Sixième Imam infaillible : Ja’far Sâdiq (p)

Sixième Imam infaillible : Ja’far Sâdiq (p)
La naissance et le martyre

Selon certains récits, l’Imam Ja'far Sâdiq (p) est né le dix-septième jour du mois de Rabî’ul Awwal en l'an 83 de l’hégire à Médine. Son père était l’Imam Muhammad Bâqir (p) et sa mère était Fatima Ummi Farwah, la fille de Qâsim ibn Muhammad. Ses titres étaient Sâdiq, Fâzil, Tâhir, Qâim, Kâfil, Munjî, et Sâbir. Ses surnoms étaient Abû ‘Abdullâh , Abû Ismâ’îl, et Abû Mûsâ.

Il a vécu 65 années et a été mort en martyre le vingt-cinquième jour du mois de Chawwâl de l'an 148 de l’hégire à Médine et enterré au cimetière de Baqî’.

Il a vécu douze ans avec son grand-père, l'Imam Sajjâd (p), et dix-neuf ans avec son père, l'Imam Muhammad Bâqir (p). Son Imamat a duré 34 ans.[352]
La personnalité de l'Imam Sâdiq (p)

L’Imam Sâdiq (p) était le plus grand et le plus célèbre personnage de son temps pour ce qui est des connaissances, la jurisprudence, la filiation, le culte, l'état et le chimiquement spirituels, et les vertus éthiques. Certains savants ont attesté cette vérité.

Mâlik ibn Anas, un juriste à Médine, a dit à propos de l'Imam Sâdiq (p) : « Chaque fois j’allais à Ja’far ibn Muhammad Sâdiq (p), il me respectait et m'apportait un coussin (pour me reposer), et me disait: ‘Ô Mâlik! Je t’aime.’ J'étais heureux de sa conduite et remerciait Dieu. Il était dans l'un des trois états : jeûne, Prière, ou invocation de Dieu. Il était l'un des plus grands adorateurs, pieux et humbles. Il a raconté de nombreux hadiths et tenait des réunions utiles. Chaque fois qu'il rapportait un hadith de l'Envoyé de Dieu (P), son visage changeait de couleur d'une manière qu'il ne pouvait guère être identifié. »

Une fois j’étais à son service quand il était parti pour le pèlerinage. Quand il a voulu prononcer la talbîyah[353] pour la sacralisation (ihrâm), sa voix se coupait dans sa gorge, ne pouvant la prononcer. Il était sur le point de tomber du haut de son cheval. Je lui ai dit : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu! Vous devez inévitablement prononcer la talbîyah.’ Il m'a dit: ‘Ô Ibn ‘Amir! Comment puis-je oser dire: « Me voici, ô Dieu, me voici ! », alors que je crains que le Dieu Tout-Puissant me dise : « Non à toi, tu n’es pas digne d’être assisté!»[354]

Mâlik ibn Anas a dit: «Par Dieu ! Je n’ai vu personne qui soit plus pieux, plus savant et plus dévot que Ja’far ibn Muhammad (p). »[355]

‘Amr ibn Abil Maqdâm a dit: «Quand je regardait Ja'far ibn Muhammad (p), j’avais l’impression qu'il était de la progéniture des prophètes (p) ».[356]

Zayd ibn ‘Ali a dit: «A chaque époque, il y a un homme parmi les Gens de la Demeure prophétique (p) qui est l’argument (Hujjat) de Dieu Tout-Puissant pour le peuple. L’argument (le Hujjat) de notre temps est Ja’far ibn Muhammad, fils de mon frère. Celui qui le suit ne sera pas s'égaré et celui qui lui désobéit ne sera pas guidé. »[357]

Ismâ’îl ibn ‘Ali ibn ‘Abdullâh ibn ‘Abbâs a dit: «Un jour, je suis allé voir Abû Ja’far Mansûr. Il pleurait de manière que sa barbe était humide. Il m'a dit : ‘Tu ne sais pas ce qui s'est passé aux Gens de la Demeure.’ J'ai demandé : ‘Ô Emir des Croyants! Qu'est-ce qui est arrivé ?’ Il a répondu: ‘Le maître du monde, le dernier des bienfaisants vient de décéder. » J'ai demandé : ‘Qui est-il?’ Il a dit : ‘Abû Ja’far Muhammad.’ J’ai dit : ‘Puisse Dieu vous récompense et vous donne une longue vie.’ ' Il a dit : ‘Ja’far ibn  Muhammad était l'une des personnes à propos desquelles Dieu le Très-Haut a dit dans le Coran:

ثُمَّ أَوْرَثْنَا الكِتابَ الَّذِينَ اصْطَفَيْنا مِنْ عِبادِنا

« Ensuite, nous fîmes héritiers du Livre ceux qui de nos serviteurs que nous avons choisis. »[358]

Ja’far ibn Muhammad était un homme que Dieu a choisi, l'un des pionniers de la bienfaisance. »[359]

Ibn Habân a considéré Ja’far ibn Muhammad l'un des narrateurs de hadiths dignes de confiance, en disant: « Il était l'un des seigneurs des Gens de la Demeure en termes de jurisprudence et de connaissance. Ses hadiths sont utilisés pour l’argumentation ».[360]

Chahristânî écrit à propos de l'Imam Sâdiq (p) : « Il était riche en sciences religieuses et en bonnes manières, avec une piété et sagesse parfaites. Il état pieux. Il évitait les passions. Il était à Médine pendant un certain temps, ses amis et Chiites pouvaient  alors bénéficier de ses connaissances. Puis il est à l'Irak et y est resté pendant un certain temps. »[361]

Ahmad ibn Hajar Heythamî a écrit : «Ja’far Sâdiq était le meilleur fils de Muhammad Bâqir; par conséquent, il est devenu le successeur de son père et le calife après lui. Les gens ont rapporté de nombreux hadiths de lui qui ont été répartis dans toutes les régions. Les grands leaders religieux, comme Yahyâ ibn Sa’îd, Ibn Jurayh, Mâlik, Dusufyânî, Abû  Hunayfah, Chu’ba, Ayyûb Sajistânî, ont rapporté de ses hadiths. »[362]

Ibn Sabbâgh Mâlikî a écrit : « Ja’far Sâdiq, parmi ses frères, était le calife et successeur de son père après lui. Il était supérieur à tout le monde en termes de connaissances, d'intelligence et de grandeur. Les gens ont rapporté de lui de nombreux hadiths scientifiques qui sont distribués partout dans le monde. Les hadiths qui ont été rapportés de lui n’ont été rapportés d’aucun membre de sa famille. »[363]

Muhammad ibn Talha Châfi’î écrit: «Ja’far ibn Muhammad Sâdiq a été l'un des seigneurs des Gens de la Demeure. Il était très savant, adorait Dieu constamment et grandement. Il était très pieux et récitait beaucoup le saint Coran. Il réfléchissait sur les significations des versets du Coran, et il en découvrait des résultats étonnants. Il passait son temps dans les différents types de cultes, et faisait un examen de conscience à cet égard. Quand vous le voyiez,  vous vous rappeliez  l'Au-delà. L'écoute de ses discours vous invitait à la piété. Suivre son exemple vous amenait au Paradis. Son visage illuminé et ses actes purifiés témoignaient qu'il était de la descendance de l'Envoyé de Dieu (P).

Un groupe de leaders religieux, comme Yahyâ ibn Sa’îd Ansârî, Ibn Jurayh, Mâlik ibn  Anas, Thûrî, Ibn ‘Uyaynah, Shu’bah, et Ayyûb Sajistânî, considéraient comme un honneur et éloge de rapporter ses hadiths.[364]

Chaykh Mufîd a écrit à propos de l’Imam Sâdiq (p) : « Sâdiq Ja’far ibn Muhammad ibn  ‘Ali ibn Hussayn (p) a été choisi parmi ses frères et désigné comme le calife et successeur de son père. Il était supérieur à ses frères en termes de connaissances. Il était le plus célèbre et le plus honorable d'entre eux pour la masse populaire et les élites. Ses sciences et connaissances ont été répandues dans toutes les régions. Le nombre des hadiths rapportés de lui est plus grand que celui d’autres Gens de la Demeure prophétique. Les experts de hadiths ont compté quatre mille narrateurs authentiques ayant racontés ses hadiths.[365]
Les textes qui prouvent son Imamat

Comme mentionné précédemment, il y a diverses raisons pour prouver l'Imamat des douze Imams infaillibles (p), qui suffisent pour prouver l'Imamat de chacun d’entre eux. Ce sont les raisons générales. En outre, il y a des raisons spécifiques pour prouver l'Imamat de chacun des Imams (p), à savoir les textes et hadiths d’un Imam ayant affirmé l’Imamat de l'Imam suivant. Les raisons générales ne sont pas répétées ici et nous nous contentons de celles spécifiques.

Abû Nazrah a dit: «L’Imam Bâqir (p) a appelé son fils Ja’far Sâdiq (p), avant sa mort pour lui confier le pacte de l’Imamat. Son frère, Zeyd ibn ‘Ali  a dit: ‘Il serait bon si vous aviez fait comme Hassan (p) et Hussayn (p).’ L’Imam Bâqir (p) a répondu: ‘Ô Abal Hassan ! Les dépôts ne peuvent pas être comparés par un exemple. L'Imamat est un ancien pacte qui nous parvient des arguments (hujjats) de Dieu. »[366]

Abû Sabâh Kanânî a dit: «L’Imam Abû Ja’far (p) a regardé son fils Abû ‘‘Abdullâh et m'a dit : ‘Tu le vois? Il est l'une des personnes à propos de qui le Dieu Tout-Puissant a dit:

وَنُرِيدُ أَنْ نَمُنَّ عَلَى‌ الَّذِينَ اسْتُضْعِفُوا فِى‌ الأَرْضِ وَنَجْعَلَهُمْ أَئِمَّةً وَنَجْعَلَهُمُ الوارِثِينَ

«Mais Nous voulions favoriser ceux qui avaient été faibles sur terre et en faire des dirigeants et en faire les héritiers. »[367]

Jâbir ibn Yazîd Ju’fî a dit: «On a demandé à l’Imam Abû Ja’far Muhammad Bâqir (p) à propos de l'Imam après lui. Il a tapoté l’épaule d'Abî ‘Abdullâh et dit: ‘Par Dieu ! Ce fils sera le successeur de Muhammad (P) après moi.’ »

‘Ali ibn Hakam cite Tâhir, l'ami d’Abû Ja’far, qui a dit : «J'étais avec l'Imam Bâqir (p) lorsque son fils, Ja’far, est arrivé. L’Imam (p) m'a dit : ‘C'est le meilleur homme sur la terre. »[368]

Abdul A’lâ a rapporté de l’Imam Sâdiq (p) qui a dit: « Mon père m'a dit avant sa mort : ‘Invite des gens comme témoins!’ J'ai appelé quatre Quraychites, dont l'un était Nâfi’ ( le maître de ‘Abdullâh ‘Umar). Alors mon père m'a dit: ‘Écris: C'est l'héritage de Jacob (p) légué à ses fils :

يَا بَنِيَّ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَى لَكُمُ الدِّينَ فَلا تَمُوتُنَّ إِلا وَأَنْتُمْ مُسْلِمُونَ

« Ô Mes fils, certes Allah vous a choisi la religion: ne mourrez point, donc, autrement qu'en Soumis›! (à Allah). »[369]

Muhammad ibn ‘Ali demande dans son testament à son fils, Ja'far, à l’ensevelir dans un linceul de ‘Burd’ qu’il portait le vendredi pour accomplir ses Prières, mettre son turban sur sa tête, faire sa tombe sous la forme d'un carré, quatre doigts au dessus la terre, et enlever ses vieux vêtements. Puis il a dit aux témoins : « Allez maintenant! Que Dieu vous bénisse! » J'ai demandé à mon père : «Pourquoi avons-nous appelé les témoins? » Mon père a répondu: « Ô mon fils ! Je craignais que les gens puissent te surmonter et dire que ton père ne t’a fait aucun testament. Je voulais te laisser une raison et un argument».[370]

Jâbir Ibn Yazîd Ju’f6 a rapporté que l'Imam Baqir (p) a été interrogé sur le Qâ’îm (ou Imam) après lui. L’Imam (p) a mis sa main sur l'épaule d’Abî ‘Abdullâh et dit: « Par Dieu ! C'est le Qâ’îm de la Famille de Muhammad (P). »

‘Anbasah ibn Mus’ab a dit: «Après le décès de l'Imam Abû Ja’far (p), je suis allé à son fils Abî ‘Abdullâh, et lui ai transmis le hadith de Jâbir. Il a dit : ‘Jâbir est vrai; chaque Imam est le Qâ’îm (Imam) après l'Imam qui le précède.»[371]

Muhammad ibn Muslim a dit: «J'étais avec l'Imam Muhammad Bâqir (p) lorsque son fils, Ja'far, est arrivé avec un bâton à la main avec quoi il jouait. L’Imam Bâqir (p) l’a embrassé et serré contre sa poitrine. Puis il dit: ‘Que mes père et mère soient sacrifiés pour toi ! Arrête-toi de jouer.’ Ensuite, il m’a dit : ‘Il sera ton Imam après moi. Suis-le et bénéficie de ses connaissances. Par Dieu ! Il est la même personne que l'Envoyé de Dieu (P) a prénommée Sâdiq. Le Tout-Puissant Dieu aidera tous ses Chiites dans ce monde et dans l’Autre. Ses ennemis sont maudits par tous les prophètes (p).’ Ensuite, Ja’far (p) a ri et son visage a rougit. L’Imam Bâqir (p) m'a dit : ‘Demande à mon fils ce que tu veux.’  Je lui ai demandé : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! D’où vient le rire?’ Ja’far Sâdiq (p) a répondu : ‘La sagesse émerge du cœur, la tristesse du foie, le souffle des poumons, et le rire de la rate.’  Alors je me suis levé et ai embrassé sa tête ».[372]

Hammâm ibn Nâfi’ a dit : « Une fois, l’Imam Abû Ja’far (p) a dit à ses compagnons: ‘Dans mon absence, suivez cet homme. Il sera l'Imam et le calife après moi.’ Et il a  montré Abî ‘Abdullâh, l'Imam Sâdiq (p).’ »[373]

Huchâm ibn Sâlim cite l'Imam Sâdiq (p) qui a dit : «Mon père m'a dit avant sa mort : ‘Ô Ja’far! Je te recommande à propos de mes compagnons.’ Je lui ai dit: ‘Ô père! Par Dieu ! Je vais les former de manière qu'ils ne n’auront besoin de personne dans l'acquisition de connaissances et de moyens de subsistance ».[374]

Sûrat ibn Kalîb a dit: «Un jour, Zeyd ibn ‘Ali m'a dit : ‘Comment avez-vous compris que votre maître (Ja’far) est l'Imam ?’ J’ai répondu : ‘Parce que quand nous allions à l'Imam Muhammad Bâqir (p) et lui posions une question, il disait tout d’abord: ‘L'Envoyé de Dieu (P) a dit, et le Tout-Puissant Dieu a dit dans Son Livre...’, puis il répondait à notre question. Lorsque ton frère, Muhammad Bâqir, est décédé, nous sommes venus à vous, Gens de la Demeure prophétique, pour l'acquisition de connaissances. Vous répondiez à certaines questions, mais ne répondiez à certaines d’autres. Après cela, nous sommes allés à Ja’far, le fils de votre frère, qui répondait à toutes nos questions, tout comme son père : ‘L'Envoyé de Dieu (P) a dit, et Dieu dans Son livre …. ;’

Ensuite, Zeyd ibn ‘Ali a souri et dit: ‘Par Dieu ! C'est parce que Ja’far a les livres de ‘Ali ibn Abî Tâlib’».[375]

‘Amru ibn Abil Miqdâm a dit: «J'ai vu l'Imam Sâdiq (p) le jour de ‘Arafat à la Station de pèlerins. Il a dit d'une voix forte: ‘Ô gens ! L'Envoyé de Dieu (P) a été l'Imam. Après lui, ‘Ali ibn Abî Tâlib, puis Hassan et Hussayn Ibn ‘Ali. Après Hussayn, ‘Ali ibn Hussayn et Muhammad ibn ‘Ali étaient les Imams, et après eux, « etc. ».’ Il a répété ce discours trois fois pour les gens en face, ceux à droite, ceux à gauche, et ceux derrière lui. Quand je suis allé à Minâ, j'ai demandé l'exégèse du mot «etc.» aux hommes de lettre arabes. Ils ont dit que cela signifie «Moi, donc, demandez-moi. » J'ai demandé à d'autres personnes et chacun d'eux a interprété ce mot de la même manière. »[376]

‘Abdul Ghaffâr ibn Qâsim a dit: «J'ai dit à l'Imam Bâqir (p) :  ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! S’il vous arrive quelque chose, à qui nous devrions parler après vous?’ L’Imam Bâqir (p) a répondu: ‘Reportez-vous à Ja’far. Il est mon meilleur fils, le père des Imams, et digne de confiance dans la parole et l'action. »[377]

Chaykh Mufîd, en faisant valoir les raisons de l'Imamat de l'Imam Sâdiq (p), a écrit : « Logiquement, il est prouvé que l'Imam doit être le plus savant des gens. L’Imam Ja’far Sâdiq (p) était tellement : ses connaissances, sa piété, et ses actes étaient meilleurs qu’à ceux de ses frères, cousins, et d’autres gens de son temps. »[378]
La science

L'une des principales fonctions des Imams infaillibles (p) a été la propagation de sciences et connaissances, de vertus morales et la jurisprudence islamiques originales qu'ils avaient acquises du Messager de Dieu (P).

Tous les Imams infaillibles (p) étaient pleinement préparés à assumer cette grande responsabilité. Malheureusement, ils sont souvent confrontés à des limitations de la part des dirigeants oppresseurs. Ceux-ci, en plus de l’usurpation du califat, ne permettaient même pas la distribution des sciences et connaissances religieuses que les gens avaient vraiment besoin. Les adeptes de Imams infaillibles (p) n’osaient pas se référer à eux pour acquérir des connaissances et ils étaient obligés de dissimuler leurs convictions et pensées religieuses, surtout sous les califes omeyyades, où un milieu de terreur et de strangulation était imposé à la communauté musulmane, et où la propagande contre ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) et sa progéniture était vive. Cependant, à l'époque des Imams Bâqir (p) et Sâdiq (p), quelques changements ont eu lieu dans l'atmosphère de la société. L'atmosphère d’étouffement et de terreur a été éliminée dans une certaine mesure. Les gens ont découvert les oppressions qui ont eu lieu contre les Gens de la Demeure prophétique (p) et éprouvé la nécessité de sciences religieuses originales qui ont été déposées auprès des Imams infaillibles (p).

Le gouvernement omayyade allait progressivement s'affaiblir, d’où ils devaient réduire les limitations. Il en était ainsi au début du gouvernement abbasside, parce que leur gouvernement n'avait pas été renforcé et ils devaient donner plus de liberté aux Gens de la Demeure prophétique (p).

Pour les raisons mentionnées ainsi que d'autres raisons, l’Imam Bâqir (p) et Imam Sâdiq  (p) ont profité de cette situation transitoire pour faire connaître les sciences, les connaissances, et la jurisprudence originales de la Prophétie. L’Imam Sâdiq (p) a formé de nombreux disciples, en les enseignant des milliers de hadiths dans les divers domaines dont les instances sont présents dans des livres de hadith. La plupart ces hadiths, si vous consultez ces livres, ont été racontés par ces deux honorables Imams (p).

Nous lisons dans le livre intitulé ‘Manâqib’: «Les questions scientifiques citées de l'Imam Sâdiq (p) ne sont rapportées de personne d'autre. Certains narrateurs de hadiths ont enregistré les noms des narrateurs de hadiths de l'Imam Sâdiq (p) qui sont presque au nombre de quatre mille. »[379]

Abû Na’îm écrit dans son livre ‘Hillyatul Awlîyâ’ : « De grands érudits et savants religieux, comme Mâlik ibn Anas, Chu’bat ibn al-Hajjâj, Sufyân Thûrî, Ibn Jurayh, ‘Abdullâh ibn ‘Amru, Rûh ibn Qâsim, Sufyân ‘Uyaynah, Suleymân ibn Balâl, Ismâ’îl ibn   Ja’far, Hâtam ibn Isma’îl, ‘Abdul ‘Azîz ibn Mukhtâr, Wahâb ibn Khâlid, et Ibrâim ibn Tahhân ont raconté des hadiths de Ja’far ibn Muhammad (p). »

Muslim a raconté les hadiths de l'Imam Sâdiq (p) dans son livre de ‘Sahîh’, et a déduit des arguments basés sur ces derniers.[380]

D'autres auteurs ont dit que Mâlik, Châfi’î, Hassan Sâlih, Abû Ayyûb Sajistânî, ‘Amr ibn Dînâr, et Ahmad ibn Hanbal ont également raconté les hadiths de Ja’far ibn Muhammad.

Mâlik ibn Anas a dit: «Personne n'est jamais entendu être supérieur à Ja’far Sâdiq (p) en ce qui concerne la science, le savoir, le culte de Dieu et la piété. »[381]

L’Imam Sâdiq (p) a dit :« Je sais tout ce qui est dans les cieux et la terre, dans le Paradis et l'Enfer, et dans le passé et l'avenir, en me servant du Coran. » Puis il a ouvert sa main au ciel et dit: «Ainsi a dit le Seigneur dans le Coran:

تِبْياناً لِكُلِّ شَى‌‏ءٍ

« (… et nous avons fait descendre sur Toi le Livre) comme un exposé explicite de toute chose. »[382]

Sâlih ibn Aswad a dit : «J'ai entendu Ja’far ibn Muhammad (p) qui a dit : ‘Demandez-moi ce que vous voulez avant que je m’absente, parce qu’après moi, personne ne pourra vous raconter de hadiths comme moi. »[383]

Ismâ’îl ibn Jâbir cite l'Imam Sâdiq (p) qui a dit : « Dieu Très-Haut a envoyé Muhammad (P) comme Son Messager et celui-ci sera le Sceau des Prophètes. Il lui a révélé un Livre et il n’y aura aucun Livre (sacré) après celui-ci. Dans ce Livre (le Coran), Dieu a présenté certains actes comme licites (halâl) et certains d’autres comme illicites (harâm). Les actes licites et illicites les resteront jusqu’à la Résurrection. Le passé, le présent, et l’avenir, tout est rapporté dans ce Livre céleste. » Puis l’Imam Sâdiq (p) a indiqué sa poitrine et dit: « Et nous, nous le savons tous. »[384]

L’Imam Sâdiq (p) a dit: « Nos sciences sont de quatre types : celles acquises auparavant, celles écrites, celles inspirées à nos cœurs , et celles chuchotées à nos oreilles. Les livres de Jafr Ahmar, Jafr Abyad, Mus’haf (livre) de Fatima, et Jâmi’ah sont avec nous. Tout ce dont on a besoin y est enregistré. »[385]

Ibn Abil Hadîd écrit: «Les compagnons d'Abû Hunayfah, comme Abû Yûsuf, Muhammad, etc…. ont appris la jurisprudence d'Abû Hunayfah. Châfi’î a été le disciple de Muhammad ibn Hassan, qui, lui aussi, avait appris la jurisprudence d'Abû Hunayfah. Ahmad ibn Hanbal a appris la jurisprudence de Châfi’î, et sa jurisprudence est donc celle qui est enseignée par Abû Hunayfah. Celui-ci a appris la jurisprudence de Ja’far ibn  Muhammad (p). »[386]

Mas’ûdî a écrit : « Abû ‘Abdullâh Ja’far ibn Muhammad (p) tenait des séances pour la masse de la population et les élites. Les gens d’autres régions participaient à ses séances et lui posaient des questions sur le licite, l’illicite, l'exégèse et l’interprétation du Coran, ainsi que les décisions d’ordre juridique. Personne ne quittait les séance de Ja’far ibn  Muhammad (p), sauf qu'il était content de la réponse qu'il avait reçue. »[387]
Le culte et le service de Dieu

L’Imam Sâdiq (p), comme son père et grand-père, était la meilleure personne de son temps en termes de dévotion et soumission à Dieu, l'invocation de Dieu, les supplications et les prières.

Il est rapporté, par exemple, que l'Imam Sâdiq (p) a récité le Coran dans sa Prière au point qu’il s’est évanouit. Quand il s’est réveillé, on lui a demandé la raison de cet évanouissement. L’Imam Sâdiq (p) a dit : « J'ai répété quelques versets coraniques tellement que c'était comme si je les entendais de Gabriel ou du Dieu Tout-Puissant ».[388]

Abân ibn Taghlab a dit : «Je suis allé à l'Imam Sâdiq (p) alors qu'il accomplissait ses Prières. J'ai compté ses invocations quand il était en état de « rukû’» et de « sujûd »; il a glorifié Dieu soixante fois. »[389]

Hamzah ibn Hamrân et Hassan ibn Zîyâd ont dit: « Nous sommes allés à l'Imam Sâdiq  (p) alors qu’il accomplissait la Prière de l'après-midi avec un groupe de personnes. Il a répété la phrase ‘Subhâna Rabbîyal ‘Azîmi wa bihamdih’ (Gloire à mon Seigneur le Très-Haut, louange à Lui» 33 ou 34 fois dans ses « rukû’» et « sujûd ».[390]

Yahyâ ibn ‘Alâ a dit : « L’Imam Sâdiq (p) était très malade et au lit ​la vingt-troisième nuit de Ramadân. Il a ordonné à l'emmener à la mosquée de l'Envoyé de Dieu (P) où il s’est mit à prier jusqu'à l'aube. »[391]

Ibn Taghlab a dit: « Lors d'un voyage de Médine à la Mecque, j'étais avec l'Imam Sâdiq  (p). Quand il a atteint au sanctuaire, il est descendu de son cheval, a effectué la grande ablution (ghusl) et enlevé ses chaussures ; puis il est entré au sanctuaire à pieds nus ».[392]

Hafad ibn Bakhtarî cite l'Imam Sâdiq (p) qui a dit : « Lorsque j’était jeune, j'étais très sérieux dans le culte que je rendais à Dieu. Mon père, l’Imam Bâqir (p) m’a dit: « Ô mon fils ! Ne te donne pas tant de peines dans le culte, parce que quand un serviteur plaît à Dieu le Très-Haut, Il acceptera aussi ses actes les plus petits. »[393]

Mu’âwîyat ibn Wahab a dit: «J’étais avec l’Imam Sâdiq (p) quand il allait vers le bazar de Médine sur son âne. Quand nous sommes arrivés près du bazar, l'Imam (p) est descendu de l'âne et a effectué une longue prosternation qui a duré longtemps. Quand il s’est levé de sa prosternation, je lui ai demandé : ‘Pourquoi êtes-vous descendu et vous êtes-vous prosterné?’ L’Imam Sâdiq (p) a répondu: ‘Je me suis souvenu de l'une des bénédictions de Dieu, c’est pourquoi je me suis prosterné devant Lui pour Le remercier.’ J'ai demandé : ‘Vous l’avez fait près du bazar où tout le monde va et vient !’ L’Imam (p) a dit: « Personne ne m'a vu ! »[394]

Mâlik ibn Anas a dit: «Je rendais visite à Ja’far ibn Muhammad (p) pendant un certain temps. Je l'ai toujours vu dans l'un de ces trois états : accomplissant la Prière, observant le jeûne, ou récitant le noble Coran. Lorsque il racontait un hadith, il avait toujours ses ablutions. »[395]

Mâlik ibn Anas a également dit: « Lors d'un pèlerinage du hadj, j'étais avec l'Imam Sâdiq  (p). Il a arrêté son cheval à Miqât pour devenir Muhrim. Toutefois, il ne pouvait pas prononcer le Labbayk (cri d’obéissance à Dieu), et sa voix ne sortait pas de sa gorge. Il a failli tomber de son cheval. J'ai dit à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Pourquoi ne dites-vous pas le Labbayk?’ L’Imam (p) a répondu: ‘Comment puis-je le faire, alors que Dieu le Très-Haut peut répondre : ‘Non à toi, tu n’es pas digne d’être assisté! »[396]
A la recherche de la subsistance licite

Bien que l'Imam Sâdiq (p) avait de nombreuses missions scientifiques, passant la plupart de son temps à a la propagation de sciences et enseignements religieux et aussi la formation des disciples, il cherchait aussi la subsistance licite pour gagner sa vie dans son temps libre.

‘Abdul A’lâ a dit: «J'ai vu l'Imam Sâdiq (p) sur une route menant à Médine quand il faisait chaud. Je lui ai dit : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Que je sois sacrifié pour vous! Vous vous donnez de la peine dans une journée si chaude alors que vous avez une position haute auprès de Dieu et une parenté proche avec l'Envoyé de Dieu (P)?’ L’Imam (p) a dit: ‘Ô ‘Abdul A’lâ ! Je suis sorti de chez moi pour chercher la subsistance licite et ne pas dépendre des gens comme toi. »[397]

Isma'îl ibn Jâbir a dit : «J'ai vu l'Imam Sâdiq (p) dans sa ferme, qui portait un vêtement de canevas et irriguait la ferme avec une pelle. »[398]

Abû ‘Umar Cheybânî a dit : «J'ai vu l'Imam Sâdiq (p) dans sa ferme, portant un vêtement grossier et travaillant avec une pelle, alors qu'il était en sueur. Je lui ai dit : ‘Laissez-moi vous aider!’ Il a dit: ‘J'aime travailler quand il fait très chaud pour gagner une subsistance licite. »[399]

Chu’ayb a dit: «J'ai embauché des travailleurs à travailler dans la ferme de l'Imam Sâdiq  (p). Ils allaient travailler jusqu'à l’après-midi. Quand ils ont fini, l'Imam Sâdiq (p) a dit: ‘Donnez leur rémunération avant que leur sueur ne sèche».[400]

Muhammad ibn ‘Azâfer cite son père qui a dit : « L’Imam Sâdiq (p) a donné à mon père mille sept cents dinars. Ensuite, l'Imam (p) lui a dit: ‘Fais du commerce pour moi avec cet argent.’ ‘Bien que réaliser une bénéfice soit agréable, mais ce n'est pas mon but. Mon but est que le Dieu Tout-Puissant me voie alors que je me bénéficie de Ses bénédictions, a-t-il ajouté.’ Mon père a dit: ‘J’ai fait du commerce avec cet argent et réalisé une bénéfice de cents dinars. Je l’ai dit à l'Imam (p). Celui-ci a dit:  ‘Ajoute cette somme d’argent à ton capital !’ Après un certain temps, mon père est mort. L’Imam Sâdiq (p) m'a écrit: ‘Que Dieu t’accorde une bonne santé! Ton père a mille huit cents dinars que je lui avais donnés pour faire du commerce pour moi. Donne cet argent à ‘Umar ibn Yazîd!’ J'ai cherché dans les lettres de mon père et j'ai trouvé une qui disait : ‘Abû Mûsâ a mille huit cents dinars chez moi, et ‘Abdullâh ibn Sanân et ‘Umar ibn Yazîd en sont informés. »[401]
La bienfaisance et la charité

Comme son père et grand-père, l'Imam Sâdiq (p) n'avait pas eu beaucoup de biens, toutefois, il aidait les pauvres et les endettés autant qu'il le pouvait. Nous citons quelques exemples ci-après. 

Huchâm ibn Salîm a dit : « L'Imam Sâdiq (p) avait l’habitude de porter, la nuit, un sac à dos plein de pain, de viande, et d'argent qu’il partageait parmi les démunis de la Médine. Les pauvres ne savaient l’identité de leur bienfaiteur, l’Imam Sâdiq (p), qu’après sa mort. »[402]

Mu’alla ibn Khanîs a dit : «J'ai vu l'Imam Sâdiq (p), par une nuit pluvieuse, qui allait vers le préau (thaqîfah) de Banî Sâ'idah. Je le suivais de loin. Soudain, son sac est tombé de son épaule. L’Imam (p) a dit: ‘Au nom de Dieu; Ô mon Dieu ! Retourne-le-moi!’ Je me suis approché de l’Imam Sâdiq (p) et l'ai salué. L’Imam (p) m'a accueilli et m'a dit : ‘Ô Mu’alla! Essaie de me retourner ce qui est tombé par terres!’ J'ai cherché sur le sol dans l'obscurité. J'ai trouvé quelques miches de pain et un sac. Alors j'ai dit à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Permettez-moi de le porter pour vous!’L’Imam (p) a répondu : ‘Je suis plus mérité de le porter, mais toi, viens avec moi !’ Nous avons continué le chemin et nous sommes arrivés au préau de Banî Sâ’idah où un groupe des pauvres avait dormi. A côté de chacun d'eux l’Imam (p) a mis une ou deux miches de pain. De retour, j'ai demandé à Imam Sâdiq (p) : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Ont-ils reconnu la vérité?’ L’Imam Sâdiq (p) a répondu: ‘S'ils avaient reconnu la vérité, j'aurai tout divisé à parts égales entre eux, même le sel. »[403]

Harûn ibn ‘Isâ: «L’Imam Sâdiq (p) a dit à son fils Muhammad : ‘Combien d'argent reste-t-il?’ Muhammad a répondu: ‘Quarante dinars.’ L’Imam (p) a dit: ‘Partage-le parmi les pauvres.’ Muhammad dit à son père: ‘Alors nous n'aurons rien pour nous-mêmes !’ L’Imam Sâdiq (p) a dit: ‘Donne cet argent en aumône, et Dieu te rendra le pareil. Ne sais tu pas que l’aumône est la clé de la subsistance ?’ Muhammad a obéit à l'ordre de son père et il a donné l'argent en aumône. Bientôt quatre mille dinars ont été envoyés à l’Imam Sâdiq (p) d’un certain endroit. Ensuite, l'Imam (p) a dit: ‘Ô mon fils ! Nous avons donné quarante dinars dans le chemin de Dieu, et Il (Dieu) nous a donné à sa place quatre mille dinars».[404]

Hiyâj ibn Bastâm a dit: «Parfois, l'Imam Sâdiq (p) donnait aux pauvres tout ce qu'il avait de biens, de façon que rien ne restait pour sa propre famille. »[405]

Mufaddal ibn Qeys a dit : «Je suis allé à l'Imam Sâdiq (p) pour lui parler de mes problèmes, et lui ai demandé de prier pour moi. L’Imam Sâdiq (p) a dit à sa servante: ‘Apporte le sac qu’Abû Ja’far nous a envoyé!’ Elle a apporté le sac. L’Imam (p) m'a dit:  ‘Il y a quatre cents dinars dans ce sac. Dépense-les pour résoudre tes problèmes!’ J'ai dit : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Je ne voulais pas vous demander de l’argent. Je voulais seulement que vous priiez pour moi.’ L’Imam Sâdiq (p) a dit : ‘Bien sûr que je vais prier pour toi. Mais ne parle pas avec les gens de tous tes problèmes, car tu serais humilié devant eux. »[406]

Un pauvre homme a demandé à l'Imam Sâdiq (p) de l’aider. L’Imam (p) a dit à son serviteur: ‘Combien d'argent reste-t-il?’ Il a répondu : ‘Quatre cents dirhams.’ L’Imam Sâdiq (p) lui a dit: ‘Donne l'argent à ce pauvre homme!’ Le serviteur l’a fait. Le pauvre homme a pris l'argent, l’a remercié et est parti. L’Imam Sâdiq (p) a dit à son serviteur: ‘Vas chercher le pauvre homme et emmène-le ici!’ Le serviteur lui a demandé: ‘Vous venez de l’aider, pourquoi dois-je le faire revenir?’ L’Imam (p) a dit : ‘L'Envoyé de Dieu (P)  a dit que la meilleure charité est lorsqu’une personne dans le besoin puisse satisfaire à son besoin, mais il était encore nécessiteux.’ Puis l’Imam Sâdiq (p) a donné son anneau au pauvre homme et lui a dit: ‘Cette bague coûte dix mille dirhams. Chaque fois que tu as besoin de l'argent, vends-le et dépense son argent dans la vie. »[407]

‘Umar ibn Yazîd a dit: « Un homme a exprimé son problème et demandé l'aide à  l'Imam Sâdiq (p). L’Imam (p) lui a dit: ‘Je n'ai rien à te donner maintenant. Attends que je reçoive des marchandises; je vais les vendre et te donner de l'argent, si Dieu le veut !’ Cet homme a dit à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Promets-moi!’ L’Imam (p) a dit: ‘Comment puis-je promettre quelque chose qui n'est pas certain? »[408]

Walîd ibn Sabîh a dit: «Un homme est allé à l'Imam Sâdiq (p) et a dit: ‘Mu’alli ibn  Khanîs me doit une somme d'argent, et il a violé mon droit.’ L’Imam Sâdiq (p) a dit : ‘Son assassin a violé ton droit. Si Mu’alli était vivant aujourd'hui, il aurait payé ton argent.’ Puis l’Imam (p) m'a dit : ‘Paie la dette de Mu’alli! Je veux que son âme repose en paix, bien qu’il soit déjà en paix. »[409]

Abû Hanîfah, le chamelier des hadjis, a dit : « Moi et mon beau-frère nous disputions sur l'héritage, au même instant, Mufaddal est passé à côté de nous. Il s'est arrêté et a dit: ‘Venez chez moi! » Chez lui, nous avons compromis sur quatre cents dirhams et lui-même nous a payé cet argent, en disant: ‘Ce n'est pas mon argent, mais celui de l'Imam Sâdiq (p). Il m'a ordonné de faire la paix, à l’aide de ses biens, entre ses compagnons quand ils ont des différends monétaires. »[410]

Fazl ibn Abî Qurrah a dit: «L’Imam Sâdiq (p) a donné quelques sacs de dinars à une personne et lui a dit : ‘Prends-les chez mes proches parents et dis-leur que l'argent leur est parvenu de l'Iraq.’ Cette personne a fait comme l’Imam Sâdiq (p) lui avait ordonné en divisant l’argent parmi les proches parents de l’Imam (p). Quand ils prenaient l’argent, ils lui disait : ‘ Que Dieu te récompense! Puisse Dieu juger entre nous et Ja’far qui ne nous fait aucune attention!’ Lorsque l’envoyé de l’Imam (p) est revenu, il a raconté à l’Imam (p) ce qu’ils disaient de lui. L’Imam Sâdiq (p) a dit alors: ‘Ô Seigneur! Rends-moi modeste devant les fils de mon père! »[411]

Le narrateur dit: «J'ai dit à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P) ! J'ai entendu que vous faites quelque chose de spécial sur les produits du jardin de « ‘Ayn Zîyâd? »’ L’Imam Sâdiq (p) a répondu: ‘Oui. J'ai commandé de faire une fente dans le mur du jardin lorsque les fruits mûrissent, pour que tout le monde puisse entrer et manger des fruits. Aussi, j’ai commandé à préparer dix grands bols de fruits chaque jour, chacun pour dix personnes. Ensuite, les gens viendrons dix par dix, manger et partir. Et puis chacun aura un peu (soixante-quinze grammes) de dates. De plus, nous enverrons la même quantité de dates pour tous les voisins du jardin qui ne peuvent pas venir, y compris les personnes âgées, les enfants, les femmes ou les malades. Après avoir payé la rémunération des travailleurs, des estimateurs de prix, des avocats et d'autres, j’irai à la Médine pour partager le reste l’argent parmi les pauvres et les familles démunies deux ou trois fois qu'ils en ont besoin. Enfin, quatre cents dinars resteront pour moi-même, alors que tout le jardin coûte quatre mille dinars ».[412]
L’équité et l’altruisme

Abû Ja’far Nazârî a dit: «L’Imam Sâdiq (p) a donné mille dinars à son serviteur, Musâdif, et lui dit: ‘Fais du commerce avec cet argent et vas à l' Egypte, parce que ma famille a grandi.’ Musâdif a acheté des marchandises avec cet argent et voyagé en Egypte avec les commerçants. Quand ils sont arrivés près d'une ville en Egypte, un groupe de gens les a accueillis en dehors de la ville. Les commerçants ont demandé à propos des marchandises dont le peuple avait besoin. Ils ont dit que celles-ci étaient rares dans la ville. Ainsi, les commerçants ont promis de vendre leurs produits deux fois le prix qu'ils avaient acheté. Ils l'ont fait et sont retournés à Médine avec le profit qu'ils avaient gagné. Musâdif est venu à l'Imam Sâdiq (p) avec deux sacs d'argent, contenant chacun mille dinars. Il a dit à   l'Imam (p) : ‘Un sac est le capital et l'autre est le profit.’ L’Imam (p) a dit: ‘C'est un bon profit. Comment l’avez-vous gagné?’ Musâdif a raconté l'histoire à l'Imam Sâdiq (p). Celui-ci à dit: ‘Ô mon Dieu! Comment avez-vous fait une telle promesse?!’ Puis il a pris l’un des sacs et dit: ‘Ceci est mon capital initial et je n'ai pas besoin d'un profit gagné de cette manière. Ô Musâdif! Se battre avec une épée est plus facile que de gagner la subsistance licite. »[413]

Mu’tab a dit : «L’Imam Sâdiq (P) m'a dit : ‘Le prix de marchandises a élevé à Médine. Quelle quantité de nourriture avons-nous?’ J’ai dit : ‘Seulement pour quelques mois.’ L’Imam (p) m'a dit : ‘Prends-la au bazar et vends-la!’ J’ai dis : ‘Mais les marchandises nécessaires à  Médine sont rares.’ L’Imam Sâdiq (p) m'a dit : ‘Vends-les et achète notre nourriture jour après jour comme les autres.’ Puis il a ajouté: ‘La nourriture de ma famille est de blé et d'orge. Dieu sait que je peux la procurer avec du blé pur, mais j'aime que Dieu Tout-Puissant voie que je suis modéré dans ma vie de famille ».[414]
Recommander la joie

L’Imam Sâdiq (p), non seulement il faisait du bien et essayait de résoudre les problèmes des gens qui avaient besoin d’aide, il recommandait aussi les autres à en faire autant.

Un homme a dit l'imam Sâdiq (p) : ‘La cour de Najjâchî qui règne sur Ahvaz et Fars m'a imposé une taxe que je ne peut pas payer. Najjâchî est un de vos adeptes;  recommandez-lui à être plus juste avec moi, si bon vous semble.’  L’Imam Sâdiq (p) a écrit dans une lettre : ‘Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Rends ton frère heureux, pour que Dieu te rende heureux!’ Alors l'homme a pris la lettre et est retourné à  sa ville. Puis il est allé voir Najjâchî pour lui donner la lettre. Il lui a dit: ‘L’Imam Sâdiq (p) vous a envoyé cette lettre.’ Najjâchî a pris la lettre, l’a mise sur son œil et dit: ‘Quelle est ta demande?’ L'homme a répondu: ‘Je ne peux pas payer la taxe qui est imposée sur moi.’ Najjâchî a demandé: ‘Combien est-ce?’ ‘Dix mille dirhams.’, a répondu l'homme. Najjâchî a appelé son secrétaire et lui a dit: ‘Paye la dette de cet homme de mes biens personnels!’ Il a aussi ordonné de ne pas lui prendre la taxe de l'année prochaine. Puis Najjâchî lui a dit : ‘Est-ce que tu es heureux?; ‘Oui, que je sois sacrifié pour vous’, a répondu l'homme. Donc Najjâchî a ordonné de lui donner un cheval, un serviteur, une servante, et des vêtements, lui posant chaque fois la même question. Et l’homme répétait chaque fois la même réponse. Puis Najjâchî a dit: ‘Donnez –lui ce tapis sur lequel j'ai reçu la lettre de mon maître, l'Imam Sâdiq (p). Et il lui a dit enfin: ‘Viens à moi chaque fois que tu as besoin de quelque chose!’

L'homme a pris les biens et est parti. Il est allé à l'Imam Sâdiq (p) après un certain temps et lui a parlé de la lettre et de ce que Najjâchî avait fait. L’Imam Sâdiq (p) est devenu très heureux. Cet homme a demandé à l'Imam (p) :  ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Comme si la conduite de Najjâchî vous a plu?’ L’Imam (p) a répondu: ‘Par Dieu oui! Dieu et Son Messager (P) sont devenus très heureux. »[415]

Muhammad ibn Bachar devait mille dinars à Chahâb, mais il ne pouvait pas payer sa dette. Muhammad est allé voir l'Imam Sâdiq (p) pour demander à Chahâb de prendre son argent après le pèlerinage. L’Imam Sâdiq (p) a appelé Chahâb et lui a dit: ‘Tu es au courant de l’état (financier) de Muhammad et sa relation avec nous. Il dit qu’il te doit mille dinars. Il n'a pas dépensé cet argent pour la nourriture ou les convoitises et les choses vaines, alors que d’autres gens lui doivent de l’argent. J'aime que tu lui accordes cet argent et le décharges.’ L’Imam lui a dit ensuite : ‘Tu peut-être penses que Dieu t’accordera les bonnes actions (hassanât) de Muhammad en échange de l'argent que tu lui a accordé.’ Chahâb a dit : ‘Je pense que oui.’ L’Imam Sâdiq (p) a dit: ‘Dieu le Très-Haut est plus juste que tu ne l’imagines. Il ne prend pas la récompense de bonnes œuvres de Ses serviteurs pour l’accorder à d’autres ; telles que les cultes rendus par Ses serviteurs dans les nuits froides, ou le jeûne qu’ils ont observé dans les chaudes journées, et le tawâf qu’ils ont accompli autour de Sa maison. Dieu n’est pas ainsi! La miséricorde de Dieu est grande et Il bénit Son serviteur fidèle.’ Chahâb a dit: ‘Ô fils de l'Envoyé de Dieu (P)! Je le décharge. »[416]
La patience dans les calamités

Qutaybah a dit :  « Je suis allé à l'Imam Sâdiq (p) pour visiter son enfant malade. J’ai trouvé l’Imam (p) très triste. J'ai demandé au sujet de son enfant malade. L’Imam (p) a dit: ‘Par Dieu ! Il est dans le même état.’ Après un certain temps, l'Imam (p) est entré et revenu tout de suite. Son visage était illuminé et il n’était plus triste. J'ai pensé que son enfant allait mieux et je lui demandé sur l’état de santé de son enfant. L’Imam (p) a dit: ‘Il est mort.’ J'ai dit à l'Imam Sâdiq (p) : ‘Quand votre enfant était en vie, vous étiez triste. Comment vous ne l’êtes plus maintenant que votre enfant est mort ?!’ L’Imam (p) a répondu: ‘Nous, (les Gens de la Demeure), nous sommes comme ça. Nous sommes tristes avant l’arrivée d’une calamité, mais après son arrivée, nous nous satisfaisons et nous nous soumettons à la volonté de Dieu. »[417]

Sufyân Thûrî est allé voir l'Imam Sâdiq (p) et l’a trouvé embarrassé. Il a demandé à l'Imam (p) la raison et celui-ci a dit : « J’avais interdit ma famille d'aller sur le toit. Quand je suis revenu, j'ai vu l’une des servantes qui grimpait l'échelle avec un de mes enfants sur son épaule. Quand elle m'a vu, elle a tremblé de peur et, tout de suite, mon enfant est tombé par terre et il est mort. Maintenant, je ne suis pas triste de la mort de mon enfant, mais je le suis parce que la servante a pris peur en me voyant et cet accident est arrivé. » Alors l'Imam Sâdiq (p) a dit à la servante : ‘Je te rends libre dans le chemin de Dieu. Tu ne me dois rien.’ Et il a répété cette phrase deux fois de suite. »[418]

‘Alâ ibn Kâmil a dit : « J'étais avec l'Imam Sâdiq (p). Soudain, on a entendu des pleurs venant de chez lui. L’Imam Sâdiq  (p) a dit :

إِنّا لِلَّهِ وَ إِنّا إِلَيْهِ راجِعُونَ

« Certes nous sommes à Allah, et C'est à Lui que nous retournerons. »[419]

Puis il s'est assit et s’est mit à parler. Quand il a fini, il a dit : ‘Nous sommes intéressés dans notre santé et celle de nos enfants et aussi de nos biens, mais il n’est pas digne de ne pas nous intéresser à la volonté de Dieu quand elle est déterminée. »[420]

 

[352] . Bihârul Anwâr, Vol 47, pp. 1-11.

[353] . Acte d’obéissance (formule caractéristique que les pèlerin répète fréquemment au cours des rites du pèlerinage à la Mecque : « Me voici, ô Dieu, me voici à Tes ordres, Toi qui n’as point d’associé, me voici, vraiment la louange et la grâce sont à Toi, et à Toi es le règne ; me voici à Tes ordres. » [Traducteur]

[354] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 16.

[355] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 20; Manâqib ‘Ali Abî Tâlib, Vol 4, p. 297; et Hillîyatul Awlîyâ, Vol 3, p. 193.

[356] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 29; Tahzîbut Tahzîb, Vol 2, p. 104; et Manâqib ‘Ali Abî Tâlib, Vol 4, p. 270.

[357] . Manâqib ‘Ali Abî Tâlib, Vol 4, p. 299.

[358] Sourate 35, al-Fâtir (Le Créateur), verset 32.

[359] . Târîkh Ya’qûbî, Vol 2, p. 383.

[360] . Tahzîbut Tahzîb, Vol 2, p. 104.

[361] . Al-Milal wan Nihal, Vol 1, p. 166.

[362] . Al-Sawâ’iq al-Muharraqah, p. 201.

[363] . Al-Fusûlul Muhimmah, p. 204.

[364] . Matâlibul Su’ûl, Vol 2, p. 110.

[365] . Al-Irchâd, Vol 2, p. 179.

[366] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 12.

[367] . Sourate 24, Al Qasas (Le récit), verset 5 ; Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 13.

[368] . Ibid.

[369] . Sourate 2, Al Baqarah (La vache), verset 132.

[370] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 14; Al-Fusûlul Muhimmah, p. 204; Al-Irchâd, Vol 2, p. 181.

[371] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 15; Al-Irchâd, Vol 2, p. 180.

[372] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 15.

[373] . Ibid.

[374] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 12; Al-Irchâd, Vol 2, p. 180.

[375] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 36; Manâqib ‘Ali Abî Tâlib, Vol 4, p. 272.

[376] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 58.

[377] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 328.

[378] . Al-Irchâd, Vol 2, p. 182.

[379] . Manâqib ‘Âli Abî Tâlib, Vol 4, p. 268.

[380] . Ibid.

[381] . Ibid.

[382] . Ibid, p. 270 ; Sourate 16, An-Nahl (Les abeilles), verset 89.

[383] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 33.

[384] . Ibid, p. 35.

[385] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 26.

[386] . Charhi Nahjul Balâghah, Vol 1, p. 18.

[387] . Ithbâtul Wasîyyah, p. 156.

[388] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 58.

[389] . Ibid, Vol 47, p. 50.

[390] . Ibid.

[391] . Ibid, p. 53.

[392] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 54.

[393] . Ibid, p. 55.

[394] . Ibid, p. 21.

[395] . Tahzîbut Tahzîb Vol. 2, p. 104; Manâqib ‘Âli Abî Tâlib (p), Vol 4, p. 297.

[396] . Manâqib ‘Âli Abî Tâlib (p), p. 297.

[397] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 55.

[398] . Ibid, p. 56.

[399] . Ibid, p. 57.

[400] . Ibid.

[401] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 56.

[402] . Ibid, p. 38.

[403] . Ibid, p. 20.

[404] . Ibid, p.38.

[405] . Ibid, p. 23; Tazkiratul Khawâs, p. 342.

[406] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 34.

[407] . Ibid, p. 61.

[408] . Ibid, p. 58.

[409] . Ibid, p. 337.

[410] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 57; Manâqib ‘Âli Abî Tâlib (p), Vol 4, p. 295.

[411] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 60.

[412] . Ibid, p. 51.

[413] . Ibid, p. 59.

[414] . Ibid.

[415] . Ibid, p. 370.

[416] . Ibid, p. 364.

[417] . Ibid, p. 49.

[418] . Ibid, p. 24; Manâqib ‘Âli Abî Tâlib (p),  Vol 4, p. 296.

[419] . Sourate 2, Al-Baqarah (La vache), verset 156.

[420] . Bihârul Anwâr, Vol 47, p. 49.