gens du Manteau étaient composés de cinq personnes : le plus noble Prophète (P), l'Imam ‘Ali (p), Fatima Zahra (b), l'Imam Hassan (p), et l'Imam Hussayn (p).

Comme il se voit dans des hadiths, quand le verset de la Purification est révélé au Prophète (P), il a envoyé quelqu'un chercher l'Imam ‘Ali (p), Fatima Zahra (b), l'Imam Hassan (p), et l'Imam Hussayn (p) et les inviter chez lui. Il les a fait tous s’asseoir sur un tapis et lui-même s'est assit à côté d'eux. Ensuite, le Prophète (P) a étendu sur eux son manteau ou une sorte de tissu et les a rejoint lui-même en dessous. Puis, il a récité le verset de la Purification et dit: ‘Ô Seigneur! Ils sont mon ménage. Ote d’eux l’impureté et le péché.’ Apparemment, cet événement s'est passé dans la maison de Ummi Salamah, l'épouse du Prophète (P), et que les mêmes cinq personnes l’ont rapporté aux autres. En outre, ‘Aïcha et Ummi Salamah, épouses du Prophète (P), ‘Umar, fils d'Abi Salamah, qui a été grandi chez le Prophète (P), Ziynab qui, elle aussi, a grandi chez le Prophète (P), Thawbân, esclave affranchi par le Prophète (P), et Wasilatibni Asqa’, servante chez le Prophète (P) ont rapporté ceci à d'autres personnes. Toutes ces personnes ont été parmi les proches compagnons l’Envoyé de Dieu (P). Elles peuvent être considérées comme des témoins oculaires de l'événement.

Un autre groupe des compagnons du Prophète (P), comme Anas ibn Malik, Abul Hamra, Abû Sa'id Khodrî, et Ibn Abbas ont également rapporté cet événement, mais ils n’en ont pas été témoins oculaires.

Pour informer ses compagnons et confirmer davantage cet événement, l’Envoyé de Dieu (P) récitait, pendant six ou dix-sept mois, le verset de la Purification à haute voix devant la maison de Fatima Zahra (b), chaque matin où il allait à la mosquée pour la Prière du matin : «Ô Gens de la Demeure! Préparez-vous à accomplir la Prière! »[78]
Les instances des Gens de la Demeure

L’Ahlulbayt désigne les membres de la maison promise. Selon les hadiths, cette maison promise est la maison de l'épouse du Prophète (P), Ummi Salamah. Le verset de la Purification a été révélé dans cette maison où le Prophète (P) a invité l'Imam ‘Ali (p), Fatima Zahra (b), l'Imam Hassan (p), et l'Imam Hussayn (p), étendant un manteau sur eux et lui-même, et récitant le verset de la Purification. Le Prophète (P) n’a placé sous son manteau que lui et ces quatre personnes, et il n’a pas permis Ummi Salamah de les accompagner, pour montrer que le nombre des Gens de la Demeure prophétique (Ahlulbayt) n’étaient que cinq ; ainsi, personne d’autre ne pouvait se prendre pour un membre de la famille du Prophète (P). Celui-ci soulignait tout le temps que le verset de la Purification n'a été révélé qu’à propos de ‘Ali , Fatima, Hassan et Hussayn. »[79]

L’Imam ‘Ali (p), l'Imam Hassan (p), et l'Imam Hussayn (p) ont toujours fait référence au verset de la Purification pour prouver leurs vertus et n'ont jamais été refusés pour ce faire.
L’exégèse du verset de la Purification

Deux points doivent d’abord être relevés pour éclaircir le sens du verset :

1. Le mot Rijs signifie lexicalement saleté et souillure. Ce mot est utilisé en deux sens dans le Coran : Le premier sens est l’impureté religieuse apparente. Le Coran dit :

 

قُلْ لا أَجِدُ فِيما أُوحِىَ إِلَىَّ مُحَرَّماً عَلى‏‌ طاعِمٍ يَطْعَمُهُ إِلّا أَنْ يَكُونَ مَيْتَةً أَوْ دَماً مَسْفُوحاً أَوْ لَحْمَ خِنْزِيرٍ فَإِنَّهُ رِجْسٌ

« Dis: Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc, car c’est une souillure… »[80]

2. L’impureté ésotérique et d’âme, à savoir : mécréance (kufr), rébellion et péché. Le Coran dit :

وَأَمّا الَّذِينَ فِى‏‌ قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ فَزادَتْهُمْ رِجْساً إِلى‏‌ رِجْسِهِمْ وَماتُوا وَهُمْ كافِرُونَ

« Mais quant à ceux dont les cœurs sont malades, elle ajoute une souillure à leur souillure, et ils meurent dans la mécréance. »[81]

De toute évidence, les mécréants ne souffrent pas de saleté apparente et le Dieu Tout-Puissant ne leur a pas demandé d'éviter les impuretés apparentes. Plutôt, les impuretés d’âme, comme la mécréance, l’hypocrisie, la malice, et la désobéissance aux commandements de Dieu.

La question maintenant, c’est que nous devons savoir si le mot « Rijs » mentionné dans le verset de la Purification est utilisé dans le premier sens (impureté apparente) ou le deuxième sens (impureté ésotérique). Avec un peu d’attention, il devient clair qu’il ne doit s’agir du premier sens, parce que pour exprimer ce privilège accordé aux Gens de la Demeure prophétique, le mot arabe « innama » (certes) a été utilisé, ce qui montre l’exclusivité et la restriction. Si ce privilège des Gens de la Demeure prophétique n'était que la pureté de la saleté apparente, il ne pourrait être accordé exclusivement aux Gens de la Demeure prophétique mais à tous les musulmans : ainsi, il ne pourrait se considérer comme un avantage pour ces Gens pour qu’ils soient glorifiés par Dieu Très-Haut et honorés dans de nombreux cas.
La volonté dans le Coran

La volonté humaine est un état d’âme et une condition préalable des actes volontaires. La volonté humaine l’aide parfois à réaliser ses souhaits ; toutefois, ce n’est pas toujours possible que tous les désirs humains soient objectivement réalisés. Les actes divins aussi se font par la connaissance, la volonté et l'option de Dieu. Cependant, la volonté divine diffère de celle humaine et réalise la chose désirée par Dieu. Le Coran attribue deux types de volontés au Dieu Tout-Puissant : Volonté « législative » (tachrî’î) et volonté « créative » (takwînî). La volonté « créative » signifie la création de la chose désirée d’après la connaissance et l’option, laquelle réalise sûrement la chose désirée. Le Coran dit :

إِنَّما أَمْرُهُ إِذا أَرادَ شَيْئاً أَنْ يَقُولَ لَهُ كُنْ فَيَكُونُ

« Quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire: «Sois», et c’est. »[82]

La volonté « législative » de Dieu ne commande rien, mais, pour la réalisation d’une chose extérieure, plutôt Il établit des commandements et des lois et veut que Ses serviteurs les suivent, de sorte que la chose désirée de Dieu soit réalisée objectivement.

Le Coran dit :

فَمَنْ شَهِدَ مِنْكُمُ الشَّهْرَ فَلْيَصُمْهُ وَمَنْ كانَ مَرِيضاً أَوْ عَلى‏‌ سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيّامٍ أُخَرَ يُرِيدُ اللَّهُ بِكُمُ اليُسْرَ وَلا يُرِيدُ بِكُمُ العُسْرَ

« Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois (de Ramadan), qu’il jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous,... »[83]

La volonté dans ce verset est d’ordre «législative ». En d'autres termes, puisque Dieu Tout-Puissant a voulu que Ses serviteurs ne se mettent pas dans une situation difficile pour jeûner (au mois du Ramadan), Il a permis aux patients et aux voyageurs de ne pas jeûner dans le mois de Ramadan et de le refaire dans d’autres mois.

La question maintenant est que si la volonté divine mentionnée dans le verset de la Purification est d’ordre « législatif » ou « créatif » ? Nous pouvons penser que ce verset montre la volonté de Dieu de purifier les Gens de la Demeure prophétique des impuretés et des souillures d’âme, ayant ainsi établi des commandements et des lois nécessaires à leur donner ; cependant, cette hypothèse n'est pas logiquement acceptable, étant donné que ces commandements et lois ne sont pas uniquement dédiés aux Gens de la Demeure prophétique, mais à tous les musulmans. En outre, cette hypothèse n'est pas compatible avec le mot « innama » (certes), qui a un sens restrictif. Si l' hypothèse mentionnée est vraie, le Prophète (P) pourrait permettre Ummi Salamah à venir sous le manteau pour être incluse dans le verset de la Purification; n’était-elle pas croyante ? En conséquence, il faut souligner que la volonté de Dieu dans ce verset est d’ordre « créatif ». Autrement dit, Dieu Tout-Puissant a voulu à l'origine purifier les Gens de la Demeure prophétique des impuretés d’âme, comme la mécréance, le polythéisme, et le péché, et ils ont été créés de cette façon. A savoir, ils sont infaillibles et complètement à l'écart de la mécréance, du polythéisme, et des péchés.

C’est sur la base de cette même exégèse qu’être un membre des Gens de la Demeure prophétique est considéré comme une valeur, que l’Imam ‘Ali, l’Imam Hassan, et l’Imam Hussayn  en sont fiers, et qu’ils n'ont jamais été refusés.

A cet effet, de nombreux hadiths ont mentionné le verset de la Purification pour prouver  l'infaillibilité des Imams (p), comme ceux indiqués ci-dessous:

‘Ali ibn Abî Tâlib (p) a dit: « Dieu, exalté soit-Il, a dit dans le Saint Coran: ‘Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement.’  Par conséquent, Il nous a purifiés des vices intérieurs et extérieurs et nous a conduits sur ​​le chemin de la vérité ».[84]

Après avoir récité le verset de la Purification, ‘Dieu, certes, veut écarter de vous la souillure, Ô Gens de la Maison, et vous purifier complètement.’, l'Envoyé de Dieu (P) a dit : « Moi et mon ménage (Ahlulbayt) avons été purifiés de péchés.»[85]                                                                                                  

L’Imam Hassan (p) a dit: «Nous sommes les Gens de la Demeure prophétique. Dieu nous a honorés par l'Islam, nous a sélectionnés, et nous a donc purifiés de la souillure et de l’impureté. Le mot « rijs » signifie le doute ; donc, nous n'avons aucun doute en Dieu et en Sa religion. Il nous a purifiés de toute impureté et de tout égarement ».[86]
La Lignée (‘itrat), la source la plus valide des sciences religieuses

Dieu Tout-Puissant a confié au noble Prophète de l’Islam (P) la mission de présenter aux musulmans sa Lignée (‘itrat) comme une source de sciences islamiques. L'Envoyé de Dieu (P)  l'a fait lors du retour de son dernier pèlerinage à la Mecque (hajjatul widâ') à Ghadîr i Khum. Quand il a atteint Ghadîr sur son chemin de retour à Médine, Gabriel est descendu avec ce verset qu’il lui a récité :

يا أَيُّها الرَّسُولُ بَلِّغْ ما أُنْزِلَ إِلَيْكَ مِنْ رَبِّكَ وَ إِنْ لَمْ تَفْعَلْ فَما بَلَّغْتَ رِسالَتَهُ وَاللَّهُ يَعْصِمُكَ مِنَ النّاسِ إِنَّ اللَّهَ لا يَهْدِى‏‌ القَوْمَ الكافِرِينَ

« Ô Messager, transmets ce qui t’a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protègera des gens. Certes, Allah ne guide pas les gens mécréants. »[87]

Bien qu'il faisait très chaud, le Prophète Muhammad (P) s’est arrêté dans cette région pour effectuer l'ordre de Dieu. Il a dit aux hadjis (pèlerins ayant accomplit le pèlerinage de la Mecque) qui étaient en avant de la caravane de revenir et a commandé à ceux qui étaient derrière d’avancer plus vite. Lorsque tous les hadjis se sont réunis en un seul endroit, le Prophète (P) est monté en chaire et a fait un long sermon, appelé le sermon de Ghadîr. Cet événement est raconté dans de divers hadiths, dont l'un est cité ici:

Zayd  ibn Arqam a dit: «Quand L'Envoyé de Dieu (P) revenait du Pèlerinage de l’Adieu, il s'est arrêté à Ghadîr i Khum. D'abord, il a ordonné de retirer les épines et les broussailles sous les arbres. Puis, il a effectué un sermon et dit: ‘C'est comme si je suis invité par le Dieu Tout-Puissant et j’ai accepté cette invitation. Je vous confie donc deux choses précieuses, dont l'une est meilleure que l'autre : Le Livre de Dieu (Coran) et ma Lignée (‘itrat). Que ferez-vous pour conserver ces deux dépôts ? Ces deux choses ne se sépareront pas jusqu'à la Résurrection.’ Il a dit ensuite: ‘Dieu Très-Haut est mon Seigneur et je suis le maître de tous les croyants.’ Puis, il a pris la main de ‘Ali (p) et dit: ‘Toute personne dont je suis le maître, ‘Ali est aussi son maître. Ô Seigneur! Lie-Toi d’amitié avec ceux qui acceptent la tutelle de ‘Ali , et sois l’ennemi de ses ennemis. »[88]

Bara ibn 'Azib a rapporté le même hadith, en ajoutant la phrase ci-dessous :

Le Prophète Muhammad (P) a commencé son sermon de cette façon : «Ne suis-je pas plus apte que les croyants d’interférer dans leurs affaires religieuses? Ils ont dit en réponse: ‘Ô L'Envoyé de Dieu! Bien sûr que oui.’ Alors, le Prophète (P) a dit: ‘Il (c.-à-d. ‘Ali  ) est le tuteur d'une personne dont suis le maître. »[89]

Dans le même hadith, Bara a ajouté cette phrase : Alors ‘Umar ibn al-Khattâb a rencontré ‘Ali (p) et lui dit: «Ô ‘Ali  ! Grand bien te fasse ! Maintenant, tu es le tuteur de chaque homme et femme croyants. »[90]

Le hadith de Ghadîr a été enregistré dans de valides livres de hadiths chiites et sunnites en différents mots et textes et a toujours été utilisé par l'Imam ‘Ali (p) et d'autres Imams infaillibles (p) comme référence dans leur argumentation.

Ce hadith est mutiwâtir (transmis par une chaîne multiple et ininterrompue) et d'un document authentique. Beaucoup de grands compagnons de l'Envoyé de Dieu (P)  ont rapporté ce hadith, dont les suivants :

Abû Harirah, Abû ‘Ali Ansari, Abul Heytham Ibnil Tayhan, Abou Bakr ibn Abi Qahafah, ‘Umar ibn al-Khattâb, ‘Uthman ibn Affan, ‘Ali ibn Abî Tâlib, Hassan ibn ‘Ali  , Hussayn ibn ‘Ali  , Fatima Zahra, Usamatibni Zayd , Ummi Salamah (épouse du Prophète (p)), Anas ibn Malik, Bara ibn ‘Azib, Jâbir ibn Samarah, Jâbir ibn ‘Abdullah Ansari, Hazifatibni Asid, Hisan ibn Thabit, Khazimatibni Thabit Ansari, Zubiyr ibn Avam, Zayd  ibn Arqam, Zayd  ibn Thabit, Abû Sa 'id Khodrî, Salman Fârsî, Miqdad ibn Amru Kandi, ‘Abbas ibn ‘Abdul Mutallib, ‘Abdullah ibn Ja'far ibn Abi Talib, ‘Abdullah ibn ‘Abbas, ‘Abdullah ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, et ‘Ammar ibn Yasser … que Dieu agrée tous ![91]
Le contenu du hadith

Il y a quelques points très importants dans le hadith de Ghadîr :

1 . Le plus noble Prophète (P) a présenté le saint Coran et sa Lignée (‘itrat) comme deux choses précieuses en présence un nombre important de musulmans, en disant: « Je laisse parmi vous ces deux choses pour voir ce que vous allez faire avec elles.» Et selon certains récits, il a dit: «Si vous vous y accrochez, vous ne vous égarerez jamais. »

2. Il a aussi dit: «Le saint Coran et la Lignée (prophétique) seront ensemble et ne se sépareront pas jusqu'au Jour du Jugement. Personne n’a le droit de dire : il n'y a plus besoin de la Lignée (du Prophète) lorsque le Coran existe.»

3. Comme le saint Coran qui est la plus grande et la plus riche source de sciences, de connaissance, de commandements et de lois religieuses, et sachant que les musulmans sont obligés d'en tirer profit pour résoudre leurs problèmes religieux, la Lignée du Prophète (P) (à savoir, ses successeurs) aussi a été présentée comme une source de sciences religieuses et les musulmans doivent s’y référer pour approfondir leurs connaissance religieuses ; les musulmans doivent suivre leur parole et leur conduite.

Le recours au saint Coran et à la Lignée (du Prophète), souligné dans le hadith de Thaqalayn (littéralement : les deux choses pesantes) et dans d’autres hadiths, se fait de cette façon , et non pas par un respect apparent ou des rituels superficiels.
La Lignée (‘itrat) et ses instances

La Lignée (‘itrat) signifie littéralement la descendance dont les instances sont les Gens de la Demeure prophétique au sujet desquels le verset de la Purification s’est révélé. Comme il a été indiqué dans certains textes du hadith de Thaqalayn: “ma Lignée » (‘itrati) signifie les Gens de la Demeure prophétique. Il a été rapporté de l'Imam Hussayn (p) dans un hadith qui lui est attribué : « On a demandé à l’Emir des Croyants (p) ce que voulait dire l'Envoyé de Dieu (P)  par ‘sa Lignée’ dans ce hadith : ‘Je laisse parmi vous deux choses lourdes : le Livre de Dieu (Coran) et ma Lignée (‘itrati)’. L'Imam ‘Ali (p) a répondu: ‘La Lignée du Prophète (P) est composée de moi, Hassan, Hussayn, et neuf Imams de la descendance de Hussayn, le neuvième de qui est Mahdi Qa'im (Guide Résurrecteur). Ils ne se sépareront pas du Livre de Dieu et celui-ci ne se séparera pas d’eux jusqu'à ce qu'ils soient présentés à l'Envoyé de Dieu (P) auprès du Vasque de Kawthar (hawz ou bassin de kawthar dont s’abreuvent les croyants à l’entrée au Paradis). »[92]

L’Imam Sâdiq  (p) a cité de son père (p) et grand-père (p) et eux, du Prophète Muhammad (P) qui a dit : « Je laisse deux dépôts précieux parmi vous : le Livre de Dieu et ma Lignée (les Gens de la Demeure prophétique). Ils ne se sépareront pas l’un de l'autre jusqu'à ce qu'ils me soient présentés auprès de la Vasque (de Kawthar). » Puis a-t-il mis ses deux index ensemble et dit: ‘De cette façon’. Alors, Jâbir ibn ‘Abdullah Ansari s’est levé et a demandé: ‘Ô Envoyé de Dieu! Qui sont les membres de votre Lignée?’ Le Prophète (P) a dit: ‘Ali, Hassan, Hussayn, et les Imams de la descendance de Hussayn jusqu'à la Résurrection.»[93]
La nomination de l'Imam ‘Ali (p)

La partie la plus importante du sermon de Ghadîr est la nomination de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) comme tuteur et calife. Zayd ibn Arqam cite le Prophète (P) dans le hadith susmentionné qui a dit : « Dieu, exalté soit-Il, est mon Maître et Tuteur et je suis le maître et le tuteur de tous les croyants. » Puis il a attrapé la main de ‘Ali et a dit: «Toute personne dont je suis le maître et le tuteur, désormais, ‘Ali est son maître et tuteur. »
Comme il se voit dans ce hadith, l'Envoyé de Dieu (P) a présenté ‘Ali (p) comme le maître à savoir le tuteur ou le chef des musulmans. Dans certains textes, « Donc, ‘Ali est son maître. ». Les deux mots walî et mawlâ sont mentionnés en divers sens dont le meilleur, c’est quelqu'un qui mérite plus que les autres d' intervenir dans les affaires des autres.

Zayd ibn Arqam dit: «Après avoir fait le sermon, le plus noble Prophète (P) a demandé aux gens de prêter serment d'allégeance à ‘Ali (p). Les gens ont dit en réponse : ‘Nous avons entendu et nous obéissons l'ordre de Dieu et de Son Messager (P).’ Abû Bakr, 'Umar et ‘Uthman ainsi que Talha et Zubayr étaient les premiers à prendre le serment d'allégeance avec le Prophète Muhammad (P) et ‘Ali (p). »[94]

C'est alors que 'Umar a serré la main avec l'Imam ‘Ali (p) et lui a dit: «Grand bien te fasse ! Maintenant, tu es le tuteur de chaque homme et femme croyants. »[95]
Les recommandations du Prophète (P) à propos de ‘Ali (p)

Au cours de sa mission prophétique, le noble Messager de l’Islam (P) a de nombreuses fois souligné pour les musulmans les perfections innées et le rang scientifique de l'Imam ‘Ali (p), indiquant l'obligation de le suivre et lui obéir. De cette façon, il a préparé l’opinion publique à l'acceptation de sa tutelle et son Imamat. Il y a des dizaines voire des centaines de hadiths consignés dans les livres chiites et sunnites, dont certains sont mentionnés ici:

Ibn ‘Abbas dit: «L'Envoyé de Dieu (P) a dit : ‘Si vous aimez vivre et mourir comme moi et habiter au Paradis préparé de mon Seigneur, vous devez accepter la tutelle de ‘Ali après moi, lier d'amitié avec ses amis, et suivre les Imams après moi ; parce qu’ils sont ma Lignée (‘itrat) et sont créés à partir de la même essence dont je suis créé, et possèdent ma compréhension et ma connaissance. Malheur à ceux qui les nient et rompent avec  mon droit de parenté, et mon intercession ne sera pas pour eux .»[96]

‎Hudhayfah ibn al-Yaman a dit: «Certains des compagnons ont dit : ‘Ô Envoyé de Dieu ! Ne vous désignez pas ‘Ali comme calife?’ Le Prophète (P) a répondu: ‘Si vous acceptez sa tutelle, il vous guidera vers le droit chemin’ ».[97]

Abû Sa'id Khodrî a rapporté que l'Envoyé de Dieu (P) a tapé sur l'épaule de ‘Ali et dit: «Ô Ali! Tu as sept caractères que personne ne peut contester au moment de la Résurrection : Tu es le premier croyant en Dieu, le plus fidèle aux promesses divines, le plus ferme de tous dans l'exécution des ordres divines, le plus gentille envers le peuple, le plus juste à diviser les biens, le plus savant à juger, et le meilleur de tous au jour de la Résurrection.»[98]

Ummi Salamah a dit: J'ai entendu l'Envoyé de Dieu (P) qui a dit: « ‘Ali est avec le Coran et le Coran est avec ‘Ali et ils ne se seront pas séparés jusqu'au Jour du Jugement. »[99]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit : «Je suis la cité du savoir et ‘Ali en est la porte. Si quelqu'un cherche la connaissance, qu’il entre par la porte. »[100]

'Aïcha a dit: J'ai entendu l'Envoyé de Dieu (P) qui a dit: « ‘Ali est avec la vérité et la vérité est avec ‘Ali; Ils ne se sépareront pas jusqu'à la Résurrection. »[101]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: « Tout le monde qui aime à recourir à ma religion et monter à bord du navire de salut doit suivre ‘Ali ibn Abî Tâlib, lier d'amitié avec ses amis, et être l’ennemi de ses ennemis. Il sera mon successeur et calife après ma mort. ‘Ali est l'Imam de chaque musulman et l'espérance des croyants. Ses paroles, recommandations et prohibitions, disciples et compagnons sont les miens. Ne pas l'aider signifie ne pas venir en mon aide. »[102]

Lesdits hadiths et les dizaines d'autres, qui peuvent être considérés comme transmis successivement, montrent que le plus noble Prophète (P) a eu la mission de la part du Dieu Tout-Puissant de présenter l'Imam ‘Ali (p) comme Imam et successeur après lui-même pour les musulmans et de préparer les conditions de la nomination officielle de l'Imam ‘Ali (p), une mission finalement réalisée à Ghadîr i Khum.
Les recommandations sur les Gens de la Demeure prophétique (Ahlulbayt)

L'honorable Prophète de l'Islam (P) tentait toujours au cours de sa mission d'attirer l'attention des musulmans aux Gens de la Demeure prophétique (p) en utilisant des mots tels que : bonté , amour , amitié, etc. Un exemple:

Ibn ‘Abbas a dit : «Quand le verset : ‘Dis : Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté.’, a été révélé, certains compagnons du Prophète (P) lui ont demandé: ‘Ô Envoyé de Dieu! Qui sont les personnes que le Dieu Tout-Puissant a ordonné de les aimer?’ Le Prophète (P ) a répondu : ‘'Ali et Fatima et leur progéniture’.»[103]

Ibn ‘Abbas a également rapporté l'Envoyé de Dieu (P) qui a dit : «Le serviteur de Dieu ne se déplace pas au moment de la Résurrection sauf qu’on lui demande quatre questions:  ‘Comment il a passé sa vie, utilisé son corps, gagné et utilisé ses biens, et à propos de l'affection des Gens de la Demeure prophétique (p).’»[104]

Ibn ‘Abbas a rapporté le Prophète (P) qui a dit: «L'exemple de mon Ahlulbayt est comme l’arche de Noé, celui qui y monte sera sauvé et celui qui s’y accroche arrivera au salut et celui qui s’en éloigne sera noyé. »[105]

Par ces hadiths, le Prophète (P) n’entendait pas simplement l’expression de l’amitié apparente et verbale voire un intérêt dans le cœur envers les Gens de la Demeure : Ce n'est pas la rémunération pour la mission prophétique, mais plutôt, il voulait encourager les musulmans à suivre ces Gens et à apprendre des enseignements religieux, comme il est explicitement indiqué dans le hadith al-Safînah ( l’Arche de Noé).
L’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique (p)

L’amitié signifie aimer. Les mots « amour » et « affection » utilisés dans les hadiths ont le même sens. L’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique (p) est si importante dans l'Islam que le Coran la présente comme la rémunération du plus noble Prophète (P) pour sa mission prophétique.

Le Coran cite l'Envoyé de Dieu (P) où Dieu lui a demandé de dire aux croyants : « Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté».[106]

Le plus noble Prophète (P) a enjoint les musulmans dans une dizaine de hadiths d’aimer les Gens de la Demeure prophétique y compris ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), les considérant le meilleur moyen de salut. Quelques hadiths à titre d’exemple :

L'Envoyé de Dieu (P) a dit : « Quiconque veut s’accrocher à l’anse la plus solide (urwatul wusqâ), qu’il s’accroche à l’amitié de ‘Ali et des Gens de la Demeure. »[107]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «La première chose qui est demandée dans l'Au-delà, c’est l’amitié envers les Gens de la Demeure prophétique. »[108]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «La première chose qui est demandée dans l'Au-delà est relative à l’amitié envers mon Ahlulbayt.»[109]

L'Envoyé de Dieu (P) a dit: «Celui qui aime mon Ahlulbayt sera ressuscité avec moi dans l'Au-delà. »[110]

En tenant la main de l’Imam ‘Ali (p), l'Envoyé de Dieu (P) a dit : «Est menteur celui qui pense m’aimer alors qu’il n'aime pas ‘Ali. »[111]

L’Emir des Croyants, ‘Ali (p), a cité le Prophète (P) qui a dit : «J’intercèderai pour quatre groupes le Jour de la Résurrection : les amateurs de mon Ahlulbayt ; ceux qui ont accepté la tutelle de mon Ahlulbayt et détestent leurs ennemis, ; ceux qui remplissent les demandes de mon Ahlulbayt , et ceux qui aident mon Ahlulbayt dans la vie de tous les jours. »[112]

Comme on l'observe, l’affection (pour les proches parents du Prophète) a été fortement accentuée dans le Coran et dans des hadiths, laquelle s’est considérée comme un moyen d'atteindre le salut. Maintenant, nous devons voir qui sont les proches parents ou l’Ahlulbayt du Prophète (P). Sont-ils tous ses proches parents ou certains d’entre eux? Nous devons nous référer à certains hadiths pour clarifier cette question :

Ismâ'il ibn ‘Abdul Khâliq a dit : « L’Imam Sâdiq  (p) m’a demandé: ‘Qu'est-ce que les gens disent à propos du verset coranique: Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté. » ? J’ai répondu : « Que je sois sacrifié pour vous! Ils disent que ce verset est sur ​​les proches parents du Prophète (P). » L’Imam Sâdiq  (p) a dit: «Ils mentent. Le verset a été révélé à propos de nous les Gens de la Demeure prophétique : ‘Ali, Fatima, Hassan et Hussayn et les Gens du Manteau (açhâb ul-kiçâ). »[113]

‘Abdullah ibn 'Ajlan a rapporté de l'Imam Baqir (p) qui a dit à propos de l'exégèse du verset mentionné : ‘Dis : «Je ne vous en demande aucun salaire si ce n’est l’affection eu égard à [nos liens] de parenté’», que « zil qurbâ» (les proches parents) sont les Imams (p).»[114]

Ces hadiths et beaucoup d'autres rapportés sur la cause de la révélation du verset de la Purification implique que l’expression « zil qurbâ » a été employée dans ce verset à propos de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), Fatima Zahra (b), l'Imam Hassan (p), l'Imam Hussayn (p),  et d'autres Imams infaillibles (p) de la descendance de l'Imam Hussayn (p).

Ces nobles Imams (p) se présentaient toujours comme « zil qurbâ», « Ahlulbayt », et la mine des sciences prophétiques et n'ont jamais été refusés par quiconque. Etant donné le verset en question, tous les musulmans se doivent de lier d’amitié avec les Gens de la Demeure prophétique, montrant cette affection et amitié en disant des poèmes, célébrant leur éloge,  et visitant leurs sanctuaires et leurs tombes.

Maintenant, nous devons voir ce que signifie cette amitié, comment se fait-elle, et quelles sont ses conséquences.

Amitié, affection ou amour signifient aimer. C'est un état d’âme dans lequel l'amant est attiré par le bien-aimé, un état qui est perceptible mais pas descriptible. L’affection a de différents niveaux, le plus haut desquels est appelé l'amour. Elle peut avoir comme objet une personne ou une chose, mais elle a certainement un critère. Ce critère peut être la beauté du bien-aimé, son élégance, son beau comportement, ses actes dignes ou son utilité pour l’amant.

L'un d’important résultats de l'affection, c'est que l’amant essaie toujours de protéger et de satisfaire le bien-aimé, et de se sacrifier parfois pour lui, ce qui est un signe de véritable affection. Une affection exprimée de façon purement verbale ne sera qu’un mensonge et une tromperie.

Le noble Coran, des traditions, des hadiths et des invocations mentionnent aussi l'affection de Dieu envers Ses serviteurs, qui est relative au moins à l’une de leurs vertus. Par exemple : « Dieu aime les pieux», «Dieu aime ceux qui se purifient »: “Dieu aime les bienfaisants »: “Dieu aime ceux qui se repentent »: “Dieu aime ceux qui Lui font confiance », « Dieu aime les patients»: “Dieu aime les justes »… Dieu le Très-Haut, qui a créé Ses serviteurs et les a bénis de toutes bénédictions, veut qu’ils Lui obéissent quand Il ordonne le convenable, et interdit le blâmable, pour que leur salut dans ce monde et dans l’Autre soit assuré.

Cependant, l’affection de Dieu envers Ses serviteurs n'est pas un jeu de passions, car Il est en essence à l’abri de tels phénomènes. Son affection signifie plutôt l’effusion de la perfection.

Parfois, l’affection des serviteurs envers Dieu est aussi mentionnée dans le saint Coran.

Le Coran dit :

يا أَيُّها الَّذِينَ آمَنُوا مَنْ يَرْتَدَّ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَسَوْفَ يَأْتِى‌ اللَّهُ بِقَوْمٍ يُحِبُّهُمْ وَيُحِبُّونَهُ أَذِلَّةٍ عَلَى‌ المُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى‌ الكافِرِينَ يُجاهِدُونَ فِى‌ سَبِيلِ اللَّهِ وَلا يَخافُونَ لَوْمَةَ لائِمٍ ذ لِكَ فَضْلُ اللَّهِ يُؤْتِيهِ مَنْ يَشاءُ وَاللَّهُ واسِعٌ عَلِيمٌ

« Ô les croyants! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion... Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. »[115]

Dans ce verset, Dieu Très-Haut propose aux croyants une affection bilatérale et présente la lutte (djihâd) dans Sa voie comme l’un des signes de l’affection réelle.

L’obéissance aux commandements du Prophète (P) a été aussi présentée dans le Coran comme l’un des signes de l’affection réelle. Le Coran dit :

قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِى‌ يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ وَيَغْفِرْ لَكُمْ ذُنُوبَكُمْ وَاللَّهُ غَفُورٌ رَحِيمٌ

« Dis: ‘Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Pardonneur et Miséricordieux’. »[116]

Par conséquent, les croyants qui prétendent aimer Dieu, mais ne pratiquent pas les devoirs religieux et ne suivent pas les commandes du Prophète (P), l’affection qu’ils expriment n’est rien d’autre qu’un mensonge sans qu’ils en profitent.

L’affection pour les proches parents du Prophète (zil qurbâ) et les Gens de sa Demeure (Ahlulbayt) a aussi le même sens. Etant donné que les proches parents du Prophète (zil qurbâ ou bien les Imams infaillibles) étaient les gardiens de la Charia et les promoteurs et continuateurs de la mission du Prophète (P), les musulmans ont été invités à accepter leur tutelle et de suivre leur exemple dans la pratique. Notre affection pour les Imams infaillibles (p) n’est vraie que lorsque nous les prenons comme directeurs spirituels et suivons leur parole et leur comportement, sinon, cette affection ne sera qu’une expression verbale et un concept mental. Les personnes qui prétendent verbalement être les amateurs des Imams, mais ne remplissent pas leurs commandes, elles trompent elles-mêmes et une telle affection superficielle ne les sauvera pas. Les Imams infaillibles (p) eux-mêmes ont maintes fois insisté sur ces points dont certains seront bientôt mentionnés.
L’état spirituel de l’Imamat

La vraie reconnaissance de l’état spirituel et la position de l’Imamat et la détermination des personnes qui ont rempli cette position est une chose importante et décisive pour les musulmans, comme il est mentionné dans de nombreux hadiths. L’une des questions se posant dans la théologie, c’est de savoir si certaines conditions sont requises pour atteindre l’état spirituel de l’Imamat, ou si tout le monde peut y arriver ? Si oui, quelles sont ces conditions? En d'autres termes, l’Imamat est-il une position innée et ésotérique ou apparente et formelle à laquelle on accède après nomination ? Cette position est-elle dégradable ? Les mêmes divergences existent pour ce qui est de la mission prophétique et la Prophétie . Il a été prouvé dans la discussion relative à la Prophétie que celle-ci est un vrai état ésotérique ou inné pour lequel avoir des perfections et compétences innées sont requises. Si le Prophète Muhammad (P) a été nommé comme prophète, c'était à cause de ses propres vertus innée et ésotérique. Aucune autre personne, telle qu’Abû Djahl…, ne pourrait être nommée à cette position de la part de Dieu Très-Haut. La Prophétie signifie la relation directe d'une personne avec le monde invisible et l'obtention des sciences divines et des enseignements révélés par le Dieu Tout-Puissant. Mais ce n’est pas tout le monde qui mérite une telle position importante.

Quelques points ont été relevés et prouvés concernant la Prophétie qui sont brièvement mentionnés ci-après:

1. La vie humaine n'est pas limitée à ce monde, et il y aura une autre vie après la mort qui aura ses propres bonheurs et malheurs.

2. Le bonheur ou le malheur de l'homme dans l'Au-delà est le résultat de ses actes, ses conduites et ses opinions dans ce monde ici-bas. 

3. L'être humain est incapable de reconnaître un bon plan pour sa vie dans ce monde et dans l’Autre et a besoin de directives divines.

4. Le Dieu Savant et Sage a créé l'homme beau et sensible suivant un but. Il a été bien au courant de ses besoins matériels et spirituels, et des voies le faisant arriver au bonheur et au malheur. Par conséquent, Il ne le laisse jamais dans un état d’égarement, plutôt, Il a envoyé des prophètes, de par Ses grâces infinies, pour le guider avec des sciences, des connaissances, des plans et des devoirs nécessaires, de sorte que les « preuves » (de Son existence) soient parachevées pour Ses serviteurs. De cette façon, la nécessité d'envoyer les prophètes est confirmée.

La même preuve affirme la science et l'infaillibilité du Prophète (P). En d'autres termes, le but de Dieu d’avoir envoyé un prophète n'est réalisé que lorsque toutes les connaissances nécessaires lui sont présentées et qu’il soit complètement infaillible et à l’abri des erreurs et des fautes dans la réception, l'entretien et la transmission des sciences (de la Révélation) ; autrement, le but de Dieu pour guider et orienter Ses serviteurs ne serait pas réalisé.

Il est également prouvé en philosophie et en théologie que les sciences révélées ne sont pas comme les sciences conceptuelles et acquises par nos sens dans le monde extérieur. Ce sont des vérités lumineuses révélés à l’Essence innée et au cœur du Prophète (P), lesquelles il observe avec sa vision intérieure et entend avec son ouïe intérieure. C'est pourquoi le Prophète (P) ne commet pas d'erreurs et de péchés et est infaillible . Une telle personne doit être obéie comme «le bel exemple» (Uswatul hasanah) par les peuples. Nier ou se douter de la nécessité des sciences du Prophète (P) et de son infaillibilité, c’est comme nier la nécessité de l'existence des prophètes.

En somme, le prophète est un être humain parfait, noble, et « choisi » dans son aspect spirituel. Il peut établir une relation avec le Monde Invisible, recevoir les sciences, connaissances, prescriptions religieuses, et les transmettre exactement aux serviteurs de Dieu. Voila la place sublime de la Prophétie que les gens ordinaires ne peuvent pas atteindre. Cependant, le prophète est comme les autres dans son aspect corporel. Il a besoin de Dieu dans son essence, ses comportements et ses actes. Sa nourriture est fournie par le Dieu Tout-Puissant. Il devient fatigué et malade et il a besoin de médicaments pour guérir. Il se vieillit au fil du temps et ne peut empêcher sa mort déterminée par Dieu.

Selon ce qui précède, la position réelle et les avantages innés des prophètes deviennent clairs.[117]

La position élevée de l’Imamat et de la tutelle spirituelle (wilâyat) peut être comprise à partir de ce qui a été mentionné au sujet de la position de la Prophétie, car l'Imamat est la continuation de la Prophétie. Certains points doivent être gardés à l'esprit à cet égard, qui ont été prouvés ailleurs en détail:

1. Le Prophète Muhammad (P) est le Seau des prophètes et l'Islam est la religion éternelle jusqu'à la Résurrection.

2. La mission prophétique du Prophète (P) n’a duré que vingt-trois ans. Etant donné les divers problèmes relatifs aux nouveaux musulmans, il ne pouvait pas enseigner toutes les sciences, connaissances et prescriptions islamiques à tous les musulmans pour qu’elles restent aux futures musulmans.

3. Une grande quantité de prescriptions islamiques sont d'ordre politique, social, judiciaire, économique, …, qui ont été mises en œuvre par le plus noble Prophète (P) pour diriger la communauté musulmane. Il était le tuteur de cette dernière et défendait l'Islam.

En conséquence, une ou plusieurs personnes doivent exister pour accepter toutes les responsabilités du Prophète (P) après son décès et essayer de réaliser ses idéaux. Ces personnes sont appelées Imams ou les califes du Prophète (P), ayant la tutelle sur les gens et continuant son chemin. L'Imamat est la consolidation et l'achèvement de la religion et du gouvernement musulman. Tout comme l’être humain a besoin d'un prophète, il a aussi besoin d'un imam. Le but de Dieu Très-Haut d’avoir envoyé le Prophète (P) pour guider les gens n’est réalisé que lorsqu’il est suivi d’un Imam infaillible afin de poursuivre ses objectifs, sinon, la mission prophétique sera improductive et incomplète.

Il est conclu que l'Imam doit être pleinement conscient des sciences, connaissances, prescriptions et loi religieuses, tout comme le Prophète, de sorte que les gens puissent accéder aux vraies prescriptions de l'Islam dans l’absence du Prophète (P) et au fil des temps ; sinon, la mission prophétique deviendra improductive et la preuve (de l’existence de Dieu) pour les serviteurs de Dieu restera incomplète.

L'Imam doit également être infaillible et pleinement à l’abri des erreurs, de l'oubli, et des actes répréhensibles dans le maintien et la notification des prescriptions religieuses au peuple, tout comme le Prophète ; sinon les grâces et bénédictions de Dieu ne seront pas parachevées pour Ses serviteurs. Une telle personne savante et infaillible doit être obéie comme Imam, guide et modèle.[118] La principale différence entre le Prophète (P) et les Imams (p) est que le premier recevait les prescriptions et lois de la Charia par la Révélation et la descente de l’ange, alors que le deuxième ne bénéficient pas de la Révélation et de la relation directe avec le Dieu Très-Haut : c’est le Prophète (P) qui les met au courant des sciences, connaissances, prescriptions et lois de la Charia.

Pour résumer, l'Imam est un homme parfait et « élu », conscient de sciences, connaissance et prescriptions religieuses, et à l’abri de la faute, du péché, et de l'oubli. Ses connaissances et ses actes sont si parfaits que toutes les vertus humaines sont matérialisées dans sa personnalité pour qu’il puisse être l'Imam et le guide de la communauté musulmane. Nier ou mettre en doute ces avantages innés signifie nier la nécessité de l'existence de l'Imam et donc démentir la nécessité de l'existence du Prophète.[119]
Des aspects corporels

A la fin, il convient de souligner que malgré toutes ses vertus que nous avons indiquées, l'Imam, tout comme le Prophète, est matériellement un homme ordinaire créé par Dieu. Il a besoin du Tout-Puissant dans ses essence, activité, moyen de subsistance et conduite. Quand il a besoin de quelque chose, il le demande à Dieu Très-Haut. S'il tombe malade, il va chez le médecin pour être guéri. Il se vieillit au passage du temps et se rend à la mort dans le temps fixé par Dieu.

Comme il est indiqué dans le Coran, Dieu Très-Haut ordonne au Prophète (P) :

قُلْ لا أَمْلِك لِنَفْسِى‌ نَفْعاً وَلا ضَرّاً إِلّا ما شاءَ اللَّهُ وَلَوْ كُنْتُ أَعْلَمُ الغَيْبَ لَاسْتَكْثَرْتُ مِنَ الخَيْرِ وَما مَسَّنِىَ‏السُّوءُ إِنْ أَنَا إِلّا نَذِيرٌ وَبَشِيرٌ لِقَوْمٍ يُؤْمِنُونَ.

« Dis: «Je ne détiens pour moi-même ni profit ni dommage, sauf ce qu’Allah veut. Et si je connaissais l’Inconnaissable, j’aurais eu des biens en abondance et aucun mal ne m’aurait touché. Je ne suis, pour les gens qui croient, qu’un avertisseur et un annonciateur. »[120]

Le Prophète (P) et les Imams infaillibles (p) étaient pareils : En temps du besoin, ils se recommandaient directement et seulement à Dieu Tout-Puissant. Ils considéraient le recours à d'autres comme un empêchement à l’exaucement de leurs prières de demande (du’â). Ils n'ont jamais dit aux gens : « Demandez-nous pour que nous exaucions vos prières ! » Plutôt, ils les recommandaient à n’avoir espoir qu’en Dieu et à Lui demander leurs besoins, parce que tout est dans les mains de Dieu. Personne n'est en mesure de satisfaire à ses demandes sauf le Tout-Puissant. Le Prophète (P) et des Imams infaillibles (p) priaient Dieu de la même manière.

Voici quelques exemples des prières de demande et invocations des Imams Infaillibles (p) :

L’Emir des Croyants (p) a dit à son fils, l’Imam Hassan (p) : « Ne demande qu’à ton Seigneur, car ce n’est que Lui qui accorde et prive. »[121]

Et il a dit: «Tu demandes une chose des trésors de la Miséricorde de ton Seigneur que personne d’autre ne peut t’accorder. Tu lui demandes la longévité, la santé, et l'abondance de nourriture, ce que personne ne peut faire. »[122]

Et il a dit: « N’aie recours qu’à Celui qui t’a créé, qui te procure des moyens de subsistance, et qui t’a modelé.»[123]

L'Imam Sajjâd (p), quatrième Imam infaillible, dit dans sa prière : « Louange à Dieu ! Je Le prie chaque fois je veux qu’Il exauce ma demande, et avec Qui je parle en privé pour exprimer ma demande, sans un médiateur. Et Il exauce donc ma demande. Louange à Dieu ! Je ne prie que Lui tout seul, sinon, ma prière ne sera pas exaucée. Louange à Dieu ! Je n’ai d’espoir qu’en Lui, autrement, je deviendrait déçu. »[124]

L’Imam Sajjâd (p) a dit dans un autre prière : « Celui qui s’adresse à Tes serviteurs pour satisfaire à ses besoins ou qui les considère comme le moyen de la réussite,  il sera soumis à une privation, et méritera de perdre Ta bienfaisance ... Et Tu l’as dit : ‘Comment un nécessiteux demande d'un autre nécessiteux et un misérable s’adresse à un autre misérable? »[125]

Selon les hadiths et les prières de demande mentionnés ainsi que des centaines d'autres prières de demande enregistrées dans les collections de prières (du’â), comme Sahîfah Nabawîyyah, Sahîfah Alawîyyah, Sahîfah Sajjâdîyyah, et Sahîfah Kâzimîyyah, le Prophète (P) et les Imams infaillibles (p) priaient directement Dieu lorsqu’ils avaient une demande. Et ils Lui demandaient leurs requêtes sans un médiateur ou intercesseur. Ce comportement était le résultat de leur forte croyance et leur pur monothéisme : ils savaient clairement que personne, sauf Dieu, ne pouvait rien faire pour eux.

Nous, les Chiites, suivons le Prophète (P) et Imams infaillibles (p), pendant la prière. Pour nous, tout est dans les mains de Dieu dans le monde et dans l’Autre et nous Le prions lorsque nous avons besoin d’une chose. Si nous prions et pleurons dans le sanctuaire du Prophète (P) ou celui des Imams (p), se vouant à Dieu par eux, nous ne voulons pas dire qu'ils ont un effet indépendant. C'est parce que nous nous sentons dans un meilleur état spirituel de prier et communiquer avec Dieu dans les lieux saints. Il en va aussi de même avec nos voeux, deuils, sollicitations et recours.
La vraie position de l’Imam avec trois privilèges

Comme mentionné précédemment, la Prophétie et l'Imamat sont deux positions réelles avec trois caractéristiques:

1.      La conscience de toutes sciences, connaissances, prescriptions et lois religieuses, habitudes morales, devoirs cultuels et non cultuels, et en un mot, la connaissance de tout ce qui est révélé au Prophète (P) pour assurer le bonheur de l'homme dans ce monde et dans l’Autre.

2.      L’infaillibilité selon laquelle, ils ne peuvent commettre d’erreurs, de fautes et de l'oubli dans le maintien de commandements religieux et la transmission de ces derniers au peuple.

3.      L’infaillibilité selon laquelle, ils ne peuvent commettre d’actes répréhensibles ou enfreindre les commandements de la Charia.

Les musulmans doivent connaître leur Prophète (P) et leurs Imams infaillibles (p) d’après les caractères susmentionnés.
Deux croyances déviées

1. Infraction (taqsîr)

Si quelqu'un nie ou se doute de l’un ou de tous les caractères susmentionnés du Prophète (P) ou des Imams (p), il ne les a pas bien connus et a commis une négligence (taqsîr), et il s’appelle «négligent » (muqassîr) selon l’expression. Les négligents sont ceux qui nient les connaissances intégrales du Prophète (P) ou des Imams (p),  ou qui se doutent de ce fait qu’ils sont à l’abri des erreurs, des péchés, et de l'oubli, les considérant sujets à l’erreur (faillibles) comme tous les autres humains, ou les imputent la commission du péché. Ces croyances sont nulle et indue, et il n’importe de qui ou pour quelle raison. Pour justifier le sujet précédent, nous avons dit que l’imputation de chacune de ces probabilités aux Prophète et aux Imams infaillibles sera égale à nier la nécessité d'envoyer des prophètes ou la nécessité d’élire (religieusement) des Imams comme successeurs.

2. Exagération (ghuluw)

L’exagération (ghuluw) signifie l’extravagance dans une croyance. ‘Allamah Majlisî ainsi définit-il l’exagération (ghuluw): «L’exagération en ce qui concerne le Prophète (P) ou les Imams (p) est égale à la croyance en leur divinité, à ce qu’ils sont associés à Dieu dans l'adoration, la création, ou la provision de la subsistance de Ses serviteurs, ou cette croyance que l’âme de l'un d'eux a été incarnée dans un autre corps pour former un seul être. Cela est aussi égal à ce que le Prophète et les Imams sont conscients de l'invisible sans l'aide de Dieu, que les Imams sont des Prophètes, ou que leur connaissance suffit aux serviteurs (de Dieu) d’obéir à Dieu ou d’éviter les péchés ». « Toutes ces croyances sont la mécréance (kufr) et l’athéisme (ilhâd) et font l’homme sortir de la religion, comme il a été souligné dans des raisonnements logiques, des versets coraniques, et de nombreux hadiths. Les Imams infaillibles (p) se sont éloignés de ces gens (exagérateurs) et ont démontré leur mécréance.[126]

Les exagérateurs (ghullât) sont ceux qui exagèrent dans leur croyance en Imams infaillibles, attribuant à ces « serviteurs élus de Dieu » des qualités divines, et les considérant comme surhommes. 

Les exagérateurs associent les Imams (p) au Dieu dans la gestion de certaines affaires mondiales, y compris l'octroi de moyens de subsistance aux peuples, la descente de la pluie, l’exaucement des besoins, la guérison des patients, la prévention et la suppression des calamités, ou le pardon des péchés ; ils font (plus qu’il ne faudrait) des sacrifices et des vœux pour eux. Certains prétendants au chiisme préfèrent à exprimer leur affection ou amitié superficielle pour la tutelle (spirituelle) des Imams (p) au lieu d’accomplir leurs devoirs religieux et leurs obligations rituelles, et d’éviter des actes illicites ou prohibés.

Ces croyances ne sont non seulement en contraste avec des preuves logiques et le texte clair du Coran, elles sont aussi rejetées fortement par les Imams immaculés (p) ; ceux qui ont ces croyances ont été également présentés comme infidèles et mécréants dont la mort a été parfois jugée licite.

A ce propos, il y a un grand nombre de hadiths dont certains sont cités ci-dessous :

Abû Hâshim dit : « J’ai demandé une question à l'Imam Redhâ (p) sur les exagérateurs (gullâts) et les Mufawazzah[127]. Il a dit : ‘Les gullâts sont mécréants et les Mufawazzah sont polythéistes. Celui qui les fréquente ou accompagne, mange ou boit avec eux, se marie avec eux, leur fait confiance, confirme leurs paroles, ou les aide même par un seul mot, il sera sorti (du cercle de ceux qui acceptent) la tutelle de Dieu, de Son Messager et des Gens de la Demeure prophétique.’ »[128]

Mufaddal ibn Yazîd dit : « L’Imam Sâdiq  (p) a rappelé les compagnons d’Abul Khattâb et les exagérateurs (gullâts) et dit: ‘Ô Mufaddal! Ne les fréquente pas, ne mange ni ne boit (de l’eau) avec eux, ne leur serre pas la main, ne vous héritez pas l’un de l’autre.’ »[129]

Deux compagnons de l'Imam Sâdiq  (p) sont venus et lui ont dit: «Mufaddal ibn 'Umar dit que vous (les Gens de la Demeure prophétique) déterminez les subsistances des serviteurs de Dieu. Est-ce vrai ? » L’Imam Sâdiq  (p) a dit: «Par Dieu ! Personne ne peut déterminer la subsistance de Ses serviteurs, sauf Lui-même. Je ne pouvais trouver de quoi assurer la subsistance de ma famille, ce qui me démoralisait. Puis, j’ai réfléchi et j’ai trouvé le moyen de subsistance de la famille. A ce moment-là, j’ai trouvé le calme. Que Dieu maudisse Abul Khattâb qui nous impute des mensonges ! » Les deux compagnons ont dit: « Peut-on aussi maudire Abul Khattâb et l’éviter? » L’Imam (p) a répondu : « Oui. » Donc, nous avons maudi Abul Khattâb et se sommes éloignés de lui. Dieu et Son Messager (P) aussi le maudissent. »[130]

Zarârah dit: «J'ai dit à l'Imam Sâdiq  (p) : ‘L’un des enfants de ‘Abdullah ibn Sanân croit en tafwîz (délégation du pouvoir divin au Prophète)’. L’Imam (p) a demandé: ‘Qu’est que tafwiz?’ J’ai dis : ‘Ils croient que Dieu Tout-Puissant a créé Muhammad (P) et ‘Ali (p), ensuite leur a délégué le pouvoir de diriger les affaires de l’ici-bas. Maintenant, ils créent, donnent la subsistance, et prédéterminent la mort et la vie des peuples.’ L’Imam Sâdiq   (p) a dit: ‘Il est l'ennemi de Dieu, et il ment. Quand tu l’as vu, récite-lui ce verset:

أَمْ جَعَلُوا لِلَّهِ شُرَكاءَ خَلَقُوا كَخَلْقِهِ فَتَشابَهَ الخَلْقُ عَلَيْهِمْ قُلِ اللَّهُ خالِقُ كُلِّ شَى‌‏ءٍ وَهُوَ الواحِدُ القَهّارُ

« Ou donnent-ils à Allah des associés qui créent comme Sa création au point que les deux créations se soient confondues à eux? Dis: «Allah est le Créateur de toute chose, et c’est Lui l’Unique, le Dominateur suprême».[131]

Zarârah a dit: «Quand j'ai récité le verset à cette personne, c'était comme si j’avais jeté une pierre dans sa bouche (et il est resté bouche bé !).»[132]

‘Abdur Rahmân ibn Kathîr dit: «Un jour, l’Imam Sâdiq  (p) a dit à ses compagnons: ‘Dieu maudit Mughayrat ibn Sa'id et la femme juive qu’il fréquentait et de qui il a appris la magie et des choses étranges. Mugayrah attribuait des mensonges à mon père, et Dieu Tout-Puissant a fait de lui un mécréant. Et quant au groupe qui m’impute des mensonges, je prie Dieu pour qu’Il le fasse goûter la chaleur du fer ».

« Par Dieu ! Nous ne sommes que les serviteurs de Dieu qui nous a créés et élus. Nous n'avons pas le pouvoir de nous conférer un avantage ou un inconvénient. Le Tout-Puissant est libre de nous bénir ou tourmenter ; et s’Il nous tourmente, c'est à cause de nos propres actes. »

« Par Dieu ! Nous n'avons aucun argument contre Dieu et nous ne pouvons pas nous libérer du Feu (par nous-mêmes). Nous mourons comme les autres et seront placés dans une tombe. Ensuite, nous serons ressuscités et interrogés sur nos actes dans l'Au-delà. Malheur à eux! Que Dieu les maudisse! Ils gênent Dieu. Ils causent le souci de l'Envoyé de Dieu (P), de l’Emir des Croyants (p), de Fatima (b), de Hassan (p), de Hussayn (p), de ‘Ali Ibn Hussayn (p), et de Muhammad ibn ’Ali (p) dans la tombe. Je suis le descendant du Prophète Muhammad (P). Vous voyez que j’ai peur de la colère de Dieu dans mon lit, pendant qu’ils se reposent confortablement dans leur lit. Je prie Dieu et pleure de sa crainte, alors qu’ils sont endormis. Je suis effrayé (de la colère de Dieu) dans les montagnes et les déserts. Je prends refuge à Dieu de cet homme stupide (Abul Khattâb). Que Dieu le maudisse! »[133]

L’Imam Sâdiq  (p) a dit: « Veillez à ce que les exagérateurs (gullâts) ne conduisent pas vos jeunes à la corruption. Les exagérateurs sont les pires créatures de Dieu, car ils baissent la grandeur de Dieu et confèrent la divinité à Ses serviteurs. »

« Par Dieu ! Les exagérateurs sont pires que les Juifs, les Chrétiens, les Mages et les polythéistes. S'ils viennent à nous, nous ne les accepterons pas, alors que nous acceptons les négligents (muqassîrs) s’ils viennent à nous. » On lui a ensuite demandé: ‘Ô fils de Messager de Dieu! Pourquoi? » L’Imam Sâdiq  (p) a répondu: «Parce qu’un exagérateur (ghâlî) s’est habitué à abandonner la Prière, le jeûne, l’aumône rituelle (zakât), et le pèlerinage et ne peut abandonner son habitude. Un négligent (muqassîr), cependant, pratique ses actes obligatoires quand il s'aperçoit de sa faute. »[134]

« L’Imam Redhâ (p) dit dans sa prière: « Seigneur! Je prends refuge en Toi pour changer les états et les capacités. Et il n'y a pas de force et de puissance, si ce n’est qu’en Dieu. Je prends refuge en Toi et déteste les gens qui nous imputent des choses abusives. Ô Seigneur! Je prends refuge auprès de Toi contre les gens qui disent des choses de nous que nous ne disons point. »

« Ô Dieu! C’est Toi qui es Créateur et accorde la subsistance. Je T'adore et c’est Toi que j’appelle à l’aide. Tu es notre Créateur et Celui de nos pères, du premier au dernier. Ô Dieu! C’est Toi seul qui mérite la Divinité, et pas quelqu'un d'autre. Je maudis les Chrétiens qui ont baissé Ta grandeur et les gens qui attribuent cette grandeur à Tes serviteurs. Ô Seigneur! Nous sommes Tes serviteurs et descendants de Tes serviteurs. Nous ne sommes pas propriétaires de notre avantage ou désavantage, de notre vie ou mort, de notre Rassemblement (hachr) ou Résurrection (nachr). Nous évitons toute personne qui pense que nous sommes son Seigneur ou suppose que la création ou la subsistance des serviteurs (de Dieu) est entre nos mains, tout comme Jésus qui a évité les Chrétiens. »

« Ô Seigneur! Nous ne les avons pas invités à cette croyance, alors ne nous réprimande pas pour ce qu'ils disent, et pardonne-nous de ces imputations indues. Fais-les périr sur la Terre; S'ils restent sur ​​la terre, ils mèneront Tes serviteurs à l’égarement, et ne produiront que des dépravés et des mécréants. »[135]

Abû Basîr dit : « J'ai dit à l'Imam Sâdiq  (p) : ‘Les gens disent des choses.’ L’Imam (p) a demandé : ‘Que disent-ils?’ J'ai dit : ‘Ils disent que tu connais le numéro des gouttes de  pluie, d’étoiles, de feuilles, de sables, et le poids de l'eau des mers.’ L’Imam Sâdiq  (p) a levé la tête vers le ciel et dit: ‘Gloire à dieu ! Gloire à dieu! Par Dieu, ce n’est pas juste. Seul Dieu sait ces choses. »[136]

Ibn Mughayrah dit : « Moi et Yahyâ ibn ‘Abdullah étions auprès de l'Imam Abul Hassan (p). Yahyâ a dit : ‘Que je sois sacrifié pour vous! Les gens pensent que vous voyez l'invisible.’ L’Imam (p) a dit: «Gloire à Dieu! Place ta main sur ma tête; par Dieu, ce propos m’a hérissé les cheveux. Par Dieu ! Tout ce que je dis, je le rapporte de l'Envoyé de Dieu (P).’»[137]
Les motifs de l’exagération (ghuluw)

Les exagérateurs (gullâts) et leurs supporteurs ont de différents motifs dans leur exagération dont certains ont été mentionnés dans des hadiths :

1. Ignorance

Nous lisons dans une lettre du Maître du Temps, l'Imam Mahdî (que Dieu hâte son réapparition) :

«Ô Muhammad ibn ‘Ali! Les ignorants des chiites et les personnes qui ne valorisent pas leur religion même autant qu’une aile de mouche nous taquinent. Je prends comme témoins Dieu, Prophète Muhammad (P), anges, prophètes et Imams ainsi que toute personne qui entend ce témoin que je prends refuge à Dieu et à Son Messager (P) des gens qui disent que nous avons la science de l’Invisible (ghayb) ou sommes les associés de Dieu dans Sa souveraineté, ou qui nous placent dans des positions autres que celle que Dieu a déterminée pour nous. Certes, Dieu, les anges, les prophètes (P), et les Imams (p) évitent de telles personnes. »[138]

2. Abus financiers

L’Imam Muhammad Bâqir (p) a dit à propos de trois des exagérateurs, à savoir Abul Ghamar, Ja'far ibn Waqid, et Hâshim ibn Abî Hushâm : « Ils abusent de notre nom pour  piller le peuple et appellent celui-ci à (entendre et accepter) ce qu’Abul Khattâb a dit. Que Dieu maudisse Abul Khattâb et les gens qui invitent les autres à (entendre les propos de) ce dernier et quiconque y invitait les gens avant lui. »[139]

3. Affection extrême

‘Ali ibn al-Hussayn (p) a dit: «Les Juifs ont attribué ce qu'ils croyaient à ‘Uzayr de par une affection extrême. Par conséquent, ‘Uzayr n'est pas l'un d'eux et ils ne sont pas comme lui. »

Les Chrétiens aussi ont attribué ce qu'ils croyaient au Jésus par une affection extrême, ainsi le Christ n'est pas l'un d'eux, et ils ne sont pas comme Jésus. La même chose est vraie pour nous (Ahlulbayt). Un groupe de chiites nous aiment tellement qu'ils nous attribuent ce que les Juifs ont dit à propos de ‘Uzayr et ce que les Chrétiens ont dit à propos de Jésus, par conséquent, ils ne sont pas de nous, ni nous ne sommes pas avec eux. »[140]
Le résumé et un avertissement

Comme vous l’avez lu, l'un des principaux problèmes des Imams infaillibles (p) et les vrais Chiites opprimés, c’est la création de deux croyances déviées : ghuluw et tafwîz. Ces croyances invalides « blessaient » la figure lumineuse des Imams infaillibles (p) et le Chiisme, rendant le peuple pessimiste. Malheureusement, ceux qui prétendaient à accepter la tutelle des Imams (p) et à être leurs amis étaient à l’origine de ce grand danger. Ces gens baissaient la grandeur du Dieu Tout-Puissant à cause de leur ignorance, et de l'expression de fausse affection, ou en raison de détournements financiers ; ils associaient les Imams (p) au Dieu en leur attribuant certaines qualités divines. Ils trompaient certaines personnes crédules en diffusant ces fausses croyances, menaçant ainsi le Chiisme. Dans ces conditions, les Imams infaillibles (p) ne sont pas restés silencieux devant ces éloges invalides et indus, dénonçant et se levant contre ces pensées superstitieuses et nulles. Ils présentaient comme infidèles les propagateurs principaux de ces croyances fabriquées, les maudissaient, les excluant. Même dans certains cas, ils recommandaient leur mort, afin de mettre en garde leurs adeptes ignorants et simples d'esprit. Grâce à cette action sérieuse des Imams infaillibles (p), ce grand complot a été levé et rendu stérile de manière qu'il ne reste aujourd'hui aucun signe des exagérateurs (gullâts) et des Mufawwizahs. Bien sûr, après les Imams infaillibles (p), les savants chiites aussi ont toujours tenté de sauvegarder les vraies croyances islamiques et de lutter contre les fausses croyances déviées.

Il est à noter que les savants érudits et dignitaires religieux doivent être conscients que dans le passé, aujourd’hui et demain, il y avait et il y aura des gens, trompeurs et exploiteurs, qui cherchent de bonnes occasions pour cibler le commun des gens simples d’esprit en particulier au moment des crises sociales. Ils trompent les gens simples d’esprit ou ignorants en racontant des histoires inspirantes, des rêves sans fondement, des citations et récits faibles et non authentiques, et en faisant quelques actions fausses et anormales et des éloges mensongers.

Il est aussi possible qu’ils propagent, consciemment ou inconsciemment, les croyances des exagérateurs (gullâts) et des Mufawazzah. Par conséquent, les autorités religieuses et les protecteurs de vraies croyances islamiques et du vrai Chiisme doivent toujours être conscients et vigilants et lutter contre les fausses opinions ou croyances, tout comme leurs prédécesseurs.

 


[71] . Sourate 33, Al Ahzab (Les coalisés), verset 33.
[72] . Sahih Muslim, Vol 4, p. 1883.
[73] . Yanabi’ul Mawaddah, p. 125.
[74] . Ibid, p. 125.
[75] . Ibid, p. 126.
[76] . Ibid
[77] . Ibid, p. 126.
[78] . Majma al Zawa'id, vol. 9, p. 168, 169.
[79] . Ibid, p. 167.
[80] . Sourate 6, Al An’am (Les bestiaux), verset 145
[81] . Sourate 9, At-Tawba (Le repentir), verset 125
[82] . Sourate 36, Ya-Sin, verset 82
[83] . Sourate 2, al-Baqarah (La Vache), verset 185.
[84] . Ghayat al-Maram, Vol 3, p. 199.
[85] . Al-Bidayah wan Nahayah, Vol 2, p. 136; Biharul Anwar, Vol 35, p. 213, Chap. 5.
[86] . Biharul Anwar, Vol 10, Chap. 9, p. 138.
[87] . Sourate 5, Al Ma-ida (La table servie), verset 67.
[88] . Al-Mustadrak  de Hakim al-Nishaburi, Vol 3, p. 109.
[89] . Al-Bidayah wan Nahayah, Vol 5, p. 229.
[90] . Ibid.
[91] . (2) Al-Ghadir, Vol 1.
[92] . Biharul Anwar, Vol 23, p. 147.
[93] . Ibid.
[94] . Al-Ghadir, Vol. 1, p. 508.
[95] . Bidayah wan Nahayah, Vol 5, p. 229.
[96] . Hilyatul Awliya’, Vol 1, p. 128.
[97] . Ibid, p. 104.
[98] . Ibid, p. 106.
[99] . Nour ul-Absar, p. 80.
[100] . Nanabi ul-Mawaddah, Vol. 1, p. 75.
[101] . Ghayat ul-Maram, Vol. 5, p. 283.
[102] . Ikmaluddin, Vol. 2, p. 376.
[103] . Ghayatul Maram, Vol. 3, p. 233.
[104] . Ibid, p. 92.
[105] . Zakhairul ‘Uqbâ, p. 20.
[106] . Sourate 42, Ash-Shoura (La consultation), verset 23.
[107] . Biharul Anwar, Vol 27, p. 79.
[108] . Ibid.
[109] . Ibid.
[110] . Ibid.
[111] . Ibid.
[112] . Ibid, p. 85.
[113] . Rawzatul Kafi, p. 80.
[114] . Kafi, Vol 1, p. 413.
[115] . Sourate 5, Al Ma-ida (La table servie), verset 54.
[116] . Sourate 3, Al ‘Imran (La famille de ‘Imran), verset 31.
[117]. Pour de plus amples renseignements, vous pouvez vous référer aux livres de philosophie et de théologie.
[118]. De nombreux versets coraniques et hadiths aussi le confirment. Pour plus d'informations à ce propos, vous pouvez vous référer aux livres de théologie sur «l’Imamat».
[119] . Toutes les questions relatives à "l'Imamat" sont disponibles dans le livre intitulé : L’étude de questions générales sur l'Imamat, et celui intitulé : Les modèles de la vertu, et aussi dans les premières pages du même livre avec plus de détails.
[120] . Sourate 6, Al A’raf (Le mur d’A’raf), verset 188.
[121] . Nahjul Balaghah (La Voie de l’Eloquence), livre 31.
[122] . Ibid.
[123] . Ibid.
[124] . Mafatihul Janan (Les Clés des Paradis), la prière (Du’a) d’Abû Hamzah Thumali.
[125] . Al-Sahifah Al-Sajjadiyah, la prière (Du’a) 13.
[126] . Biharul Anwar, Vol 25, p. 346.                                                                                     
[127] . Une secte des gullâts chiites qui prétendent que Dieu a créé Muhammad (P) ensuite lui a délégué le pouvoir de la création du monde, et que Muhammad (P) est le créateur du monde entier ! [Traducteur]
[128] . Biharul Anwar, Vol 25, p. 273.
[129] . Ibid, p. 296.
[130] . Ibid, p. 301.
[131] . Sourate 13, Ar-Ra’d (Le tonnerre), verset 16.
[132] . Biharul Anwar, Vol 25, p. 343.
[133] . Ibid, p. 289.
[134] . Ibid, p. 265.
[135] . Ibid, p. 343.
[136] . Ibid, p. 394.
[137] . Ibid, p. 293.
[138] . Ibid, p. 267.
[139] . Biharul Anwar, vol. 25, p. 319.
[140] . Ibid, p. 288.