Neuvième Imam infaillible : Jawad (p)

Neuvième Imam infaillible : Jawad (p)
La naissance et le martyre

Imam Mohammad Taqî (p) naquit en Médine le 15 ou le 19 (doutes sur le jour de naissance) du mois de ramadan de l’an 190 de l’hégire.

Son prénom est Mohammad, celui de son père Ali bin Moussa al-Ridha (p) et sa mère s’appelait Subaïkah ou Kheïzarân.[513]

Il était surnommé Abu Jafar et ses titres étaient Qânî, Mourtidha, Jawad et Taqî.[514]

Quand il avait sept ans et huit mois, son vénérable père fit son passage. La période de son imamat était dix-sept ans.[515]

Al-Motassam, le calife abbaside le convoqua à Bagdad en compagnie de son épouse Um Fazl. Au 28 du mois de Muharram de l’an 220 de l’hégire, il entra dans Bagdad et fit son passage au mois de Dhou al qi’da de la même année à Bagdad pour être enterré dans le cimetière Qurayshite près de la tombe de son ancêtre Moussa bin Jafar (p). Il avait à l’époque 25 ans et quelques mois.[516]
Les Preuves de son Imamat

Cheik Mofide (Dieu le Bénisse) écrit :

Ce sont ceux qui ont transmis les témoignages présentés par Imam Ridha (p) sur la succession (imamat) de son fils Abu Jafar (p) :

« Ali ibn Jafar ibn Muhammad Sadiq, Safwan bin Yahya, Muammar bin Khalad, Hussein bin Yassar, Ibn Abi Nassr Bazanti, Ibn Qiama Vasiti, Hassan bin Jaham, Abu Yahya Sanâni, Khaïrani, Yahya bin Habib Ziat… ».[517]

Ali bin Jafar bin Muhammad a dit : J’ai pris la main d’Abu Jafar Muhammad bin Ali Ridha (p) pour lui dire :

« J’atteste que tu es Imam (désigné) de Dieu. »

Imam Ridha (p) pleura et il dit : O mon oncle ! Tu n’as pas entendu cette parole du Prophète (P) transmise par mon père :

« Que mon père soit un sacrifice pour les esclaves de la famille Nobya Taïbah qui donnera naissance dans sa descendance à un Imam exilé qui se vengera du sang de son père et son ancêtre. Il sera absent pendant longtemps et il sera dit qu’il aurait été mort ou tué dans un pays inconnu. »

J’ai répondu : Vous avez raison, que ma vie soit un sacrifice pour vous ![518]

Safwan bin Yahya raconte d’avoir adressé cette parole à Imam Ridha (p) : Avant que Dieu Eminent vous accorde Abu Jafar, vous m’aviez dit :

« Dieu m’accordera bientôt un fils. », Maintenant Dieu vous a accordé un fils qui a illuminé nos yeux. Que Dieu l’empêche, mais s’il vous arrive un accident, à qui nous pourrons nous adresser ? Il répondit : A celui-ci, indiquant de sa main Abu Jafar qui tenait en face de lui. J’ai dit : « Que ma vie soit un sacrifice pour vous ! Mais c’est un garçon de trois ans ! », il dit : « Mais son bas âge ne contrarie en rien son imamat. Son Eminence Jésus (p) était un prophète et un témoin de Dieu alors qu’il avait moins de trois ans. »[519]

Muammar bin Khallad a dit : « J’ai entendu de son Eminence Ridha (p) de dire, juste après avoir énumérer les signes de l’imamat : Auriez-vous besoin de ces signes ? J’ai désigné mon fils Abu Jafar comme mon successeur et le calife après moi. »

Puis il dit : « Nous sommes une famille (Ahl al-Bayt) dont les enfants sont parfaitement comme les adultes. »[520]

Hussein bin Yassar a raconté qu’Ibn Qyamah avait écrit dans une lettre à l’adresse d’Abu al-Hassan Ridha (p) : Comment tu peux être un Imam alors que tu n’as pas un fils qui te serve de successeur ?

Son Eminence Abu al-Hassan (p) lui écrit en qualité de réponse : Comment sais-tu que je n’aurai pas un enfant ? Je jure sur Dieu ! Au bout de quelques jours, Dieu m’accordera un enfant qui distinguera la religion véritable de mensongère.[521]

Ibn Abi Nasr Bazanti raconté d’avoir été questionné un jour par Ibn Najashi : Qui sera Imam après ton Seigneur (Imam Ridha) ? Demande-le-lui et dis-moi sa réponse. Je me rendis chez Imam Ridha (p) et répété la question d’Ibn Najashi. Il répondit : l’Imam d’après moi sera mon enfant. Puis il dit : Qui ose parler de son enfant alors qu’il n’en a pas encore ? A cette époque, Abu Jafar n’était pas encore né, mais ça ne dura pas plus de quelques jours pour qu’Abu Jafar naisse.[522]

Ibn Qyama Vassiti (qui était Vaqifi) raconte d’avoir demandé à Ali bin Moussa al-Ridha (p) : Est-ce que deux personnes peuvent être Imams en même temps ?

-          Non. A moins que l’un d’entre eux ne soit silencieux.

-          Il n’y a pas un Imam silencieux pour le moment ?

-          Je jure sur Dieu ! Dieu m’accordera un enfant qui défendra la vérité et les véridiques et qui s’efforcera de détruire la religion mensongère.

Il dit ces choses alors qu’il n’avait aucun fils, mais un an plus tard naquit son enfant Abu Jafar (p).[523]

Hassan bin Jaham raconte qu’il était chez Son Eminence Abu al-Hassan (p) qui appela son petit garçon et il le fit assoir sur mes pieds pour dire : enlève sa chemise ! J’ai enlevé sa chemise et puis il dit : Regarde entre ses épaules. J’ai regardé pour voir qu’il y avait une forme d’emprunte entre ses deux épaules ; puis il dit : Vois-tu ceci ? Mon père portait aussi ce signe.[524]

Abu Yahya Sanâni a raconté :

J’étais chez Son Eminence Abu al-Hassan Ridha (p) alors qu’on emmena son petit enfant Abu Jafar. Il dit alors : C’est un enfant qui apporte une grande bénédiction pour mes chiites (mes suiveurs) et personne n’est jamais né à son semblable.[525]

Kheïrani a transmis cette narration de son père : J’étais chez Imam Ridha (p) à Khurasan. Un homme demanda : S’il vous arrive un accident, à qui devrons-nous nous adresser ? Il dit : à mon enfant, Abu Jafar. Il semble que cet homme ait remarqué qu’Abu Jafar était en bas âge, car Imam Ridha (p) a dit : Dieu le Chaste a accordé à Son Eminence Jésus (p) la mission prophétique alors que son âge était moins que celui d’Abu Jafar.[526]

Muhammad ibn abi Abbad (scripteur d’Imam Ridha (p)) a dit : Son Eminence Ridha (p) appelait toujours son enfant avec ses titres, il disait : Tel a dit Abu Jafar ou j’ai écrit à Abu Jafar. Il observait les règles de politesse et de respect pour lui alors qu’il était un enfant. Les lettres d’Abu Jafar écrites dans une éloquence et une maîtrise parfaite, arrivaient de la Médine jusqu’à la résidence de son père à Meched. J’ai entendu dire de Son Eminence : Abu Jafar est mon successeur et mon calife.[527]

Moussafer a transmis cette parole d’Imam Ridha adressée à lui à Khurasan : Va chez Abu Jafar ; il est ton Imam et ton Seigneur.[528]

Ibrahim bin abi Mahmoud a raconté qu’il était chez Imam Ridha dans la ville de Tûs quand un homme lui dit : A qui nous pourrons nous adresser s’il vous arrive un accident ?  Imam répondit :

A mon fils Muhammad. Il semble que le questionneur ait remarqué qu’Abu Jafar était en bas âge, car Imam Ridha (p) a dit : Dieu accorda à Jésus fils de Marie (p) la mission prophétique alors que son âge était moins que celui d’Abu Jafar.[529]

Ibn Bazî raconte qu’on avait demandé à Abu al-Hassan Ridha (p) : Est-ce que l’Imamat passe à un oncle ? Il dit que non. A un frère ? Il dit que non. A qui donc passe-t-il ? Il répondit : « à mon enfant » et à cette époque, il n’avait pas encore d’enfant.[530]
La vertu et la magnanimité

Tout comme nous avons signalé et réussi à prouver, l’Imam est un être humain parfait et détenteur de toutes les qualités morales comme exempt des défauts ; ceci étant parmi les preuves de l’innocence.

Après qu’à partir un raisonnement, nous avons prouvé l’Imamat d’un homme, ses qualités intrinsèques auront aussi été confirmées. Par conséquent, la science, la vertu, le service au profit de Dieu, la bonne conduite et la charité, éviter les péchés et la malignité sont parmi les besoins fondamentaux de tout imam et il n’y a aucune différence à cet égard, entre les imams. Ils sont tous parfaits et détenteurs de la perfection et l’enfance, la jeunesse ou la vieillesse n’ont aucune emprise sur ce fait. Si nous pouvons constater que de certains imams, nous avons reçu moins de savoirs sur leurs services, leurs vertus et qualités morales, ce n’est pas parce que ceux-ci ont été déficitaires dans ces domaines, mais que les conditions politiques et sociales, le temps qu’ils ont vécu et la situation à l’époque et à tel endroit avait son influence à cet égard.

Parmi ces Imams on peut citer le nom d’Imam Muhammad Taqî (p). Malgré le grand nombre d’hadiths venus de Son Eminence et contenus dans les livres d’hadiths, il n’est pas aussi proliférant que ses ancêtres.

De ce qui concerne le service, la modestie, les prières et la charité à l’encontre des démunis comme d’autres qualités morales, nous ne sommes pas accordés de savoirs égalant ceux de ses ancêtres pour rendre compte de ces qualités. Il peut y avoir deux raisons pour expliquer cette chose :

D’abord, la vie courte de Son Eminence qui était moins de 25 ans et il a malheureusement trouvé la mort en base âge. Il lui était donc impossible de publier les hadiths et les savoirs dans ce peu de temps. La deuxième raison est sa jeunesse. Son Eminence fut devenu Imam à l’âge de sept ans et quelques mois. A cet âge non-avancé, quoiqu’il soit suffisamment maître des sciences de la religion, mais vu sa jeunesse, la plupart des gens et même les chiites ignoraient sa virtuosité et ses capacités intrinsèques. Naturellement, moins nombreux furent ceux qui s’adressèrent à lui pour acquérir les savoirs et pour cette raison même, il était moins connu et remarqué par les savants jusqu’après l’âge adulte. Bien sûr, sa capacité scientifique se révéla graduellement et le nombre de ses adhérents et ses disciples augmentait chaque jour. Mais malheureusement, sa mort précoce arriva et les musulmans furent privés de son enseignement. Pourtant, il nous est resté des savoirs utiles à l’usage des chercheurs.

Cheikh Mofide a écrit : Lorsque malgré sa jeunesse, la vertu, les savoirs, la sagesse, la politesse et la perfection d’âme de Son Eminence Abu Jafar (p) furent révélés à Mamoun qui le trouva plus élevé que les autres grands de son époque, il se mit à le chérir et le vénérant désormais, envoya sa fille en Médine pour se marier avec lui.[531]

Abu al-Faradj Abdul Rahman bin Djudhi Hanafi a écrit : Muhammad bin Ali Moussa (p) suivait la tradition de son père dans la vertu, dans la poursuite de la science et dans son exemple de la générosité. Après le décès de son père Ali ibn Moussa al-Ridha (p), Mamoun l’appela de la Médine vers Bagdad et le chérissant, il lui accorda tout ce qui était à la disposition de son père et lui donna sa fille Um Fazl en mariage.[532]

Rayyân bin Shubaïb a raconté : Quand Mamoun décida que sa fille Um Fazl se marie avec Abu Jafar Muhammad bin Ali, les vieux de la tribu Bani Abbas ayant connu cette chose, l’ont pris pour une menace. Ils eurent peur que ce mariage mène à sa succession du califat, tout comme il était arrivé précédemment à Ali ibn Moussa al-Ridha (p). Un nombre des gens de sa famille se rendirent chez lui pour dire : O seigneur des croyants ! Nous te jurons d’éviter ce mariage avec le fils d’al-Ridha, car nous avons peur de perdre le califat qui nous appartient. Tu connais les désaccords entre nous et Bani Hachim comme tu sais quelle était la conduite des califes d’avant toi avec eux. Nous avons déjà connu des difficultés à cause de ta décision précédente concernant Ali ibn Moussa al-Ridha que tu avais choisi comme ton successeur et que Dieu Eminent nous a aidé à les surmonter. Nous te jurons de revenir sur ta décision pour ne pas nous mettre dans un nouvel ennui.

Mamoun répondit : Pour ce qui concerne les désaccords entre vous et la famille d’Abu Talib, c’est vous qui en avez été la cause. Si vous étiez justes, vous admettriez que les enfants d’Abu Talib étaient plus dignes que vous pour le califat.

Et pour ce qui concerne la mauvaise conduite des califes précédents avec eux et d’avoir rompu leurs relations régulières avec les gens de Bani Hachim, que Dieu atteste mon innocence à cet égard. Je jure sur Dieu de ne point repentir d’avoir choisi Ridha (p) comme mon successeur. Je lui ai d’abord proposé le califat, mais il refusa et il était destiné à mourir avant moi et j’ai choisi Abu Jafar Muhammad bin Ali car, malgré son jeune âge, c’est un prodige qui est supérieur à tout le monde dans la vertu et dans les savoirs. J’espère que chacun connaîtra sa distinction pour accepter mon opinion sur son excellence.

Ils ont dit : Bien que cet enfant ait pu te surprendre, il est tout de même un enfant dépourvu des savoirs et de la jurisprudence. Attends jusqu’à ce qu’il apprenne ces choses pour lui confier ensuite les charges.

Mamoun répondit : Gare à vous ! Je connais ce jeune mieux que vous. Il vient d’une famille (Ahl al-Bayt) à qui Dieu a inspiré les savoirs. Ses ancêtres n’ont jamais eu besoin des autres pour s’instruire. Vous pouvez l’examiner si vous voulez.

Ils ont dit : O seigneur des croyants ! C’est une bonne proposition et nous tenons à le mettre en examen. Vous pouvez choisir un rendez-vous pour qu’un scientifique l’examine en votre présence. S’il donne des réponses dignes, nous nous mettrons d’accord avec vous.

Mamoun accepta.

Ils sortirent de la réunion et décidèrent d’inviter Yahya bin Aksam (le grand juge) pour accomplir l’examen, lui disant : Prépare des questions difficiles pour poser à ibn al-Ridha en présence de Mamoun et pour le convaincre. Ils lui ont même promis des biens notables pour l’inciter à la réussite.

Le jour prévu accompagnés de Yahya bin Aksam, ils sont venus chez Mamoun. Celui-ci ordonna qu’on prépare la maison à l’accueil des visiteurs en établissant des tapis et deux coussins. Abu Jafar (p) entra et s’assit entre deux coussins. Yahya bin Aksam s’assit aussi en face de Son Eminence et les autres debout, occupèrent des places conformes à leur importance. Mamoun s’assit près d’Abu Jafar (p).

Yahya bin Aksam demanda à Mamoun : O seigneur des croyants ! Permettez-vous que je pose des questions à Abu Jafar ? Mamoun dit : Demande l’autorisation à Abu Jafar lui-même. Après avoir demandé l’autorisation à Abu Jafar, il lui dit : Quel est le devoir de celui qui a chassé au cours du pèlerinage ?

Son Eminence Abu Jafar (p) a dit : Il a tué le gibier à l’intérieur du lieu de pèlerinage ou en dehors de lui ? Le pèlerin était un savant ou un ignorant ? Il a tué savamment ou par erreur ? Il était un homme libre ou un esclave ? Il était adulte ou mineur ? C’était sa première chasse ou non ? Son gibier est un oiseau ou autre ? C’était grand ou petit ? Est-ce qu’il repent son acte ou non ? La chasse a été effectuée au jour ou pendant la nuit ? C’était un pèlerinage obligatoire ou optatif ?

Surpris par ces questions, Yahya bin Aksam fut incapable de répondre et les signes d’impuissance apparurent sur sa face, attestés par tout le monde. Mamoun dit alors : Je remercie Dieu pour cette bénédiction et cette réussite ; puis il regarda les gens de sa famille, disant : Vous avez compris que j’avais raison sur ce que je disais à propos d’Abu Jafar ?

Puis il s’adressa à Son Eminence Abu Jafar (p) : Répondez à ces questions secondaires de la jurisprudence s’il vous plaît, pour que nous en profitions.

Son Eminence répondit : S’il tue le gibier en dehors du lieu de pèlerinage et le gibier est un oiseau de grande taille, il doit payer équivalent d’un mouton en qualité d’indemnité. S’il tue à l’intérieur du lieu de pèlerinage, il doit payer deux moutons. Si le gibier est le poulet d’un oiseau et la chasse s’effectue à l’extérieur du lieu de pèlerinage, son indemnité est un agneau qui vient d’être sevré. S’il tue ce même poulet à l’intérieur du lieu de pèlerinage, son indemnité est un agneau et le prix du poulet. Si le gibier est un âne sauvage, son indemnité est un taureau. Si le gibier est une autruche, il doit offrir un chameau. Si le gibier est un daim, il faut payer un mouton. Si la chasse a été effectuée à l’intérieur du lieu de pèlerinage, son indemnité sera double et sera partagée parmi les pèlerins à côté de la Kaaba. Et si le pèlerin a apporté son animal de sacrifice, il doit l’égorger à Mina.

L’indemnité de la chasse au moment du pèlerinage est identique pour un savant et pour un ignorant. Mais s’il a été effectué consciemment, ce sera un péché en plus mais si c’est une faute de frappe, ce n’est plus un péché.

Un homme libre est chargé de payer son indemnité mais celle d’un esclave doit être acquittée par son maître.

Si le chasseur est un mineur, il n’a pas besoin de s’acquitter d’une indemnité.

Si le chasseur repent de son acte au moment de pèlerinage, il ne sera pas puni dans l’au-delà mais s’il insiste à perpétrer son acte, ne repentant point, il y aura en plus le châtiment après la mort.

A cet instant, Mamoun dit : Bravo Abu Jafar ! Que Dieu t’accorde la bonne récompense ; maintenant à toi de poser des questions à Yahya, si tu veux.

Son Eminence Abu Jafar dit à Yahya bin Aksam : Est-ce que je peux te poser une question ? L’autre répondit : Dites s’il vous plaît ; j’essaie de répondre si je n’arrive pas, je demanderai à vous de répondre.

Il dit : Quel est cet homme qui, à l’aube, il commet un péché s’il regarde une femme et après le lever du jour, il peut regarder la femme. Au début du midi, il lui est de nouveau interdit de regarder la femme et à l’après-midi, il peut regarder la femme. Après la tombée de la nuit, il lui est interdit et au moment de la prière de la nuit, il en est permis. A minuit, il est interdit de nouveau et au bon matin, il lui est permis ? Quelle est cette femme et comment ces interdictions et ces permissions peuvent être expliquées ?

Yahya bin Aksam dit : Je ne sais pas les réponses de ces questions. Dites-les vous-même pour que nous en profitions.

Son Eminence Abu Jafar (p) a dit : Ladite femme est une esclave qu’un homme étranger regarde au matin et commet un péché. Quand e jour se lève, il l’achète de son maître et il lui devient permis de la regarder. Au début du midi, il libère l’esclave et il lui devient interdit de la regarder. A l’après-midi, il se marie avec elle et il peut la regarder. A la tombée de la nuit, il exprime de vouloir la divorcer et il devient interdit de la regarder. Lors de la prière de la nuit, il paye une indemnité pour cette expression et il peut de nouveau la regarder. A minuit, il la divorce et il devient interdit de la regarder. A l’aube, il la remarie et il peut de nouveau la regarder.

Mamoun tourna alors vers les gens présents à la réunion et il dit : Qui est capable parmi vous de répondre ainsi aux problèmes de la jurisprudence ? Ils ont dit : O seigneur des croyants ! Personne parmi nous n’a une telle capacité. Puis, Mamoun poursuivit : Vous avez constaté la vertu, la perfection et la science qui sont propres aux gens d’Ahl al-Bayt et la jeunesse ne peut pas les en priver.

Après que les vertus et les perfections d’Imam Jawad (p) furent révélées à tout le monde, Mamoun lui donna sa fille Um Fazl en mariage. Après le mariage, des cadeaux ont été distribués parmi les gens présents.[533]

Dans le livre Oyoun al-Mudjazat, il est écrit : Quand Imam Ridha (p) fit son passage, Abu Jafar (p) avait presque sept ans et des controverses sur la question de la succession d’Imam défunt déchira les chiites de Bagdad et d’autres villes. Ryan bin Salat, Safwan bin Yahya, Muhammad bin Hakim, Abdul Rahman bin Hujjaj, Yunus bin Abdul Rahman et un autre groupe de chiites confiés se réunissent dans la maison d’Abdul Rahman Hujjaj pour pleurer le désastre de la mort d’Imam Ridha (p). A ce moment, Yunus bin Abdul Rahman se leva pour dire : Il vaut mieux laisser pleurer et réfléchir pour trouver à qui faut-il s’adresser jusqu’à ce qu’Abu Jafar, le fils d’Imam Ridha (p) grandisse. A ce moment, Ryan bin Salat troublé par ces mots, se leva et dit : Y(unus ! Il semble que tu ne professes qu’une foi superficielle et d’apparence mais que tu doutes dans ton cœur ?! Si l’Imamat vient de Dieu, un bébé né hier équivaut un savant, voire il vaudra mieux et s’il n’est pas de Dieu, un homme âgé de mille ans sera comme un homme ordinaire. C’est ainsi qu’il faut que nous voyions les choses.

C’était lors du pèlerinage. Quatre-vingt savants de jurisprudence de Bagdad se rassemblèrent pour s’y rendre. Ils sont allés en Médine pour visiter Abu Jafar (p). Ils sont entrés dans la maison d’Imam Sadiq (p) qui était vide.

Abdallah bin Moussa vint à leur rencontre. Un se leva alors pour dire : C’est l’enfant du Messager de Dieu. Quiconque a une question, il peut la poser. Différentes questions ont été posées. Abdallah a répondu, mais toutes les réponses étaient invraisemblables. Les savants de la jurisprudence et les chiites furent devenus inquiets et chagrinés. Ils se levèrent avec l’intention de quitter la réunion. Ils se disaient si Abu Jafar pouvait donner des réponses véridiques à ces problèmes, on n’aurait pas à entendre ces fausses réponses d’Abdallah.

Puis, la porte s’est ouverte et Muwaffaq entra pour dire : Voici Abu Jafar (p). Les gens se levèrent pour l’accueillir et le saluer. A ce moment, Abu Jafar (p) entra, portant une chemise, un turban et des sandales et se mit dans un coin de la salle. Ceux qui avaient des questions, en posèrent à lui et ils ont reçu les réponses de Son Eminence Abu Jafar (p). Toutes les réponses étaient véridiques et d’après les lois de la jurisprudence. Ils furent contents et priant pour lui, ils dirent : Ton oncle Abdallah a donné telles et telles réponses. Il dit : O mon oncle ! Ce sera dur qu’on t’arrête à la résurrection pour te dire : Pourquoi as-tu donné une pareille fatwa sans connaître la chose et bien qu’il existât un homme plus averti dans le peuple ?![534]

Malgré le temps limité, sa vie courte, le sabotage des ennemis et la négligence de certains chiites, il nous reste un grand nombre d’hadiths de Son Eminence enregistrés dans les livres d’hadiths et dont l’étude peut être utile à prouver la maîtrise de Son Eminence des savoirs de la religion.

Il a aussi élevé un grand nombre de conteurs d’hadiths et d’élèves. Les gens suivants passent pour ses compagnons les plus authentiques : Ayyub bin Nouh, Jafar bin Muhammad bin Yunus, Hussein Muslim bin Hassan, Mukhtar bin Ziad Abdi, Muhammad bin Hussein ibn abi Talib, Shazan bin Khalil Neyshabouri, Nouh bin Shuaïb Baqdadi, Muhammad bin Ahmad Mahmoudi, Abu Yahya Jurjani, Abulqassim Idris Qumi, Ali bin Muhammad bin Haroun, Ishaq bin Ismaïl Neyshabouri, Ahmad bin Ibrahim Maraqi, Abu Ali bin Bilal, Abdullah bin Muhammad Hazini, Muhammad bin Hassan Shamoun.[535]
Son service et sa morale

Imam Jawad (p) a vécu une vie courte, mais comme ses ancêtres révérends, il détenait des savoirs profonds sur les questions comme Dieu et la résurrection. Il voyait la vérité des choses et sa foi était au-delà des concepts abstraits et des démonstrations verbales. Ceci est parmi les éléments nécessaires à l’Imamat. On peut dire que Son Eminence Imam Jawad (p) était assidu comme ses ancêtres dans leur exemple de la modestie, des services, de la prière, de la conduite honnête et de la bienfaisance. Bien que pour sa jeunesse et pour d’autres raisons, le public se tourne vers lui moins que vers d’autres Imams et que peu de choses nous ait été passé lui concernant, mais il existe quand-même suffisamment de savoirs sur lui.

Cheikh Mofid a écrit : Accompagné de son épouse Um Fazl, Son Eminence Abu Jafar (p) a quitté Bagdad pour se rendre en Médine et quand ils furent à Koufa, les gens sont venus l’accueillir. A la tombée du jour et lors de la prière, il arriva à la maison de Mussayeb. Il descendit et alla à la mosquée. Il y avait dans le parvis de la mosquée, un arbre infécond. Il demanda de l’eau et fit ses ablutions au pied de l’arbre ; puis il fit la prière en compagnie du peuple. Dans le premier quart de sa prière, il récita les sourates Le Prologue et Le Secours et dans le deuxième quart, les sourates Le Prologue et Le Monothéisme Pur. Avant la deuxième inclinaison, il fit son qonut. Puis il récita le troisième quart de la prière et lit les formules de l’attestation et de la salutation. Puis, il s’assit et récita d’autres sermons. Ensuite, il se leva fit quatre quarts de la prière surérogatoire de la tombée du jour. Puis il récita la suite de la prière et fit deux prosternations de remerciement avant de sortir de la mosquée. Quand les gens s’approchèrent de l’arbre, ils constatèrent que béni par l’ablution de Son Eminence Abu Jafar, l’arbre a donné des fruits. Ils ont mangé de ces fruits qui étaient agréables et très doux et qui n’avaient de pépins.[536]

La prière suivante est parmi celles qui ont été narrées de Son Eminence :

Un homme parmi les enfants d’Hanifah et de provenance de Sistan a dit : Au début du califat d’Al-Mutassam et à l’année où Son Eminence Abu Jafar (p) allait au pèlerinage en Mecque, je lui adressé lorsqu’on mangeait : Notre gouverneur vous aime et favorise les gens d’Ahl al-Bayt. Il m’a chargé de payer une taxe qui excède mes moyens. Je vous demande de le conseiller s’il vous plaît, d’être charitable à mon égard. Son Eminence a dit qu’il ne le connaissait pas. J’ai dit : Il est parmi vos partisans et votre lettre de recommandation me sera de grande utilité.

Son Eminence demanda un papier et écrivit :

Cet homme poursuit son histoire : Dès que je suis entré dans Sistan, Hussein bin Abdallah Neyshabouri (le gouverneur de ce lieu) ayant déjà connu l’histoire de cette lettre, il est sorti de la ville pour m’accueillir et à une distance de deux lieux nous nous rencontrâmes. Je lui tendis la lettre d’Imam (p) qu’il embrassa et mit sur ses yeux. Puis il me demanda ce dont j’avais besoin. J’ai dit qu’il m’avait chargé de payer une taxe qui était hors mes moyens et il ordonna qu’on m’épargne de payer la taxe. Puis il dit : Tu seras épargné de payer les taxes jusqu’à ce que je sois au pouvoir. Ensuite, il me demanda de ma famille et j’en ai donné des nouvelles. Il ordonna qu’on me paie suivant mes besoins et ceux de ma famille voire un peu plus et tout au long du temps où cet homme était le gouverneur, je n’ai payé aucune taxe et il ne me priva jamais de ses aides.[537]

Abu Hachim a dit : Abu Jafar (p) me donna trois cents dinars dans un sachet pour me dire : Donne-les à mon cousin d’un tel nom et qui te dira qu’il aura besoin de quelqu’un pour faire ses achats. Quand j’ai rendu l’argent à son cousin, il me dit justement : Présente-moi quelqu’un qui puisse faire mes achats.[538]

Bazanti a dit qu’Abul-Hassan Ridha (p) avait écrit dans une lettre à l’adresse de son enfant Abu Jafar (p) : O Abu Jafar ! J’ai entendu que tes serviteurs te font sortir des réunions, à travers les petites portes. Ils sont jaloux, ces gens, que tu sois charitable à l’égard des autres ! Mon fils ; je te jure que ton entrée et ta sortie ne doivent pas être faites qu’à travers la grande porte. Quand tu sors de la maison, il faut absolument que tu aies une somme sur toi. Quiconque te demande le secours, donne-lui absolument quelque chose. Si les oncles et les cousins te demandent, que ton offre ne soit pas moins que cinquante dinars et il appartient à toi de donner plus. Si les tantes te demandent, qu’elle ne soit moins que vingt-cinq dinars et il est à toi d’en donner d’avantage. J’aspire à ce que Dieu t’érige en vertu. Accorde donc sans craindre la pauvreté et la misère.  [539]

 

[513] Kafi, V1, P492 et Behar al-Anwar, V50, P2.

[514] Matalib al-Suul, V2, P140 et Manaqib Al Abi Talib, V4, P410.

[515] Behar al-Anwar, V50, P12.

[516] Idem, P1.

[517] Al-Irshad, V2, P274.

[518] Idem, P275.

[519] Idem, P277 et Al-Fusul al-Muhimmah, P247.

[520] Al-Irshad, V2, P277 et Al-Fusul al-Muhimmah, P247.

[521] Al-Irshad, V2, P277.

[522] Idem.

[523] Idem.

[524] Idem, P 278.

[525] Idem, P 278.

[526] Idem, P279.

[527] Idem et Al-Fusul al-Muhimmah, P247.

[528] Behar al-Anwar, V50, P18.

[529] Idem, P34.

[530] Idem.

[531] Idem, P 35.

[532] Al-Irshad, V2, P281.

[533] Tadhkarat Al-Khawath, P359.

[534] Al-Irshad, V2, P281, Al-Fusul al-Muhimmah, P249, Behar al-Anwar, V50, P74 et Kashf Al-Qamah, V3, P143.

[535] Behar al-Anwar, V50, P99.

[536] Manaqib Al Abi Talib, V4, P412.

Les hadiths d’Imam Jawad (p) dans différents domaines du monothéisme, de l’Imamat, de l’exégèse, de la morale et les oraisons, des prières et des écoles différentes de la jurisprudence ont été compilés par un chercheur dans un livre s’appelant Musnad al-Imam al-Jawad (p), dans ce livre, le nombre des conteurs d’hadiths atteint 121.

[537] Al-Irshad, V2, P288 et Al-Fusul al-Muhimmah, P252.

[538] Kafi, V5, P111.

[539] Manaqib Al Abi Talib, V4, P422.