Deuxième Imam infaillible : Hassan Mujtabâ (p)

Deuxième Imam infaillible : Hassan Mujtabâ (p)
La naissance et le martyre

L’Imam Hassan Mujtabâ (p) est né à Médine la première moitié du mois de Ramadân en l’an 3 de l’hégire. Ses père et mère étaient respectivement ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) et Fatima (s), la fille du Prophète Muhammad (P).

Son surnom était Abû Muhammad, et ses titres honorifiques les plus connus étaient Taghî, Tayyib, Zakî, Sayyid, Sibt, et Valî.

Lors de sa naissance, l'Envoyé de Dieu (P) a dit à Asmâ’ bint ‘Amîs et Ummi Salamah :

« Lorsque le fils de Fatima est né, chantez l’appel à la Prière (adhân) dans son oreille droite et l’introït (iqâmah) dans son oreille gauche. Restez-là jusqu’à ce que je vienne ! »

Lorsque le Prophète (P) est arrivé, il a coupé le cordon ombilical du nouveau-né et versé de sa salive dans sa bouche. Puis il a dit :

« Ô mon Dieu ! Je prends refuges auprès de Toi contre le Satan le Lapidé. »

Il a dit ensuite : « Appelez-le Hassan. » Il a ordonné de sacrifier un mouton[223] et d’offrir sa viande aux pauvres.

Non seulement le Prophète (P), ‘Ali (p) et la Dame Fatima (s), cette heureuse naissance a aussi contenté toute la famille du Prophète (P).

L’Imam Hassan (p) habitait chez son grand-père, l'Envoyé de Dieu (P), pendant sept ans et quelques mois.

Après son père, il est devenu Imam alors qu’il avait 37 ans. La durée de son califat (après la mort en martyre de l’Emir des Croyants (p) jusqu’à l’accord de paix avec Mu’âwîyah) était de six mois et trois jours.

En l’an 41 de l’hégire, il a du signer un accord de paix avec Mu’âwîyah. Puis, il est rentré de Koufa à Médine où il a passé dix ans. Il est mort en martyre le 28 du mois de Safar de l’an 50 de l’hégire, et son saint corps a été enterré au cimetière de Baqî’ à Médine.

Il est écrit au sujet de son décès que Mu’âwîyah a envoyé mille dirhams à Ja’dah (épouse de l’Imam (p)) pour qu’elle empoisonne celui-ci. Mu’âwîyah lui a promis de l’épouser à son fils Yazîd. Et elle a accepté cette proposition.[224]
Les textes qui prouvent son Imamat 

Il y a de nombreux hadiths dans lesquels le noble Messager de l’Islam (P) a stipulé l'Imamat de Hassan (p) et Hussayn (p). ‘Ali ibn Abî Tâlib (p), aussi, a choisi son fils Hassan (p) comme Imam et successeur après lui-même, avant sa mort en martyre.
Le plus noble Prophète (P) a dit à propos de Hassan (p) et Hussayn (p) : « Mes deux fils (neveux) seront Imams, qu'ils se lèvent pour occuper la position de l’Imamat qu’ils gardent le silence. »[225]

L’Imam Sâdiq (p) a déclaré: «Le Prophète Muhammad (P) n’a fait son testament que pour l’Imam Ali (p) tout seul, mais celui-ci a fait son testament à Hassan (p) et Hussayn (p) tous ensemble. Par conséquent, Hassan (p) était aussi l’Imam de Hussayn (p). »[226]

Salîm ibn Qays dit: «J'ai été témoin du testament de ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) à son fils Hassan (p). L’Imam ‘Ali (p) a pris comme témoins Hussayn (p), le Prophète Muhammad (p), toute sa famille, et les chefs des Chiites. Puis il a donné à l'Imam Hassan (p) ses livres et son arme et lui a dit:« Ô mon fils! l'Envoyé de Dieu (P) m'a ordonné de te nommer mon successeur et te donner mes livres et mon arme, tout comme il m'a désigné comme son successeur et m'a donné ses livres et son arme. »[227]

Chahr ibn Huwchab dit: «Quand ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) voulait partir à Koufa, il a confié ses livres et son testament à Ummi Salamah. Quand l’Imam Hassan (p) était de retour à Médine, Ummi Salamah les lui a donnés. »[228]

Muhammad ibn ‘Ali ibn Hanafîyah a dit à Hussayn (p): «Je sais que le Prophète Muhammad (P) a nommé ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) dans son testament comme son successeur et calife, après lui l’Imam Hassan (p) et l’Imam Hussayn (p ). »[229]

Târiq ibn Chahâb dit : « L’Emir des Croyant (p) a dit à Hassan (p) et Hussayn (p) : «Vous  serez les Imams après moi et les maîtres de la jeunesse au Paradis. Vous êtes infaillibles. Que Dieu vous garde! Qu’Il maudisse vos ennemis! »[230]

Fazl ibn Hassan Tabarsî a écrit dans son livre «A’lâmul Wurâ » : « Les Chiites ont souvent rapporté que l'Imam ‘Ali (p) avait souligné l'Imamat de son fils, Hassan (p), parmi un groupe de Chiites, le présentant expressément comme son successeur de lui-même. »[231]

Le lendemain matin de la nuit où l’Emir des Croyants (p) a été mort en martyre, l'Imam Hassan (p) a fait un sermon. Puis ‘Abdullâh ibn Abbâs s’est levé et a dit: «Ô peuple! C'est le fils de votre prophète (P), votre successeur et Imam. Prêtez-lui serment d'allégeance. » Les gens se sont précipités pour lui prêter serment d’allégeance. »[232]

Abû ‘Abdullâh Jadalî dit: «J'étais présent lorsque l’Emir des Croyants (p) a fait son testament à son fils Hassan (p). » Puis il a cité le testament de l'Imam ‘Ali (p).[233]

Lorsque l’Emir des Croyants (p) a été frappé par l'épée d'Ibn Muljam et les gens s'étaient rassemblés autour de son lit, il leur a dit: «Sortez, parce que je veux faire mon testament. » Donc tout le monde est sorti sauf une partie des Chiites. Ensuite, l'Imam ‘Ali (p) a fait l'éloge de Dieu et dit: «Je choisis Hassan et Hussayn comme mes successeurs. Obéissez-leur, parce que le Prophète (P) insistait sur leur Imamat. »[234]

Asbagh ibn Nabâtah dit: « Quand l’Emir des Croyants (p) a été frappé par Ibn Muljam, il a appelé Hassan et Hussayn et leur a dit : ‘Je meurs ce soir. Ecoutez-moi! Ô Hassan! Tu es mon successeur et Imam après moi. Ô Hussayn! Toi aussi tu seras mon successeur. Obéis à Hassan et ne dis rien jusqu'à ce qu'il soit en vie. Tu sera le porte-parole de la vérité et instaurateur du gouvernement après ton frère ».[235]
L’adoration et le service de Dieu

Il est rapporté de Kamâleddîn Talha qui a dit : « L’adoration de Dieu est de trois sortes : physique, financière, et une combinaison des deux. L’adoration physique comprend la Prière, le jeûne, la récitation du Coran, et de diverses invocations (dhikr). L’adoration financière comprend l'aumône, les dons de charité, et d'autres formes de bienfaisances. L’adoration physico–financière comprend le pèlerinage, le lutte dans Sa voie (djihâd), et le petit pèlerinage (‘Umrah). »

L’adoration de Dieu par l’Imam Hassan (p) était arrivée à son plus haut degré dans toutes les trois formes. Ses Prières, ses invocations … sont bien connues.

En ce qui concerne l’aumône, il est rapporté dans le livre intitulé « Hillîyatul Awlîyâ » que l'Imam Hassan (p) a deux fois accordé toute sa richesse durant sa vie dans la voie de Dieu. Il a également divisé ses biens parmi les pauvres trois fois et donné la moitié de sa richesse aux pauvres, y compris ses propres chaussures.

En ce qui concerne l’adoration physique et financière, l'auteur de Hillîyatul Awlîyâ  cite  l'Imam Hassan (p) qui a dit : «J'ai honte de Dieu Tout-Puissant que je monte en un cheval quand je suis en voyage pour le pèlerinage, et de ne pas marcher vers la Maison de Dieu. » Par conséquent, il a vingt fois voyagé à pied de Médine à la Mecque, alors qu'il avait un quadrupède à monter. »[236]

Il est écrit quelque part: «Hassan ibn ‘Ali (p) est le plus similaire à l’Envoyé de Dieu (P)  en ce qui concerne l'éthique, la conduite et la noblesse ».[237]

L’Imam Sâdiq (p) cite son père de l'Imam Sajjâd (p) qui a dit : « Hassan ibn ‘Ali (p) a été le meilleur, et le plus pieux des gens de son temps. En voyage pour le pèlerinage, il voyageait tantôt à pied tantôt pieds nus. Il pleurait quand il se souvenait de la mort. Il versait des larmes quand il se souvenait de la tombe, la Résurrection, l'Au-delà, ou le passage par le Pont de Sirât. Quand il se rappelait la déclaration de ses actes ici-bas auprès de Dieu Tout-Puissant, il pleurait et s’évanouissait. Quand il se levait accomplir la Prière, son corps tremblait de peur de Dieu. Quand il se souvenait de L’Enfer et du Paradis, il se tordait comme une personne mordue par un serpent. Il demandait le Paradis de Dieu et se réfugiait auprès de Lui contre l'Enfer ».[238]

En récitant le Coran, quand il arrivait au verset «Ô les croyants ! », il disait :

« Me voici à Tes ordres ! »

Il invoquait Dieu tout le temps. Il était le plus véridique et le plus éloquent des gens.[239]

L’Imam Redhâ (p) a rapporté de son père et grand-père que l'Imam Hassan (p) pleurait lors de son décès. On lui a demandé: «Ô fils de Messager de Dieu! Pleurez-vous ainsi alors que vous aviez une position éminente auprès de l'Envoyé de Dieu (P), vous qui êtes vingt fois partis pour le pèlerinage de la Ka’ba à pied, et vous qui avez divisé votre richesse entre les pauvres trois fois! » L’Imam Hassan (p) a dit : « Je pleure à cause de deux choses : la peur que j’ai de la Résurrection et celle que j’éprouve de la séparation d’avec mes amis. »[240]

Quand l’Imam Hassan (p) arrivait à la porte d’une mosquée, il se levait la tête et disait : «Mon Dieu, Ton invité est à Ta porte. Ô Miséricordieux ! Le pécheur est venu à Toi; Pardonne mes péchés par Ta bonté. Ô Généreux ! »[241]

Quand il terminait sa Prière du matin, il ne parlait à personne jusqu'à l'aube. »[242]
La générosité et la bienfaisance

L’Imam Sâdiq (p) a dit: «Un homme est venu à ‘Uthmân ibn ‘Affân qui était assis dans une mosquée, et lui a demandé une chose. ‘Uthmân lui a donné cinq dirhams. Cet homme a dit: ‘Présente-moi à des gens qui peuvent m'aider plus.’ ‘Uthmân lui a indiqué un coin de la mosquée où étaient assis Hassan (p), Hussayn (p), et ‘Abdullâh ibn Ja’far. L'homme y est allé, a dit bonjour et demandé de l'aide. »

L’Imam Hassan (p) dit : «Il est illicite (harâm) de demander une chose à autrui, sauf en l’un de ces trois cas : le prix du sang de la personne assassinée, une dette qui est arrivée à échéance, et une pauvreté extrême. Quelle est ta demande maintenant? » L’homme a répondu: «Ma demande est l’un de ces trois cas. » L’Imam Hassan (p) lui a donné cinquante dirhams, l’Imam Hussayn (p) lui a donné quarante-neuf dirhams, et ‘Abdullâh ibn Ja’far lui a donné quarante-huit dirhams. »

Voyant cette générosité et bienfaisance, ‘Uthmân a dit: «Qui peut être aussi généreux que ces jeunes? Ils ont appris la connaissance et reçu la sagesse et la générosité de leur père».[243]

Sa’îd ibn ‘Abdul ‘Azîz dit: «Hassan ibn ‘Ali (p) a vu un homme qui priait et demandait dix mille dirhams du Dieu Tout-Puissant. Donc, il est rentré chez lui et a envoyé à cet homme dix mille dirhams. »[244]

Un homme est venu à l'Imam Hassan (p) et a dit: « Par Dieu Qui vous a accordé tant de bénédictions sans médiateur, je vous demande de me sauver de cet ennemi oppresseur qui ne respecte pas les vieux ni n’a pitié des enfants! » L’Imam Hassan (p), qui s'était adossé, s’est redressé et lui a demandé: « Qui est ton ennemi? » Cet homme a répondu : « La pauvreté. »

L’Imam Hassan (p) a dit à son serviteur : «Apporte-moi tout l'argent que nous avons à la maison! » Le serviteur a apporté cinq mille dirhams. L’Imam Hassan (p) a dit: «Donne-lui tout cet argent! » Puis il a ajouté: «Par Dieu ! Chaque fois que cet ennemi t’attaque, viens à moi pour t’aider! »[245]

Ibn ‘Aicha a raconté qu'un homme de Shâm (de Syrie) a vu l'Imam Hassan (p) qui allait à cheval. Il a commencé à insulter et à jurer, mais l’Imam Hassan (p) n'a pas parlé jusqu'à ce que l' homme ait cessé de jurer. L’Imam (p) l’a salué et lui a dit : « Ô Chaykh! Je pense que tu es un étranger et que tu as fait une erreur à propos de moi. Si tu veux mon pardon, je te pardonnerai. Si tu me demandes une chose, je vais te la donner. Si tu souhaites être guidé, je vais te guider. Si tu n’as pas d’animal à monter, je vais t’en donner un. Si tu as faim, je te donne à manger. Si tu n’as pas de vêtements, je vais te donner à porter. Si tu es pauvre, je satisferai à tes besoins. Si tu es expatrié, je vais te mettre à l'abri. Si tu apportes tes bagages chez moi, je serai très heureux de t’accueillir; ma maison est grande et équipée. »

Lorsque cet homme a entendu ce que l’Imam Hassan (p) lui a dit, il s’est mit à pleurer et a dit: «Je témoigne que tu es le calife de Dieu sur la terre. Dieu sait mieux où (et comment) mener à bien Sa mission. Toi et ton père étiez auparavant les personnes les plus détestées de moi. Mais maintenant, tu es l’homme le plus aimé de tous pour moi. »

Ensuite, il a pris ses bagages chez l'Imam Hassan (p), y est resté comme son invité et est devenu l'un des compagnons de l’Imam (p). »[246]

 

 


[223] . Cette pratique s’appelle ‘Aqîqah, un sacrifice qu’on fait le septième jour de la naissance d’un enfant pour donner sa viande en offrande. [Traducteur]

[224] . A’lâmul Wurâ, Vol 1, p. 402-403; Manâqib Âli Abî Tâlib, Vol 4, p. 33; Kachful Ghummah, Vol 2, p. 140-144.

[225] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 134.

[226] . Ibid, p. 126.

[227] . Ibid, p.126.

[228] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 122.

[229] . Ibid, p.123.

[230] . Ibid, p. 133.

[231] . Tadhkiratul Khawâs, Vol. 5, p. 133.

[232] . Ithbâtul Hudât, Vol. 5, p. 134.

[233] . Ibid, p. 137.

[234] . Ibid, p. 138.

[235] . Ithbâtul Hudât, Vol 5, p. 140.

[236] . Kachful Ghummah, Vol 2, p. 181.

[237] . Ibid, p. 142.

[238] . Bihârul Anwâr, Vol 43, p. 331.

[239] . Ibid.                  

[240] . Ibid, p. 332.

[241] . Ibid, p. 339.

[242] . Ibid.

[243] . Bihârul Anwâr, Vol 43, p. 332.

[244] . Ibid, p. 341.

[245] . Ibid, p. 350.

[246] . Bihârul Anwâr, Vol 43, p. 344.