Quatrième Imam infaillible : Zaynul ‘Abidîn, ‘Ali ibn Hussayn (p)

Quatrième Imam infaillible : Zaynul ‘Abidîn, ‘Ali ibn Hussayn (p)
La naissance et le martyre

Selon certains hadiths, ‘Ali ibn Hussayn (p) est né le quinze Jamâdîul ‘Ulâ de l’an 31 ou 36 de l’hégire à Médine.[272]

Son père était Hussayn ibn ‘Ali (p) et sa mère, d’après certains récits, était Chahrbânû, fille de Yazdgird (roi iranien).[273]

Ses surnoms sont Abul Hassan, Abul Qâsim, Abû Muhammad, Abû Bakr, et ses titres honorifiques les plus célèbres sont Zaynul ‘Abidîn, Zaynus Sâlihîn, et Sajjâd.[274]

Selon des hadiths, il a été mort en martyre le douze Muharram en l'an 94 de l’hégire à Médine et son saint corps a été enterré dans le cimetière de Baqî’.

‘Ali ibn Hussayn (p) a vécu 57 ans dans ce monde. Quand il avait deux ans, son grand-père ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) a été mort en martyre. Il a ensuite connu l'Imamat de son oncle, l'Imam Hassan (p), pendant dix ans. Le ‘Achûrâ de l'année soixante et un de l’hégire, quand son père a été mort en martyre, l’Imam ‘Ali ibn Hussayn (p) avait 22 ans. Il a vécu 35 ans après son père, qui est la durée de son Imamat.[275] Il est mort le douze Muharram de l’an 95 de l’hégire à Médine et son saint corps a été enterré dans le cimetière de Baqî’.
Les textes qui prouvent son Imamat

En plus de raisons générales de l'Imamat des douze Imams infaillibles (p) que nous avons indiquées, certaines raisons spécifiques existent également pour prouver l'Imamat de ‘Ali ibn Hussayn (p), dont certaines sont citées ici de son père, l'Imam Hussayn (p).

Abû Bakr Hazramî cite l'Imam Sâdiq (p) qui a dit : « Quand Hussayn ibn ‘Ali (p) allait à l’Irak, il a confié un livre et un testament à Ummi Salamah. Lorsque ‘Ali ibn Hussayn (p) était de retour de Karbala à Médine, Ummi Salamah lui a donné ces dépôts. »[276]

Fudayl ibn Yasâr a rapporté de l'Imam Muhammad Bâqir (p) : «Quand l'Imam Hussayn (p) partait pour l’Irak, il a donné un livre, un testament, et d'autres choses à Ummi Salamah, l'épouse du Prophète Muhammad (P), et lui a dit: «Quand mon fils aîné vient à toi, donne-lui ces dépôts. » Après la mort en martyre de l’Imam Hussayn (p), son fils ‘Ali est allé à Ummi Salamah et a pris les dépôts. »[277]

Abul Jârûd cite l'Imam Muhammad Bâqir (p) qui a dit : « L’Imam Hussayn (p) a appelé sa fille, Fatima, avant son martyre et lui a donné un livre enveloppé et un testament. A ce moment-là, ‘Ali ibn Hussayn (p) était très malade. Plus tard, Fatima lui a donné le livre. Par Dieu ! Le même livre est maintenant avec nous. »

Abul Jârûd a demandé : « Qu'est-ce que dans ce livre, que ma vie soit sacrifiée pour vous ? » L’Imam Bâqir (p) a dit en réponse: «Tout ce dont les gens ont besoin existe dans ce livre. Par Dieu ! Toutes les limites (hudûd) et prescriptions islamiques ont été mentionnées dans ce livre, même le prix du sang pour une égratignure sur la peau. »[278]

‘Abdullâh ibn ‘Atabah dit: «J'étais avec Hussayn Ibn Ali (p) quand ‘Ali ibn Hussayn (p) est arrivé. J'ai demandé à l'Imam Hussayn (p) : ‘Si vous décédez, un jour, à qui devrons- nous référer?’ L’Imam (p) a répondu: ‘Référez-vous à mon fils qui est ici. Il sera l'Imam et le père des Imams ».[279]

Mas’ûdî a écrit dans son livre «Ithbâtul Wasîyah » : « A Karbala, Hussayn (p) a appelé ‘Ali ibn Hussayn (p) qui était malade, lui a enseigné le Grand Nom de Dieu et les héritages des Prophètes; puis il lui dit que les livres, les sciences, et l'arme ont été confiés à Ummi Salamah et elle devra les lui donner. »[280]

Sayyid Murtazâ a écrit dans le livre intitulé «Uyûnul Mu’djizât » : « Les narrateurs de hadiths ont rapporté que Hussayn ibn ‘Ali (p) a voulu dans son testament que le Grand Nom de Dieu, et les héritages des Prophètes soient donnés et enseignés à son fils ‘Ali ibn Hussayn (p). » Ensuite, l'Imam Hussayn (p) a dit: « Il sera l'Imam après moi. »[281]

Muhammad ibn Muslim dit: «J'ai demandé à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Où est la bague de Hussayn ibn ‘Ali (p)? J'ai entendu qu’on l’a retirée de son doigt à Karbala.’ L’Imam (p) a dit: «Ce n'est pas vrai. Hussayn (p) a donné sa bague à son fils, ‘Ali ibn Hussayn, et cela est mentionné dans son testament. Il lui a aussi légué la position de l'Imamat, tout comme l'Envoyé de Dieu (P) l’a légué à l’Emir des Croyant (p), celui-ci à son fils Hassan, et celui-ci à son frère Hussayn. Après ‘Ali ibn Hussayn (p), la bague est arrivée à mon père et après ce dernier, c’est moi qui la détiens. Je la porte le vendredi et accomplis mes Prières avec elle. »

Je suis allé à l'Imam Sâdiq (p) un vendredi et l’ai trouvé en Prière. Quand sa Prière a fini, il a tendu son doigt vers moi. J'ai vu une bague dans son saint doigt avec cette inscription: «Il n'y a pas de divinité à part Dieu, c’est le viatique pour Le rencontrer. » Puis l’Imam (p) a dit: «C'est la bague de mon grand-père, Abû ‘Abdullâh Hussayn ibn ‘Ali (p). »[282]

L'auteur de Kachful Ghumma a plaidé pour l'Imamat de ‘Ali ibn Hussayn (p) en se servant d'autres raisons :

1. L'Imam Sajjâd (p) était après son père le plus vertueux parmi les gens de son temps. Et il va de soi qu’en présence d’un tel homme, aucun autre ne peut être Imam.

2. Les raisons logiques et des hadiths prouvent que l'existence de l'Imam a été toujours nécessaire et que la terre ne sera jamais vide des successeur de Dieu. D’autre part, les gens qui prétendaient à l’Imamat à l’époque de ‘Ali ibn Hussayn (p) n'avaient pas une vraie raison pour démontrer leur Imamat et leurs revendications étaient donc invalides. Par conséquent, l'Imamat de ‘Ali ibn Hussayn (p) est prouvé, parce que la terre ne sera jamais vide d’un Imam.

3. Il y a des hadiths de la part de l'Envoyé de Dieu (P) sur l'Imamat de ‘Ali ibn Hussayn (p), comme celui de Jâbir qu’il a rapporté du Prophète (P ) ; l'Imam Muhammad Bâqir (p) l’a rapporté de son père, et celui-ci de son grand-père, et ce dernier de Fatima (s), fille du Messager de Dieu (P). Les noms des douze Imams, dont celui de l'Imam Sajjâd (p), sont enregistrés dans ce hadith de Jâbir.

Comme mentionné dans des hadiths, l’Emir des Croyants (p) avait déjà annoncé l'Imamat de son fils ‘Ali. Et puis, Hussayn ibn ‘Ali (p), avant sa disparition, avait mentionné l’Imamat de son fils ‘Ali ibn Hussayn (p) dans son testament lequel il avait confié à Ummi Salamah pour qu’elle le donne à ‘Ali ibn Hussayn (p). Hussayn (p) a considéré la demande de ce testament d’Ummi Salamah comme un signe du véritable Imamat.[283]

Jâbir ibn ‘Abdullâh Ansârî a dit au Prophète (P) : « Ô Envoyé de Dieu ! Qui seront les Imams de la descendance de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p)? » Le Prophète (P) a dit: « Hassan et Hussayn, maîtres des jeunes du Paradis. Puis le maître des fidèles, ‘Ali ibn Hussayn et Bâqir; Muhammad ibn ‘Ali. Ô Jâbir! Lorsque tu le vois, salue-le de ma part. Après lui, Sâdiq, Ja’far ibn Muhammad, ensuite Kâzim, Mûsâ ibn Ja’far, puis Redhâ, ‘Ali ibn Mûsâ. Après lui, Taqî, Muhammad ibn ‘Ali, puis Naqî, ‘Ali ibn Muhammad. Après lui, Zakî, Hassan ibn ‘Ali, puis son fils, Qâim, Mahdî. Il remplira le monde avec justice après avoir été remplie d'injustice et d'oppression. 

Ô Jâbir! Ils seront mes successeurs, descendants, et califes. Celui qui leur obéit m'a obéi. Et celui qui leur désobéit m'a désobéi. Celui qui nie un ou tous d’entre eux m'a nié. C’est grâce à leur existence que Dieu ne permet pas à la Terre d'avaler ses habitants».[284]
Les qualités et les nobles vertus morales

‘Ali ibn Hussayn (p) a été le meilleur, et le plus vertueux des gens de son temps, de sorte qu’on l’appelait l'ornement des adorateurs .

L’Imam Sâdiq (p) a dit: «Dans l'Au-delà, le Proclamateur (Monâdî) criera: ‘Où est Zaynul ‘Abidîn (l'ornement des adorateurs)? C'est comme si je vois ‘Ali ibn Hussayn qui se lève et marche au milieu des gens à l'Au-delà.’ »[285]

Quand ‘Ali ibn Hussayn (p) s’est séparé de ‘Umar ibn ‘Abdul ‘Azîz, ' celui-ci à demandé à l'auditoire : «Qui est le plus noble des gens? » Les gens qui y étaient là ont dit: «Vous. » ‘Umar a dit : «Non, ce n'est pas vrai. Il est celui qui vient de nous quitter. »[286] 

Huchâm ibn ‘Abdul Mâlik est parti pour le pèlerinage avant son califat. Il allait toucher et embrasser la Pierre Noire (Hadjarul Aswad), mais il ne pouvait pas le faire à cause de la foule. A ce moment-là, ‘Ali ibn Hussayn (p) est arrivé. Les hadjis ont ouvert une voie pour lui pour qu’il puisse toucher la Pierre Noire. Les compagnons de Huchâm ont dit : ‘Qui est cet homme pour qui on a ouvert la voie?’ Huchâm a répliqué : ‘Je ne le connais pas.’ Farazdaq le poète a entendu Huchâm et lui a dit: ‘Mais je le connais bien. Il est ‘Ali ibn Hussayn (p), Zaynul ‘Abidîn.’ Il compose ensuite un joli poème pour introduire l’Imam ‘Ali ibn Hussayn (p).[287]

Abû Hâzim et Sufyân ibn ‘Ayinah et Zahrî ont dit : « Nous n'avons vu personne parmi les Banî Hâchim qui soit plus savant et plus versé dans la connaissance du droit canonique que ‘Ali Ibn Hussayn (p). »[288]
Le culte et la vigile

Après ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), ‘Ali Ibn Hussayn (p) était la personne la plus dévote de son temps, donc il a été appelé Zaynul ‘Abidîn.

L’Imam Sâdiq (p) dit à propos de ‘Ali ibn Hussayn (p) : «Quand l'heure de la Prière arrivait. son corps tremblait, son visage pâlissait, et il frissonnait comme un palmier. »[289]

L’Imam Bâqir (p) a dit: «Quand mon père commençait à accomplir la Prière, il ressemblait au tronc d'un arbre fixe. »[290]

Abû Hamza Thumâlî dit : «J'ai vu ‘Ali ibn Hussayn (p) dont le manteau est tombé de son épaule lors de la Prière, mais il n’a pas bougé pour le mettre en place jusqu'à ce que sa Prière ait été terminée. Je lui ai demandé la raison. L’Imam (p) a dit : «Sais-tu devant qui je me trouvais? La Prière d’une personne n’est acceptée que lorsque son cœur fasse attention à Dieu.»[291]

Quand l'Imam Sajjâd (p) se levait pour accomplir sa Prière, son visage pâlissait, son corps tremblait, et il se bouleversait. Quand on lui a demandé la raison , il a dit: «Je vais me tenir devant un Grand Roi. »

Quand il commençait la Prière, il renonçait à tout et c'était comme s'il n'entendait rien. »[292]

‘Abdullâh, fils de l'Imam Sajjâd (p), dit: «La nuit, les Prières de mon père étaient si longues qu’il devenait fatigué et rampait par terre jusqu'à son lit comme des enfants. »[293]

Si ‘Ali ibn Hussayn (p) n’arrivait pas à accomplir certaines Prières surérogatoires (nawâfil) pendant la journée, il les accomplissait pendant la nuit. Il disait à ses enfants : «Bien que les Prières surérogatoires ne soient pas obligatoires, j’aime que vous continuiez toute bonne action à quoi vous êtes habitués. »

L’Imam Sajjâd (p) a ajouté: « Mon père ne laissait jamais la Prière de la nuit ni chez lui ni lorsqu’il était en voyage».[294]

Le père d'Abû Hamza Thumâlî dit : «J'ai vu ‘Ali ibn Hussayn (p) qui effectuait la Prière à côté de Ka’ba. Il a fait duré sa position debout si longtemps qu’il était fatigué et ne pouvait rester sur ses pieds. Je l'ai entendu dire: ‘Ô mon Maître ! Tu me punis alors que mon cœur est plein de Ton amour ? Par Ta Gloire ! Ne me rassemble pas avec des gens qui ont longtemps été Tes ennemis. »

Zahrî cite ‘Ali ibn Hussayn (p) qui a dit : « Si tout le monde meurt à l'Est et à l'Ouest du monde, tandis que le Coran m'accompagne, je n’aurai peur de rien. » Zahrî a continué: «Et quand il arrivait au verset «Maître du Jour du Jugement », il le répétait si longtemps qu’il allait perdre la vie. »[295]

L’Imam Bâqir (p) a dit: « Fatima, la fille de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), a vu ‘Ali ibn Hussayn (p) essoufflé et fatigué à force de Prier. Alors elle est allée à Jâbir ibn ‘Abdullâh Ansârî et a dit: ‘Ô compagnon de l'Envoyé de Dieu! Si l'un d’entre nous s’épuise à force de prier et nuit à sa santé, vous devrez lui conseiller. Maintenant ‘Ali ibn Hussayn, qui est le souvenir de son père, a des callosités sur le front, les genoux et les mains. Venez parler avec lui afin qu'il ne se mette trop en difficulté pour prier. »

Jâbir est allé à l'Imam (p) et l’a vu prier dans le mihrab. ‘Ali ibn Hussayn (p) s’est levé pour saluer Jâbir, et l’a invité à s’asseoir à côté de lui-même. »

Jâbir a dit: «Ô fils de Messager de Dieu! Ne savez-vous pas que Dieu a créé le Paradis pour vous et à vos amis et l'Enfer pour vos ennemis? Pourquoi donc vous vous donnez tant de peines dans votre Prière et vos cultes? »

‘Ali ibn Hussayn (p) a répondu: « Ô compagnon de l'Envoyé de Dieu ! Ne sais tu pas que mon grand-père, l'Envoyé de Dieu (P), qui n'avait commis aucun péché, n'a pas cédé le culte avec sérieux tellement que ses saints pieds étaient gonflés? » Et il a dit en réponse à des conseillers : «Ne dois-je pas être un serviteur reconnaissant? » 

Lorsque Jâbir a vu que son conseil à ‘Ali ibn Hussayn (p) n’était pas efficace, il a dit : «Ô fils de Messager de Dieu! Surveillez votre santé, puisque vous êtes d'une famille (Gens de la Demeure prophétique) grâce à laquelle la Terre garde ses calamités et le Ciel fait descendre la pluie. »

L’Imam Sajjâd (p) a dit: «Ô Jâbir! Je ne laisse pas la tradition de mes père et grand-père jusqu'à ce que je les rencontre. »[296]

‘Ali ibn Hussayn (p) est parti pour le pèlerinage à pied et a traversé la distance entre la Médine et la Mecque en vingt jours.[297]
La bonté envers les nécessiteux

L’Imam Muhammad Bâqir (p) a dit: «Mon père a deux fois partagé tous ses biens en deux parties donnant la moitié aux pauvres. »[298]

‘Ali ibn Hussayn (p) remplissait son sac à dos avec du pain et d'autres aliments, les divisait parmi les pauvres, en disant: « L'aumône éteint le feu de la colère de Dieu. »[299]

‘Umar ibn Dînâr dit: «Zayd ibn ‘Usâmah a pleuré avant sa mort. ‘Ali ibn Hussayn (p) qui était là présent lui a demandé la raison de ses pleurs. ‘Umar a répondu: ‘J'ai une dette de quinze mille dinars et ne peux pas la payer. J'ai peur de mourir et d'être encore un débiteur.’ L’Imam Sajjâd (p) a dit : ‘Ne t’inquiètes pas. Je vais payer ta dette.’ »[300]

‘Abdullâh était à l'article de la mort. Ses créanciers l’avaient entouré et lui demandaient leur argent. Il leur a dit : « Je n'ai rien à vous payer, mais je vais demander à un de mes deux cousins, ‘Ali ibn Hussayn et ‘Abdullâh ibn Ja’far, de payer votre créance. Vous pouvez choisir qui vous voulez. » Les créanciers ont dit: «’Abdullâh ibn Ja’far est riche. ‘Ali ibn Hussayn n'est pas riche, mais il est véridique; nous préférons celui-ci. »

‘Ali ibn Hussayn (p) a compris ce qui s’était passé. Il a donc dit : «Je vais payer votre créance après la récolte des céréales. » Les créanciers y ont acquiescé, alors que l'Imam Sajjâd (p) n'avait aucune céréale à récolter. Cependant, au temps de la récolte, le Tout-Puissant Dieu lui a accordé des biens par lesquels il a payé la dette qu’il avait acceptée. »[301]

L’Imam Muhammad Bâqir (p) a dit: «Toutes les nuits, mon père tenait un sac plein de dinars, de dirhams et de la nourriture. Il frappait à la porte de la maison des pauvres et divisait les dirhams, les dinars et la nourriture entre eux, alors qu'il avait caché son visage pour rester inconnu. Après sa mort, les pauvres ont trouvé que l'homme non identifié a été ‘Ali ibn Hussayn (p). »[302]

Zahrî a dit : « Dans une nuit froide et pluvieuse, j'ai vu ‘Ali ibn Hussayn (p) qui allait avec un petit sac de farine sur son épaule. Je lui ai dit : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu! Que portez-vous sur l’épaule?’ L’Imam Sajjâd (p) a répondu: ‘Je vais voyager et je porte ma subsistance à un endroit sûr.’ J'ai dit : ‘Laissez mon serviteur vous aider!’ Mais l’Imam (p) n’a pas accepté.’ J'ai dit : ‘Laisse-moi vous aider!’ L’Imam Sajjâd (p) a répondu : ‘Je dois moi-même porter mon fardeau et le prendre à la destination. Allez-vous et laissez-moi!’»

Après quelques jours, j'ai vu l'Imam (p) qui n’était pas encore parti en voyage. Je lui ai dit : « Ô fils de l'Envoyé de Dieu! Vous n’êtes pas encore parti en voyage? » L’Imam Sajjâd (p) m'a dit : ‘Ô Zahrî! Ce voyage n'était pas comme ce que vous pensiez. C’était le voyage à l’Au-delà pour lequel je me prépare. La préparation à la mort est de deux manières : éviter les actes illicites et dépenser ses biens dans la voie de Dieu.».[303]

Lorsque l'armée de Yazîd a attaqué à la Médine, ‘Ali ibn Hussayn (p) a accepté la tutelle de quatre cents familles jusqu'à ce que l'armée de Muslim ibn ‘Aqaba ait quitté la Médine.[304]
La modestie

‘Ali ibn Hussayn (p) qui était sur son cheval a passé à côté d’un groupe de lépreux qui mangeaient leur repas de midi. Ils ont invité l'Imam Sajjâd (p) à manger avec eux. L’Imam (p) a dit: «Je suis en état de jeûne, sinon j’aurais accepté votre invitation. » Quand l'Imam (p) est arrivé chez lui, il a ordonné de préparer une bonne nourriture pour les lépreux. Puis il les a invités à sa maison et ils ont mangé ensemble.[305]
L’indulgence et la bienfaisance

L'un des compagnons de l'Imam Sajjâd (p) a rapporté que l’un des proches parents de l'Imam (p) l’a insulté et dit mal de lui en présence de certains des compagnons. L’Imam Sajjâd (p), cependant, ne lui a pas répondu. Après un certain temps, l'Imam (p) dit à ses compagnons : «Vous avez entendu les insultes de cet homme. Maintenant, je veux aller et lui répondre. Venez avec moi si vous voulez. » Les compagnons ont accompagné l’Imam Sajjâd (p) jusqu’à la maison de cet homme. J’ai entendu l’Imam (p) récitant ce verset coranique :

وَالكاظِمِينَ الغَيْظَ وَالعافِينَ عَنِ النّاسِ وَاللَّهُ يُحِبُّ الُمحْسِنِينَ

«Ceux qui dominent leur rage et pardonnent à autrui; car Allah aime les bienfaisants. »[306]

Quand nous sommes arrivés à la maison de cet homme, il est sorti et attendait une querelle, car il pensait que ‘Ali ibn Hussayn (p) venait se venger de lui pour ses audaces. Puis l’Imam Sajjâd (p) lui a dit: «Ô mon frère! Tu as dit quelques mots à propos de moi. Si ce que tu as dis est vrai, je vais me repentir, mais si c’est faux ce que tu as dis, que Dieu pardonne tes péchés. »

L'homme a regretté ce qu’il avait dit, embrassé le front de l'Imam (p) et dit: « J’ai dis des choses à propos de vous qui ne sont pas vraies et que je les mérite moi-même. »[307]

La servante de ‘Ali ibn Hussayn (p) lui versait de l'eau pour qu’il fasse les ablutions. Soudain, l’aiguière est tombée de sa main sur la tête de l'Imam (p) et a blessé son visage. L’Imam Sajjâd (p) s’est levé la tête et a regardé l'esclave. Elle a dit : « Dieu dit dans le Coran : ‘Ceux qui dominent leur rage’ » L’Imam Sajjâd (p) a dit: «J’ai retenu ma colère. » La servante a dit : «et ceux qui pardonnent à autrui. » L’Imam (p) a dit: «Que Dieu pardonne tes péchés ! » Elle a dit : « Dieu aime les bienfaisants. » L’Imam Sajjâd (p) lui a dit : « Je t’ai libérée. Tu peux aller où tu veux. »[308]

L’Imam Sajjâd (p) a eu des invités et son serviteur les apportait des kebabs.

Soudain, la brochette de fer de kebab est tombée sur la tête d'un enfant qui était assis sous l’escalier. Le serviteur était embarrassé. A ce moment, l'Imam Sajjâd (p) lui a dit: «Tu ne l’as pas fait intentionnellement et je te libère. »[309]

Un homme a insulté et outragé l’Imam Sajjâd (p) en dehors de chez lui. Les compagnons de l'Imam (p) voulaient attaquer l'insulteur, mais l’Imam (p) les en a interdits. Puis il a dit à l'homme grossier : « Ce que tu sais de moi est plus que ce que tu as dit. As-tu besoin d’une chose afin que je puisse t’aider ? » Ensuite, l'Imam (p) lui a accordé un vêtement et mille dinars. Cet homme a regretté et a eu honte de sa conduite après le comportement bienveillant de l'Imam (p). Dès lors, chaque fois que l'homme voyait l'Imam Sajjâd (p), il lui disait: « Je témoigne que tu es un descendant du Prophète (P). »[310]

‘Ali ibn Hussayn (p) allait à la maison de son cousin le soir et l’aidait en cachette. Le cousin de l'Imam (p) a dit: «Que Dieu te bénisse pour tes aides.» Alors que ‘Ali ibn Hussayn (p) ne m'aide pas; que Dieu le prive de Ses bienfaits! » L’Imam Sajjâd (p) a entendu ce qu’il a dit, le supportait sans se présenter. Après la disparition de l'Imam (p), son cousin ne recevait plus aucune aide, et il s'est rendu compte que c’était l’Imam Sajjâd (p) qui l’aidait. Ensuite, lorsqu’il allait à sa sainte tombe, il se mettait à pleurer.[311]

‘Ali ibn Hussayn (p) a vu un groupe de personnes qui le médisaient. Il s’est arrêté et a dit: «Si vous dites la vérité, que Dieu me pardonne ! Et si vous mentez, qu'Il vous pardonne. »[312]

 

 

[272] . Bihârul Anwâr, Vol 46, p. 14.

[273] . Ibid, p. 13.

[274] . Ibid, p. 4.

[275] . Ibid, Vol 46, pp. 8 & 154.

[276] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 212.

[277] . Ibid.

[278] . Ibid, p. 213. Ici, il faut clarifier une doute qui peut venir à l’esprit de certaines gens. On peut dire que dans le hadith d’Abul Jârûd, il est rapporté : « L'Imam Hussayn (p) a donné son livre et testament à sa fille, Fatima, alors que selon les deux hadiths d’Abû Bakr Hazramî et de Fudayl ibn Yasâr, nous lisons que l’Imam Hussayn (p) avait donné son livre et son testament à Ummi Salamah. Alors, que peut-on dire de cette ambiguïté ? Nous disons en réponse que peut-être les livres et les testaments ont été nombreux; donc, l'Imam Hussayn (p) avait donné certains d'entre eux à Ummi Salamah et certains d’autres à sa fille, Fatima.

[279] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 215.

[280] . Ibid, p. 216.

[281] . Ibid.

[282] . Bihârul Anwâr, Vol 46, p. 17.

[283] . Kachful Ghummah, Vol 2, p. 265.                                                                                  

[284] . Kamâlid Dîn wa Tamâmun Ni’mah, Vol. 1, p. 372.

[285] . Bihârul Anwâr, Vol 46, p. 3.

[286] . Ibid.

[287] . Kachful Ghummah, Vol. 2, p. 291.

[288] . Bihârul Anwâr, Vol 46, p. 97.

[289] . Ibid, p. 55.

[290] . Ibid, p. 64.

[291] . Ibid, p. 66.

[292] . Ibid, p. 80.

[293] . Ibid, p. 99.

[294] . Ibid,p. 98.

[295] . Ibid, p. 107.

[296] . Ibid, p. 60.

[297] . Ibid, p. 76.

[298] . Ibid, p. 90.

[299] . Ibid, p. 100.

[300] . Ibid, p. 56.

[301] . Ibid, p. 94.

[302] . Ibid, p. 62.

[303] . Ibid, p. 65.

[304] . Ibid, p. 101.

[305] . Ibid, p. 94.

[306] . La sourate 3, Al-‘Imrân (La famille de ‘Imrân), verset 134.

[307] . Bihârul Anwâr, Vol 46, p. 54.

[308] . Ibid, p. 68.

[309] . Ibid, p. 99.

[310] . Ibid.

[311] . Ibid, p. 100.

[312] . Ibid, p. 96.